Je vous hais - Lettre ouverte aux partis politiques

Cet article est une version hargneuse d'un message qui pourrait être beaucoup plus posé et constructif. Vous trouverez cette autre version dans cet article. Et n'hésitez pas à donner votre avis sur ces deux versions différentes sur cette page.

Masked protester holding Molotov Cocktails seen during clashes in Ukraine, Kyiv. Events of February 18, 2014. -- CC-BY-SA-3.0 by Mstyslav Chernov, via Wikimedia Commons (http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Masked_protester_holding_Molotov_Cocktails_seen_during_clashes_in_Ukraine,_Kyiv._Events_of_February_18,_2014.jpg)Je ne crois pas aux partis. Je n'aime pas les partis. J'ai trop vu ce qu'ils apportent de mauvais dans notre société. J'ai trop souvent été témoin de leurs coups tordus, leurs bassesses. Si je me lâchais, je pourrai rabaisser une multitude de belles insultes, bien vulgaires et méchantes, au rang de simple épithète pour partis politiques. Ce que nous utilisons comme vocabulaire pour faire mal, pour injurier, pour traîner nos ennemis dans la boue, les partis belges s'en drapent, du haut de leur pouvoir, comme si de rien n'était : « On dit que je suis électoraliste ? Népotiste ? Corrompu ? Populiste ? M'en fous, car je suis au pouvoir. J'ai le pouvoir »

D'où vient cette haine que j'ai pour ces structures pourries que sont les partis ? Je ne suis qu'un simple citoyen qui lit la presse, certes avec un œil critique, mais quand même... Je crois que mon problème est que je suis idéaliste. J'aspire à un monde meilleur. J'espère « laisser le monde un peu meilleur que quand je l'ai reçu 1 ». Et un idéaliste, c'est visiblement ce qui est le plus éloigné des organisations politiques et de leurs calculs électoraux.

Mais qu'est-ce que cette chose ignoble qu'est un parti politique ?

Normalement, un parti, c'est un ensemble de gens qui partagent des idées et qui souhaitent les mettre en œuvre en étant élus. Aujourd'hui en Belgique, un parti est une structure forte et hyper hiérarchique dont le but est d'obtenir plus de pouvoir de manière à assurer son avenir. Le parti vit pour lui-même, par lui-même. Par la confiscation du pouvoir, il veille à sa propre survie. Les idées avancées ne sont plus qu'une couverture pour faire croire aux derniers des crédules que le parti se bat pour leur bien. Les partis sont, dit-on, institutionnalisés.

En fait, la Belgique est surtout devenue une particratie. Voilà, le vilain mot est lâché. Oui, je pense qu'on vit en particratie. Oui, je trouve cela dramatique. Et c'est pour cela que je hais les partis politiques. Et qu'on ne vienne m'accuser de populisme. Non, ce n'est pas populiste de dire cela, figurez-vous. Même les politologues et hommes politiques le disent. M. Francis Delpérée, sénateur : « Les formations politiques s'approprient volontiers une part des prérogatives citoyennes [...] c'est la particratie 2. » Ou encore M. Jean Faniel, directeur du bien connu CRISP : « la Belgique demeure[...] une particratie, au détriment des parlementaires 3. » Le drame, c'est que ça n'émeut personne ! Comment peut-on dire cela et que ça ne provoque pas un tollé ? Et quand moi je le dis, je serais populiste ? Bande d'aveugles ! Se rend-on seulement compte de ce que cela signifie ?

Vision pessimiste, cruelle et populiste ? Je ne pense pas. Car ce que je dis dans cet article avec dégoût et colère, se retrouve aussi dans n'importe quel journal. Je sais, j'en lis chaque semaine. Et quasiment à chaque fois, je lis des révélations choquantes, grosses comme des maisons, qui prouvent que les partis sont des choses nuisibles pour la société. Et chaque semaine, les journalistes en parlent comme de la chose la plus normale. Moi, ça me désespère. Alors je vous contacte un petit florilège des raisons pour lesquelles je hais les partis.

Avec un peu de recul et de réflexion, il devient évident que le comportement des partis est inadmissible. Non, ce qu'on lit dans les journaux n'est pas normal.

1. Le but d'un parti n'est pas de représenter le peuple ou de promouvoir des idées, mais de gagner une élection.

Si à l'origine, le parti servait à faire avancer des idées, en groupant ensemble des gens qui souhaitaient la même chose, force est de constater qu'aujourd'hui, les idées ainsi que la volonté de représenter le peuple n'est plus à l'ordre du jour. On peut lire le politologue Nicolas Braygaert 4 : « La particratie, telle que nous l'expérimentons neutralise de facto tout leadership susceptible d'imprimer un cap politique ambitieux ». Quant à moi, deux points me font dire que les partis ne travaillent plus sur leurs idées, mais seulement sur leur image.

Tout d'abord, l'affligeante vacuité des slogans électoraux et des messages politiques. Ils sont en effet construits dans un but publicitaire, pour capter de l'audimat. Ce qu'il y a derrière importe finalement très peu. Résultat : c'est à peu près tous les mêmes messages... légèrement orienté pour bien coller à l'image qu'on veut donner pour séduire. « Plus d'emploi, moins d'impôts, plus de solidarité, moins d'insécurité » ; « Je suis pour les centres sportifs. » ; « Je suis pour que les jeunes ait un emploi à 20 ans. » ; « Je suis pour qu'on vive tous heureux. » Je ne sais pas si je dois les traiter de bisounours ou d'enfoirés.

Les messages politiques actuels sont d'une profondeur inouïe.

Les messages politiques actuels sont d'une profondeur inouïe. Ça vaut une publicité pour Cap'tain Igloo.

Ensuite, vous remarquerez que les idées politiques n'ont plus leur place pendant les élections. Vous ne nierez pas qu'aujourd'hui, on parle plus de stratégies électorales, d'offensive médiatique, d'image et de storytelling que d'idées. Même les journalistes ne s'arrêtent plus que rarement aux idées développées par un parti, ou par un candidat (et certainement pas au-delà du slogan). À un mois et demi des élections, ils parlent surtout des jeux de stratégie et des rôles des présidents de partis (exemples ici et ici). Qui sera tête de liste ? Quelle machine à voix tirera/poussera la liste ? Quelle stratégie adopter ?  Quand lâcher des infos compromettantes pour les autres ? À quel moment faut-il lâcher telle information ? Et l'intérêt des citoyens, hein !? On en fait quoi, bandes de coprolithes politiciens !? Je sais que les slogans creux sont plus rentables pour vous que les débats de fond, mais c'est aussi votre rôle d'être pédagogique !

Le résultat d'une élection c'est ceci : le parti qui fait la meilleure campagne gagne le pouvoir. Alors que moi j'aimerais que ce soit : le candidat qui a les meilleures idées et qui est le plus efficace est élu représentant du peuple. La nuance est grande, très grande.

2. Le parti politique se fout de l'avis de l'électeur.

L'avis de l'électeur ? Rien à foutre. Le respect du résultat des urnes ? Et puis quoi encore !? L'homme politique est un pion au service de son parti et de son président. Un panneau publicitaire pour attirer le chaland. Rien de plus. Si le citoyen élit quelqu'un à une fonction, cela ne signifie absolument pas que cet élu siégera (exemple ici). Car, in fine, c'est la stratégie du parti qui importe !

Pour preuve, je vous soumets ici un tableau synoptique qui analyse les fonctions exercées par deux mandataires politiques bien connus — MM. Di Rupo et Demotte 5 — en fonction du résultat des élections.

Ce tableau présente différentes colonnes :
-a- les années
-b- les élections qui se sont tenues cette année-là
-c- le résultat des urnes
-d- les colonnes E, F, R, C, respectivement pour les niveaux Européen, Fédéral, Régional et Communal.
-e- les fonctions exercées.
___
Les colonnes E, F, R et C indiquent :
(1) en couleur vive, les années où le candidat a exercé une fonction à ce niveau, après avoir été élu
(2) en couleur pastel, les années où le candidat n'a pas exercé de fonction à ce niveau, alors qu'il a été élu
(3) une croix pour les années où le candidat a exercé une fonction à ce niveau alors qu'il n'a pas été élu.
___
Les données de ces tableaux sont principalement issues de Wikipédia et des différents sites officiels qui donnent les résultats des élections en Belgique.

 

Tableau synoptique des élections et fonctions exercées par MM. Di Rupo et Demotte

Tableau synoptique des élections et fonctions exercées par MM. Di Rupo et Demotte

Ces tableaux sont riches en enseignements. Qu'y voit-on ? Tout d'abord qu'il n'y a aucune corrélation entre la colonne « élections » et la colonne « fonctions exercées ». Mais aussi que...

  1. Les deux élus se sont présentés à toutes les élections. Toutes. Et on voudrait nous faire croire que c'est parce qu'ils veulent vraiment participer activement à chaque niveau de pouvoir ?
  2. Pendant 11 ans, M. Demotte, élu bourgmestre de Flobecq, n'a pas pu siéger car il avait d'autres fonctions. Il a ensuite démissionné en 2011 pour déménager à Tournai où il se présente en 2012. Où il est à nouveau élu bourgmestre, mais toujours empêché. Donc, en trois mandatures communales, il n'a jamais été à même de prendre ses fonctions de bourgmestre ! Cela ne l'a pas empêché de se représenter à chaque fois. WTF ? Quel sens cela a-t-il ? Et le premier qui me parle d'un bourgmestre empêché qui exerce quand même son influence dans la commune et qu'il siège au conseil communal est en train de souligner très fort à quel point les hommes politiques se foutent comme d'une guigne de la loi sur le cumul des mandat.
  3. En 1999, 2005 et 2006, M. Di Rupo a été ministre-président wallon. Alors qu'il n'avait jamais été élu sur une liste régionale. Comment est-ce possible ? Ah oui... comme le disent si bien les journalistes, le PS « avait la main » car il avait gagné les élections. C'est donc le président qui décide de tout... (Et tout le monde trouve cela normal ?)
  4. Entre 1999 et 2013 (15 ans), M. Demotte aurait dû prester 44 ans de mandat. 30 n'ont pas été prestés et il a exercé pendant un an une fonction à laquelle il n'a jamais été élu.
  5. Sur 15 ans de mandat qu'il aurait dû exercer au niveau fédéral, M. Di Rupo en a presté 6. Sur 6 ans de mandat qu'il aurait du exercer au niveau régional, il en a presté 1 (et je n'en ai pas analysé le contenu).
  6. Les élections européennes se résument visiblement à un concours de celui qui a la plus grosse. On y présente des faiseurs de voix car la circonscription électorale est la plus grande et permet donc de faire un bon score. Ce n'est pas une raison pour penser qu'on lâcherait un poste de président de parti pour l'Europe (ce qui prouve une fois de plus le rôle et la puissance du président de parti).

Mais je n'ai pas tout dit ! Vous aussi, amusez-vous à repérer toutes les manigances que recèlent ces deux tableaux...

Conclusion ? L'électeur n'a rien à dire. Rien à foutre, de l'électeur. Les élections sont réduites à une mesure d'audimat pour des structures avides de pouvoir. À la fin, il n'y a que le parti qui décide et fait voyager ses pions au gré de la stratégie. D'ailleurs, d'après le CRISP, « Aucun mécanisme n´existe pour dissuader ou pénaliser cette pratique. [...] Ainsi, un ministre ou un parlementaire à un autre niveau de pouvoir peut se présenter comme candidat à une élection en vue de soutenir la liste tout en sachant qu´il ne siègera pas s´il est élu 6. » CQFD.

3. Les mandataires politiques ne sont plus élus du peuple, mais élus d'un parti.

Les partis ont le pouvoir, à tel point qu'il est aujourd'hui normal de considérer les élus comme « leurs » élus, au lieu des élus du peuple. D'ailleurs, ne présente-t-on pas toujours les élus comme membre d'un parti ? À nouveau, le vocabulaire utilisé dans les médias est frappant ; la sémantique ne fait pas tout, mais a quand même une valeur de symbole.

Le symbole, quant à lui, est dépassé — et de loin — quand il engendre des pratiques absurdes. L'une d'elles, peut-être la pire, est la notion de consigne de vote. N'y a-t-il vraiment que moi qui suis choqué par ce principe ? Parce que tout le monde en parle comme d'un fait tout-à-fait normal... C'en est même arrivé au point que, pour les dossiers les plus délicats, les parlementaires en viennent à espérer publiquement qu'ils pourront voter selon leur âme et conscience 7. Mais c'est un comble ! C'est votre boulot de faire ça tous les jours, pour tous les votes, nom de dieu !

À nouveau, je désespère : comment en est-on arrivé là ? Comment se fait-il que des gens partageant une même idéologie soient obligés de toujours voter de la même manière ? N'y a-t-il jamais de nuances dans une idée ? N'y a-t-il jamais de place pour la discussion ? En fait, la Vérité (avec un grand V) existe, et elle est définie par le parti. Triste constat.

5. Les parti s'accaparent le pouvoir, alors qu'ils n'ont aucune légitimité

Les partis ont le pouvoir. Le meilleur exemple reste encore le rôle donné aux (ou pris par les) présidents de partis. Qu'on soit bien clair : les présidents de partis sont des usurpateurs. Ils n'ont aucune légitimité démocratique. Au-cu-ne. Ils en ont peut-être une au sein de leur parti, uniquement. Et encore. Mais comment se fait-il qu'aujourd'hui ils jouent un rôle essentiel dans la politique belge ? Parce que oui, en pratique ils sont aujourd'hui les grands décideurs.

Un très bon exemple est l'abdication du roi Albert, à laquelle les présidents de parti étaient invités. On y a vu les représentants du pouvoir judiciaire, les ministres (normalement élus), les présidents de la Chambre et du Sénat. Mais les présidents de partis !? Franchement ? Pourquoi se sont-ils incrustés là ? Qu'est-ce qu'ils foutaient là ? Quel pouvoir représentent-ils ?

Autre exemple, dans un article sur le duo bruxellois Picqué-Moureaux 8, on apprend que « Moureaux établit le statut de la future région bruxelloise » (en 1989 avec Dehaene) et laisse à Picqué le soin de devenir ministre-président. Lui, « préfère la grande politique » (sic) et devient président de la fédération bruxelloise du PS. « Moureaux hérite du vrai pouvoir, des arbitrages, des luttes d'appareil, de la distribution des mandats et de la composition des listes » (re-sic). Est-ce que le journaliste s'est seulement rendu compte de ce qu'il a écrit ? Que la présidence d'une fédération régionale de 4000 membres a plus de pouvoir que le chef du gouvernement bruxellois (un million d'habitants) ? Il n'y a que moi que ça choque ? Il n'y a que moi qui trouve ça aberrant, débile et anti-démocratique ? Après, on viendra me dire que la particratie est une invention des petits partis pour râler sur les grands...

Dans un autre article 9, une politicienne envisage les scénarios si le fin de la Belgique devait se concrétiser en mai 2014. Et déclarer, tout naturellement que « les présidents de partis dissoudraient la Belgique pour recréer immédiatement une confédération d'états indépendants. » Et en quel honneur serait-ce les présidents de partis ? On est au point où on ne fait même plus semblant de prendre en compte la volonté des différents parlements belges, seules assemblées légitimes et démocratiques. Je vous le disais : sans aucune légitimité, les partis ont le pouvoir.

Comment en est-on arrivé à publier ça dans un journal et trouver ça normal ?

Conclusion

Je comptais encore écrire beaucoup de choses, mais cet article est déjà trop long. Je vous épargnerai donc le sujet des intercommunales qui servent à fournir des fonctions aux membres du parti, des administrations pourries par les jeux de nominations ou des société de droits publics où les partis choisissent les gagnants des adjudications publiques en fonction de leurs intérêts. C'est sans doute le sujet où il y a le plus à dire. Il faudrait plus qu'un article pour tout cela.

Mais vous l'aurez compris, je hais les partis politiques, ou au moins ce qu'ils sont devenus. D'aucuns pourront évidemment me reprocher de dire cela et de m'impliquer en même temps chez les Pirates, qui forment un parti... Mais non, je ne trouve pas cela incohérent, et ce, pour plusieurs raisons :

  1. Les Pirates sont, d'après moi, un mouvement citoyen, avant d'être un parti. Je l'explique en long et en large dans cet article. Cette différence marque une différence d'objectif.
  2. Vous noterez que, comme beaucoup de pirates, j'essaye d'utiliser le plus souvent possible le vocable « pirates » plutôt que « Parti Pirate ». Sémantique, à nouveau, mais qui recèle une vraie symbolique. Nous portons des valeurs et des idées, pas un parti.
  3. Comme tout nouveau parti, les pirates n'ont pas d'élus, pas de pouvoir. Nous ne sommes donc pas sujets à ces problèmes. Nous sommes encore beaucoup d'idéalistes, qui pensons plus au bien commun qu'au pouvoir personnel. Le jour où les pirates ont du succès et rentrent dans le jeu de la particratie, je serai le premier à partir. 🙂

Mon souhait avec cet article était multiple. Comme vous l'avez vu, je voulais d'abord laisser sortir tout cette rage qui m'anime quand je lis tout ce que ces crapules font tous les jours. Mais en fait, je voulais délivrer un autre message : oui, nous vivons en particratie. Cet article le démontre assez. Oui, c'est un fait et non, ce n'est pas populiste de le dire. Ce n'est pas juste « pour dire du mal des gens au pouvoir ». Non. C'est pour vous réveiller. Vous aussi, quand vous lirez votre prochain article politique, soyez conscients ! Ce n'est pas parce que c'est écrit en dixième page d'un hebdomadaire quelconque, sans effets de manche, que ce n'est pas scandaleux ! J'ai l'impression que les journalistes se trompent souvent de scandale à mettre en première page...

Note : Je voulais lâcher ma haine des partis, mais n'oubliez pas de lire le côté plus constructif de ce même message en lisant cet article. Il ne s'adresse plus aux partis, mais aux élus. Et puis donnez votre avis sur l'article que vous préférez sur cette page.


Photo :

Notes:

  1. citation de Lord Baden Powell of Gilwell
  2. Le Vif n°46, 15 novembre 2013
  3. Voir ici
  4. Le Vif n°12, 21 mars 2014
  5. Oui, deux socialistes, mais ce sont de loin les plus faciles à trouver
  6. Pour la première fois, cependant, la règle dit qu'un candidate ne peut pas se présenter sur différentes listes en même temps. Mais à un an d'intervalle, pas de problème...
  7. Références : sur la libre ou sur le soir (voir la section MR)
  8. Le Vif n°12 du 21 mars 2014
  9. Le Vif du 26 juillet 2013

19 thoughts on “Je vous hais - Lettre ouverte aux partis politiques

  1. Pingback: Soyez les élus du peuple – Lettre ouverte aux élus de ce pays | Souquez les Artimuses !

  2. Pingback: Deux articles pour un message | Souquez les Artimuses !

  3. What is important here , is to see that the same is happening in France, quite the same in Spain, Italy and all other Euroopean countries!
    We do have to do smthing and not let the populations become slaves driven by Financial cast thru the politicians!
    This has to be set up all other Europe!

  4. Juste le début suffit à me faire réagir: le passage "les par­tis belges s’en drapent ... J’ai le pou­voir".
    Pourquoi ? Parce que cette "analyse" ignore des hypothèses pourtant beaucoup plus réalistes.

    Par exemple: il est très rare (voire impossible à un certain niveau de pouvoir) pour un politicien de satisfaire 100% de ceux qui se prétendent représentés par lui. Donc, lorsqu'il fera quelque chose que tu trouves bien, il recevra exactement les mêmes critiques que celles que tu lui ferais s'il avait fait exactement l'opposé.
    Dans ces conditions, ce que tu interprétes naïvement comme le résultat du fait d'être un grand méchant assoiffé de pouvoir est en réalité juste une conséquence inévitable de la réalité.

    Un autre exemple: tu as étudié un dossier et passé en revue les solutions A, B, C, D, ... et qlq'un arrive et te dit que tu es un imbécile car la solution est évidemment A, solution que tu as écartée après analyse pour des raisons que l'imbécile ignore. Dans ce cas, de nouveau, tu vas ignorer l'imbécile (et tu auras raison), sans que ça soit le résultat d'une soif diabolique de pouvoir.

    Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'arrivistes. Mais cela reste des effets très important, et les oublier, c'est juste montrer qu'on a une analyse superficielle de la chose.
    Au final, si j'étais politicien et que je tombais sur ton blog, je lirais le premier paragraphe, et m'arrêterais en me disant: encore un petit malin qui croit me donner des conseils alors qu'il n'est pas capable de penser plus loin que le bout de son nez. Et j'arrêterais de lire (ce qui est une bonne idée: mieux vaut éviter les conseils basés sur du vent).

    • Je suis toujours épaté par les gens qui laissent des commentaires sans même avoir lu l'article. Ou en tout cas sans l'avoir compris. Et ça arrive très souvent.

      D'abord, je ne parle pas des politiciens, mais des partis. Les politiciens, ce sont des hommes et des femmes qui ont droit au respect. C'est pourquoi j'ai écrit l'autre article, où je les encourage à rendre la démocratie vivante. Cet article-ci, il concerne les partis, qui eux, sont dangereux aujourd'hui. Première nuance de taille. Alors venir dire que je dis du mal des politiciens, c'est la preuve qu'on n'a déjà pas compris ce que j'ai écrit.

      Secundo, à aucun moment dans cet article je ne dis que les politiciens prennent des mauvaises décisions. Je n'ai même pas abordé le sujet ! On le commentaire me dit que j'interprète mal la volonté des politiciens !? Tout ce que je dis, c'est qu'ils ne sont jamais obligés de tenir leur promesse, ce qui n'est pas nouveau. Encore une fois, nuance de taille. Elle saute pourtant aux yeux quand on lit l'article.

      Tertio, on considère que je suis un imbécile qui ne connait pas le dossier et qui promeut une solution A, alors que d'autres sont peut-être meilleures. À nouveau, je ne parle même pas de cela dans l'article, mais je peux imaginer l'amalgame dans la tête de quelqu'un qui ne sait pas lire. Et dans ce cas-ci, oui j'estime pouvoir donner un avis aussi intelligent qu'un politicien. Tout d'abord parce que je sais réfléchir et m'informer, aussi bien que les autres. Ensuite je ne suis pas pris dans un système qui m'impose ce que je dois penser. Enfin parce que je m'exprime que sur les sujets que je connais. Personnellement, j'assiste à la plupart des conseils communaux dans ma commune. Alors oui, je pense que je sais de quoi on cause dans ma commune. Oui, j'ai le droit d'avoir un avis.

      • Non non. Ce que je dis, c'est qu'il y a des phénomènes sur les politiciens qui engendrent quelque chose que tu considères comme le résultat d'un seul et unique phénomène que tu critiques.

        Relis mes exemples:
        1) le fait que le _politicien_ a toujours des critiques implique que le _parti_ a l'air intouchable aux critiques.
        2) le fait d'avoir des _politiciens_ qui n'appliquent pas des conseils lorsqu'ils constatent que ceux qui font ces conseils ne sont pas en position de faire des conseils pertinents implique que le _parti_ a l'air intouchable aux critiques

        En d'autres termes, tu dis: "Linux ne décolle pas auprès du public, c'est donc que Linux lui-même est mal conçu et qu'il est une mauvaise idée".
        Je réponds: "il y a d'autres raisons plus réalistes pour comprendre pourquoi Linux ne décolle pas auprès du public. Si on prend un développeur linux typique, il sera soumis à cet effet indépendant qui ..."
        Et tu me réponds: "tu n'as rien compris, je ne critiques pas les développeurs, je critique Linux".
        Mais tu n'as pas compris ce que j'ai dis: je ne dis pas que tu critiques les politiciens, je dis que ton "problème des partis" est lui-même mal formé car il ne tient pas compte de phénomènes importants (qui ont lieu au niveau du politicien, certes, mais ça change rien) qui explique ce que tu constates mieux que ce qui tu fais dire que les partis sont une mauvaise idée.

        "Secundo, à aucun moment dans cet article je ne dis que les poli­ti­ciens prennent des mau­vaises déci­sions.":
        Je n'ai jamais dit ça.
        J'ai dis: il existe un phénomène qui fait que les partis ont l'air insensible.

        Tu noteras la fin de mon commentaire va exactement dans ce sens: tu dis que dans ton autre article, tu "les encou­rage à rendre la démo­cra­tie vivante". Justement, un politicien va constater que tu ne sais pas pourquoi les partis ont les caractèristiques que tu décris, et par conséquent, tes encouragements sont inutiles, puisqu'il ne va pas (en tout cas j'espère) suivre les conseils que qlq'un qui n'a pas compris la réalité.

        "Ter­tio, on consi­dère que je suis un imbé­cile qui ne connait pas le dos­sier et qui pro­meut une solu­tion A"
        Euuuh. J'ai JAMAIS dit ça. J'ai juste dit: il y a des imbéciles qui font ça, ça explique pourquoi tu vois que les partis sont insensibles.

        • Voilà une réponse qui a déjà l'air plus construite/constructive que la précédente. J'essaye d'y répondre prochainement.

          • Si tu essaies d'y répondre, j'ai également une autre piste de réflexion:
            je vois de plus en plus de gens sur internet prétendre avoir une réflexion profonde sur la démocratie mais s'arrêter à sa définition qu'on donne à un enfant de 7 ans.
            Pour moi, la démocratie, c'est un système dont les décisions sont le reflet de ses citoyens, mais cela ne veut pas dire que la majorité du peuple soutient toutes les décisions.
            Pour moi, la démocratie veut dire que si la majorité avait été mis à la place du décideur, avait étudié le dossier plusieurs semaines et avait du trouver une solution raisonnable pour favoriser le bien commun, en y prenant ses responsabilités, la solution choisie aurait été celle qui a été prise lors du processus démocratique.

            Pourquoi cette nuance est très importante ? Car c'est la différence entre la démocratie et l'ochlocratie (qui n'a en soi aucun intérêt).
            Le principe d'ochlocratie apparait dans plein de réflexions sur la démocratie qui sont un minimum construites, et ce depuis des siècles. Pour moi, oublier (ou ne pas comprendre) ce concept, c'est juste faire un bon en arrière.

            Et maintenant, voici le point où je veux arriver: le concept d'ochlocratie peut aussi expliquer pourquoi il y a l'air d'y avoir "une élite" dirigeante. Simplement parce que ce concept dit qu'il vaut mieux faire confiance aux gens qui bossent sur le sujet qu'aux opinions "de la rue" qui n'ont aucune responsabilité impliquée.
            La vraie démocratie est alors une question d'équilibre. Comme tout équilibre, la frontière est subjective, et il y aura toujours des gens pour prétendre que ta démocratie est une dictature et d'autres pour prétendre qu'elle est trop populaire (et elle peut même être vue comme les deux en même temps: paradoxalement à la fois cadenassée et à la fois populiste en brossant l'électorat dans le sens du poil).
            Du coup, la question est: comment sais-tu que ta position n'est pas "juste" la vision de quelqu'un ayant une sensibilité différente face à une démocratie relativement équilibrée ?

  5. J'ai pas lu l'article.
    Je viens juste dire que moi, les politiciens, je veux les voir tous prendus, apès avoir été empalés.
    C'est clair. rien à ajouter.

  6. J'ai l'impression que tu as mis le doigt sur le bon problème, mais que les cibles visées ne sont pas les bonnes. Nos "démocraties" (un français derrière le clavier) seraient-elles différentes dans un paysage politique où les prétendants au pouvoir se présentaient en leur personne (avec culte de la personnalité et tout le toutim, encore pire je trouve) mais auraient des centaines de "fidèles" proches ? Les partis sont composés de personnes, qui partagent, aux yeux de la population, des convictions communes; à mon avis, ce ne serait pas bien différent si ces personnes étaient regroupés en association, en communauté invisible pour la population avec seules quelques têtes connus qui dépassent ou toute autre type de groupe formel ou informel.
    Le problème, c'est de laisser qui que ce soit d'autre (parti, dirigeant unique ou groupe industriel par exemple) que chacun de prendre des décisions à sa place et de se les faire imposer.

    • Comme j'ai essayé de le dire (principalement dans l'autre article), le principe du parti ne me dérange pas. C'est même un bon système pour éviter les problèmes que tu évoques. Ce que je souhaite, moi, c'est que ces partis soient des laboratoires d'idées, des lieux d'échanges... pas des lieux de pouvoir.

      En France, vous l'avez pas ça autant que chez nous, ou en tout cas pas sous la même forme.

      • Accaparement de subventions publiques, relations cordiales avec le patronat et Valls (lool) des technocrates-politiciens-lobbyistes un jour à l'Assemblée, l'autre jour ministre, le dimanche dinant avec les journalistes qui ont du poids. J'ose espérer qu'on y retrouve un peu de ça chez vous. Sinon, ça veut dire qu'on est vraiment un pays de belles merdes.

        +1 pour le laboratoire d'idées. Mais ce serait être naïf de croire que les grands partis sont là pour faire avancer les choses. Les faire avancer dans le status quo oui, penser les problèmes autrement non (tant qu'ils sont au pouvoir, quelles seraient leurs intérêts de changer les règles excepté à leur profit ?).

  7. Pingback: Petit guide électoral à l’attention des bien pensants (et des autres) | Souquez les Artimuses !

  8. Pas mal du tout! Cette étude est assez bien faite. Même si ce n'est pas toutà fait dans le sujet, je ne puis résister au plaisir d'ajouter une petite réflexion:
    Ne pas confondre: voter NUL et: voter "NULS". Dans le second cas, vous votez pour ceux qui, à l'unanimité, ont détruit les humanités anciennes gréco-latines jadis accesiibles à tous. Ils ne sont donc pas blancs comme ils le disent. Donc, ne votez pas "BLANCS"...

    Je ne vous hais pas, vous, les partis. Je vous considère comme les responsables de la dissolution finale. Vivat sermo Latinus Europaeus!

    Pr Stéphane Feye
    Schola Nova (non soumise au décret inscriptions) - Humanités Gréco-Latines et Artistiques
    http://www.scholanova.be
    http://www.concertschola.be
    http://www.liberte-scolaire.com/.../schola-nova
    http://online.wsj.com/news/articles/SB10001424052702303755504579207862529717146
    http://www.rtbf.be/video/detail_jt-13h?id=1889832

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  11. Intéressant... Tu t'attaques aux partis politiques sans même parler de leurs fonctions classiques... Je te conseille vivement de taper "fonctions des partis politiques" dans Google, d'analyser les nombreuses fonctions (latentes, manifestes) que leur attribuent la science po et ensuite de rédiger un texte sur base de ces éléments dans lequel tu arriverais éventuellement a démonter toutes ces fonctions (j'en doute).
    Avant de s'emballer trop vite sur un sujet en parlant de son ressenti personnel, il vaut toujours mieux chercher plus loin et la science peut t'aider

    • Je me dis que je devrais parfois être plus terre à terre, faire moins de sous entendu, expliquer encore plus...

      Et puis je me dis qu'il y aura toujours des gens qui ne comprendront pas. Qui mettront des commentaires sans avoir compris l'article. Qui liront à moitié.

      Alors je pense que je vais continuer avec mon style. Comprenne qui pourra.

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