La politique est une guerre

1134px-Nuclear_artillery_test_Grable_Event_-_Part_of_Operation_Upshot-KnotholePetite réaction rapide, suite à la lecture d'un article du Vif 1.

Pour remettre dans le contexte: c'est un article qui traite de la position du MR vis-à-vis de la N-VA dans le cadre des négociations pour former un gouvernement fédéral. On y parle de la position de Charles Michel comparée à celle de son père, de la rupture avec le FDF et, bien sûr, on y donne les avis des ténors du MR : faut-il ou ne faut-il pas s'allier à la N-VA pour aller au fédéral ?

V'là-t-y-pas que je tombe sur ce paragraphe : "Certains pensent que les circonstances imposent au MR d'aller partout dans l'opposition, pour y mener une guérilla d'enfer contre le PS, avec l'espoir de lui ravir, à terme, le titre de premier parti francophone. “Pour le moment, les socialistes mènent 31-27, mais si on les canarde pendant 5 ans, au prochain scrutin, ce sera 27-31 pour nous“ entend-on dans les rangs réformateurs."

À nouveau, je suis étonné. Étonné qu'on puisse dire cela. Étonné qu'on l'écrive et qu'on le répète. Étonné qu'un homme politique puisse affimer que son but (et même le but du parti, d'après lui) n'est pas de gérer la chose publique pour le bien de tous. Pas non plus de mener une opposition constructive. Encore moins de s'améliorer pour convaincre encore plus d'électeurs que son projet est le bon. Non, le seul but est de pilonner l'adversaire. Dire du mal, peu importe ce qu'ils font : de toute façon, ce sera mauvais. Dans l'espoir de prendre le pouvoir. N'oublions pas cela, le pouvoir !

Je suis étonné que ça ne fasse pas scandale. C'est dire à quel point nous sommes résignés.

Alors bien sûr, on aura beau jeu de dire que je fais rien qu'à dire des méchancetés sur les hommes politiques ; que je suis plein de haine envers eux ; que je tire une phrase de son contexte ; que je caricature ; etc.

En attendant, j'espère que vous aussi, en prenant un peu de recul, ça vous pose question.

"Tuer l'ennemi parce que c'est la guerre, en oubliant pourquoi c'est la guerre". Avec un esprit étroit, aucun esprit critique et beaucoup d'obscurantisme, on pourrait adhérer à ce genre de phrase.

Au XXIe siècle, je pensais (j'espérais) que c'était le reflet d'une autre époque. Me suis-je trompé ?


Photo:

  • Tir d'artillerie nucléaire, domaine publique par le gouvernement fédéral des USA on wikimedia

Notes:

  1. Le Vif n°25, 20 juin 2014, p.23

7 thoughts on “La politique est une guerre

  1. Ça ne m'étonne pas – plus – hélas! Le pouvoir pour le pouvoir, parce qu'il y a tellement d'avantages, d'intérêt à y être et à s'y conserver, est devenu la norme.

    • En effet, c’est une des questions que je me posais enfant, à une époque où je ne comprenais déjà pas la politique. À force de voir cette guerre perpétuelle des partis politiques, j’avais fini par me dire que c’était le fonctionnement normal de la politique et c’est la raison pour laquelle je m’en suis totalement désintéressé. J’avais mis la politique dans le même panier que le football : des joutes surmédiatisées qu’il faut par définition ignorer.
      Mais le mimétisme comportemental de nos chères têtes blondes suffit généralement à les faire rentrer dans ce moule inepte : souvenez-vous, déjà au collège, pour les élections de délégués, le but n’était pas tant de se mettre au service de sa classe que de se faire purement élire…
      Faire de la politique n’est plus une préoccupation de chaque citoyen, c’est devenu une spécialité, un métier. D’une certaine manière, la politique s’est donc métamorphosée pour se conformer au marché de l’emploi. Le résultat : ceux qui sont « au pouvoir » ne sont pas là pour le peuple ; ils sont là tout simplement pour rivaliser et parce qu’ils ont été modelés pour rester dans la course.

      • Okay, I was going to say that body image is not real important to me, and then, well, I would be full of crap.When I was younger, I remember weighing myself three or four times per day in the summers. Drove myself crazy "getting into bikini shape."Not saying I was ever BDD - but when I was a teenager, I may have been bodirrlene.

      • Karlo Originalas niekad nebuvo geru ateities pranasu. Kai pasirode pirmasis iphone pranasavo fiasko, pasirodo sitas fail pakeite telefonu industrija. Pranasavo nettop sviesia ateiti, to nebuvo. Pranasavo planseciu nesekme, mat pagal ji koks lodorius pirks situos nesusipratimus – originalas dabar ju turi net pora 🙂 Dabar pranasauja nokia sviesia ateiti. Tendencijas zinom…

  2. C'est marrant, c'est quelque chose que je me dis aussi depuis que je suis petite, comme François : pourquoi les politiciens perdent-ils une énergie telle à se battre entre eux au lieu de collaborer à rendre leur pays/région/commune meilleur ? C'est pour ça qu'on les élit, quand même ?

    Et comme toi, Nico, je ne me résigne pas. Leur comportement m'indigne, m'exaspere, me désespère. Je ne peux pas et ne pourrai jamais être d'accord qu'on compare la politique à une guerre ; qu'on la vive comme une guerre.

    Tout à fait d'accord avec Greg aussi quand il dit : "Notre société est basée sur la com­pé­ti­tion et tu es matra­qué avec ce genre de méca­nisme dès l’école." Et selon moi, la solution et l'avenir est là. Dans les familles et à l'école, nous devons apprendre la coopération à nos enfants ; non pas la concurrence. Comme le dit si bien ce proverbe africain (je trouve qu'il donne mieux en anglais) : "If you want to go fast, go alone. If you want to go far, go together."

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