La retraite à 67 ans ? Moi je m'en fous !

Couple à la retraiteOui, le sujet a fait polémique ces derniers jours. Pas tellement dans la presse (quoique je ne la lis pas tant que ça), mais bien dans les conversations... Les gens en parlent, ils sont directement touchés : c'est de leur pension qu'il s'agit.

Évidemment, je comprends bien la mesure. Passer à 66 ans en 2025 et à 67 ans en 2030 permettra de mieux équilibrer l'équation simple qui fait fonctionner notre système de pension : plus de gens au travail = plus de gens qui payent pour la pension = possibilité de payer plus de gens à la pension. Et comme le nombre de gens à la pension augmente, il faut bien augmenter le nombre de gens qui travaillent... Logique, simple et évident. À condition qu'on ne regarde que cette équation simpliste.

En tout cas, cette nouvelle ne me fait ni chaud ni froid. Elle ne m'étonne pas provenant d'un gouvernement comme celui qu'on a (un peu comme si on s'étonnait de voir des socialistes promouvoir les allocations de chômage). Et puis elle correspond bien à la pensée majoritaire actuelle : l'économie et la croissance seules sont sources de bien-être (pour une autre vision, voyez ici). Bref, on pouvait quasiment s'y attendre.

Et du coup je m'en contrefous. Pourquoi ? C'est bien simple :

  1. D'ici à mes 67 ans, en 2048 1, cela aura encore changé au moins trois fois.
  2. Depuis quelques années déjà, je n'espère même plus avoir de pension. Je me dis que je devrai me débrouiller par moi-même.
  3. D'ici quelque temps, quand la révolution numérique aura fait sentir un peu plus ses effets, nous serons dans un monde où l'emploi sera différent. Un monde où les gens combineront des emplois alimentaires, des activités rentables issues de passion, des engagements volontaires et d'autres activités d'indépendant. Alors autant vous dire que la pension où l'on arrête tout du jour au lendemain pour faire du jardinage après 45 ans derrière un bureau, ce ne sera plus quelque chose d'évident.
  4. C'est une mesure qui va à contre-courant de la société : depuis toujours, l'homme a de moins en moins travaillé ou, en tout cas, de moins en moins dur. L'histoire entière de l'intelligence humaine ne vise qu'un but : se faciliter la tâche, travailler moins. Aujourd'hui, des légions de robots nous remplacent pour les tâches difficiles, ou non. Et on voudrait tout d'un coup nous faire travailler plus ?
  5. C'est une mesure qui ne rime à rien du tout d'un point de vue économique. On veut plus d'argent pour les pensions en ayant plus de gens qui travaillent pour les financer ? Et donc pour cela, de manière tout-à-fait logique, on
    1. empêche des chômeurs de prendre la place de gens qui ont déjà travaillé 45 ans ;
    2. garde au chômage les gens entre 65 et 67 ans qui n'ont pas d'emplois ;
    3. mettra à la prépension, plutôt qu'à la pension, les gens de 65 ans.

Bref, je ne vais pas m'en faire pour une mesure qui ne tiendra pas. Par contre, je m'en fais toujours un peu plus devant le manque de vision de nos hommes et femmes politiques. M'enfin, ce n'est pas comme si c'était nouveau.

Et au lieu de cela, si on repensait un peu notre vision du travail ? Et avec elle, ce modèle social qui la sous-tend, mais qui ne tiendra plus très longtemps ? Et si on remplaçait ce modèle social par un autre, plus efficace ? Et si en fait, la crise, c'était has been ?


Photo:

  • Couple sur un banc : Domaine public sur PixaBay

Notes:

  1. Vous avez vu !? C'est hyper classe le 2048. C'est deux exposant 11, quand même ! J'ai presque envie d'arriver à la pension à cet âge-là, du coup !

La mobilité à Bruxelles : repensons la jonction Nord-Midi

Thalys et ICE à Bruxelles-Midi

Thalys et ICE à Bruxelles-Midi

J'ai eu le plaisir d'assister hier à la 8e édition des ResearchTalks dont le sujet était "Les véhicules et la mobilité du futur". Comme d'habitude, intéressant, même si le panel d'experts était assez consensuel vis-à-vis d'un public acquis à la cause de la mobilité.

Une des invitées était Salima Abu Jeriban, qui a mené le projet Mobil2040 dont je vous ai déjà parlé. Ses interventions, combinées à celle de Laurent Ledoux (patron du SPF mobilité), m'ont fait imaginer une nouvelle utopie en rentrant chez moi.

"Et si nous arrêtions de faire passer tous nos trains par la jonction Nord-Midi ?"

La raison principale est simple : cette jonction fait passer quasiment tous les trains de la SNCB de 21 voies (à Bruxelles-Midi) à 6 voies (à Bruxelles-Central) pour repasser à 12 voies (à Bruxelles-Nord). Vous imaginez la congestion ? Et les risques de retards cumulés s'il y a un incident ?

Alors pourquoi ne pas imaginer une autre solution ?

En rapide : on arrête de faire passer tous les trains par cette jonction. On instaure un système de trains léger (B-Link) qui fait des allers-retours rapides entre Nord et Midi et la place gagnée permet de changer cette jonction en une promenade accessible aux vélos et piétons. En outre, un système de tapis roulant (P-Link) permet de garder des moyens de transport vers les gares de Congrès et Chapelle.

Et maintenant, plus en détail.

On arrête de faire passer tous les trains par cette jonction

Dorénavant, les trains provenant de l'extérieur de Bruxelles s'arrêtent à Bruxelles-Nord et à Bruxelles-Midi. Seuls sont autorisés les trains internationaux tels que Thalys, Eurostar, ICE DB ainsi que les trains vers l'aéroport de Bruxelles-National. Ces trains ont droit à deux voies dans la jonction et ne s'arrêtent pas à Bruxelles-Central.

Idéalement, cela signifie aussi qu'il faut améliorer la connexion des certaines lignes vers ces deux gares principales. Exemples :

  • Permettre aux trains de la ligne 161 (vers Ottignies et Namur) de rejoindre directement Bruxelles Midi,
    • soit en passant par les lignes 26 (Boondael-Callevoet) et 124 (Callevoet-Midi) — il faut alors aménager des nouvelles jonctions entre ces lignes qui se croisent ;
    • soit en créant un nouveau tunnel ferroviaire entre la gare d'Etterbeek et Midi — et ça, c'est pas gagné.
  • Renforcer les possibilités pour les gantois d'arriver à Nord
    • en ayant plus de trains qui font Gent-Dendermonde-Nord ; ou
    • en permettant aux trains venant de Gent de monter sur la ligne 50 (Essene-Lombeek puis Jette et Nord) sans passer par Denderleeuw.

On crée une liaison Nord-Midi en train léger

Ces trains légers (une rame de trois voitures, type Desiro par exemple) font des allers-retours rapides entre Nord et Midi à une cadence d'un train toutes les 2 min 30 sec. Ils circulent sur deux voies et arrivent sur quatre quais à Midi et à Nord. Nom de cette liaison : B-Link (Brussels Link).

À Midi et à Nord, des indications claires sont disponibles afin que les transferts se fassent aisément. On peut même parler en secondes pour que les navetteurs sachent vers où se diriger rapidement : "liaison vers Bruxelles-Central et Bruxelles-Nord dans 45 secondes, voie A ; dans 195 secondes voie B ; dans 345 secondes, voie C ; dans 495 secondes voie D".

À Central, c'est encore plus simple : "direction Sud, voie A ; direction Nord et aéroport, voie B. Maximum 150 secondes d'attente."

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Vu la place laissée par l'enlèvement des systèmes d'aiguillages (devenus inutiles) en gares de Midi (côté Nord) et Nord (côté Sud), on peut penser réaménager cette surface en quai de départ pour ce système de train léger. Ceci évite d'utiliser des quais dans les gares (nécessaires désormais comme terminus) et permet au flux des navetteurs d'être plus facilement géré : si on arrive de Charleroi en voie 21, on n'est pas obligé de se taper la voie 3 parce que c'est le quai B-Link ; il suffit d'aller en bout de quai pour rejoindre le départ vers le Nord.

Note : avec les deux voies pour les trains internationaux et deux voies pour le B-Link, cela fait quatre voies sur lesquelles tous les trains peuvent rouler, ce qui pourrait suffire en cas de problème technique.

Les gares de Bruxelles-Congrès et Chapelle ne sont plus desservies qu'en tapis roulant

Les trains ne s'arrêtent plus dans ces gares. Par contre, on les garde et on les réaménage. Et, pour garder une liaison avec les gares "qui ont des trains", l'idée est de mettre en place un système de tapis roulant, comme dans les aéroports, afin d'aider les gens à atteindre facilement ces points de sortie depuis Bruxelles Central, Midi ou Nord. Ce système est appelé P-Link (Pedestrian Link) et il favorise les modes de déplacements doux car autour de ce P-Link, la place est aménagée pour des trottoirs ainsi que des pistes cyclables, laissant au navetteur le choix de son mode de déplacement.

Ce système de P-Link propose aussi des "gares" où l'on peut descendre du tapis roulant, à intervalles réguliers. Combiné à des stations Villo et à des arrêts STIB, ces arrêts P-Link constituent une nouvelle possibilité de maillage dans le réseau de transport en commun.

Sous terre, ce P-Link ressemble à ce qu'on trouve dans les aéroports, mais en plus vivant. Lorsque la jonction est en plein air, le P-Link est abrité par un toit en verre, très moderne, qui est assez grand pour permettre aux piétons et cyclistes (qui ne sont pas sur le tapis roulant) de choisir s'ils se déplacent couverts ou pas.

Aussi bien sous terre que sous le ciel, cela crée des endroits agréables à vivre, et où il est possible de boire son café, manger un morceau, écouter de la musique. Imaginez-vous au-dessus du Boulevard du Midi ou square des Ursulines, sur un banc au soleil entouré de vélo et de piéton, pour manger votre repas servi par un food truck (comme celui-ci ou celui-là)... Sympa, non ?

Les arrêts P-Link principaux sont les suivants : Gare du midi ; Boulevard du midi (ouest) ; Boulevard du midi (est) ; Rue Sallaert ; Rue de la Fontaine ; Rue terre-Neuve ; Rue du Poinçon ; Square des Ursulines ; Rue des Alexiens ; Rue de l’escalier ; Rue de l’hôpital ; Mont des Arts ; Bruxelles-Central ; Rue de Loxum ; Parvis Ste Gudule ; Rue des Comédiens ; Rue des Sables ; Meiboom ; Congrès ; Bd Botanique Nord ; Bd Botanique Sud ; Rue gineste ; Rue Marie Popelin ; Gare du Nord.

Les arrêts du système P-Link

Les arrêts du système P-Link

Zoom sur les gares de Bruxelles-Midi et Nord

Voyez en image à quoi cela ressemblerait. Mais bon, je ne suis pas graphiste : il ne s'agit pas de beaux dessins illustratifs, mais plutôt de schémas de principe.

P-Link-MIDI P-Link-NORDBien sûr, des aménagements sont à faire car les trains internationaux doivent passer du côté Ouest de la gare du Midi à la partie Est de la gare du Nord (mais pas tous) et cela signifie beaucoup de difficultés. Mais quand on a aménagé le terminal grande vitesse à Bruxelles-Midi, on a même construit un viaduc pour faire passer les Thalys et Eurostar au-dessus de toutes les autres lignes, alors... On n'est pas à ça près.

Note : en faisant des recherches pour cet article, je suis tombé sur une autre proposition qui rejoint la mienne. Il s'agit d'un bureau d'architecte. Eux, ils ont des belles images, si vous voulez aller voir.


Photos:

Les goûts et les odeurs... doivent être libres !

À première vue, il parait assez évident que les goûts et les odeurs sont libres. Elles ne peuvent pas être possédées. D'ailleurs, la cuisine est un bien commun, elle fait partie des traditions de chaque pays. À tel point que la comida mexicana, par exemple, est patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO. De même, chacun est libre de faire sa propre pizza Margherita ou Calzone. La recette est disponible et libre. Sans parler de la bolognaise, dont chaque famille a sa version...

Pizza, domaine publique by Scott Bauer (http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Supreme_pizza.jpg) Même quand on s'attaque à des grands noms, le goût reste libre : si le soufflé au fromage est devenu synonyme de repas de stars au Récamier à Paris, il n'en reste pas moins que ma maman peut encore en faire. Quant à l'industrie des boissons gazeuses, on voit que Coca-Cola fait beaucoup d'émules qui vendent leur boisson gazeuse à base d'extrait végétaux en toute légalité. La différence entre le soufflé au fromage du Récamier et celui de ma maman, entre Coca-Cola et Carrefour Cola, réside dans la recette exacte, dans la manière, dans la marque. Certains vendent du rêve, un style, voire un service. Mais le goût, lui, est libre. Pas de droit d'auteur, de copyright ou autre barrières artificielles. Chacun est libre d'associer des saveurs comme il l'entend : c'est un savoir-faire, ce qui n'est pas brevetable.

Or, je ne sais pas si vous le savez, mais le goût et l'odorat sont intimement liés. Sans l'odorat, nous ne pourrions pas goûter autre chose que sucré-salé et acide-amer. Par conséquent, il est légitime de penser que ce qui s'applique aux goûts s'applique également aux odeurs... non ?

Et bien la justice française pense autrement. Pirate Parfum, qui fait en parfumerie ce que fait n'importe quelle pizzeria en cuisine, est poursuivi en justice par les grandes marques de parfum.

Pourquoi ? Parce qu'ils ont un concept original : étant donné que les fragrances sont accessibles à tous, Pirate Parfum souhaite proposer aux gens un parfum de qualité, mais qui ne vend pas une marque ou du rêve. Ils veulent vendre du parfum, au prix du parfum. Pour réduire les coûts, le packaging se veut sobre et tous les parfums ont la même bouteille (blanc pour les femmes, noir pour les hommes). Seul le nom et le contenu change.

Parfume Maker, by Rudolf Ernst, domaine publique sur Wikimedia (http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ernst,_Rodolphe_-_The_Perfume_Maker.jpg)Ce concept me plait. Mon eau de toilette se compose idéalement de bergamote, de galbanum, de genièvre et de menthe 1. Et bien, chez Pirate Parfum, je peux en avoir 100ml pour 26€. Alors que chez ICI Paris XL, je vois que je payerai 27€ pour... 40 ml de Cool Water de Davidoff. Mon choix est vite fait 2.

Mais où est le problème ? Et bien voilà : dans un restaurant, le serveur pourra facilement vous dire que leur recette de soufflé au fromage est la même que celle du Récamier, ou que leur pavé de bœuf à la truffe noir est fait à la manière du Comme chez soi. Cela se fait, et personne n'y trouve à redire. Dans le cas de Pirate-Parfum, cependant, c'est tout le contraire. S'ils disent que leur parfum Stockholm ressemble à Cool Water (je dis bien ressemble — ce n'est pas le même — et ils sont clairs à ce sujet !), ils ont des problèmes judiciaires (voyez l'article de Rue89 à ce sujet). La seule différence est qu'ils l'affichent sur leur site web... Pourquoi n'aurions-nous pas les mêmes droits sur internet qu'en dehors ?

Moi, je suis (très) loin d'être un spécialiste du parfum. Mon seul souhait est d'avoir une eau de toilette. Mais j'aime bien leur concept pirate et j'ai été très satisfait de mon dernier achat chez eux. De ce que j'ai lu, leur parfum semble être de qualité, avec des produits naturels et créé par des experts de la capitale mondiale du parfum, Grasse 3. Le packaging est simple et sympa. Le prix est bas et on peut trouver des réductions sur internet (en tant que client, je viens d'en recevoir, mais je ne sais pas si je peux les communiquer ici). Et l'essentiel : ça sent bon.

Alors si vous aussi, vous vous foutez pas mal de mettre une eau de toilette deux fois plus chère ; si vous aussi, vous aimez le concept pirate... pensez à faire un petit achat chez eux ! En plus, cela les aidera financièrement pour leur défense en justice.


Cet article fait de la publicité pour Pirate Parfum, mais je le fais en toute liberté, sans avoir rien reçu de leur part. Je suis un client satisfait de leur service et interpellé par ce qui leur arrive. En tant que pirate, j'avais envie de réagir suite au courrier qu'ils ont envoyé à leurs clients pour expliquer leur situation.


Photos:

Notes:

  1. Je vous rassure, je ne le savais pas avant d'acheter un parfum chez eux...
  2. En plus, il y a une petite tête de mort sur la bouteille de parfum pirate, Aaaaarrrrrrh !
  3. ...dont la simple évocation me rappelle toujours le Parfum de Süskind.

Encore une bonne raison de soutenir le revenu de base !

CC BY-SA by Camdiluv on Flickr (https://www.flickr.com/photos/camdiluv/4441155157/sizes/o/)

Après vous avoir parlé des raisons économiques qui poussent au revenu de base, et après en avoir balayé les mauvais arguments contre...voici un petit témoignage qui explique pourquoi il est sensé.


C'est l'histoire d'une famille tout ce qu'il y a de plus normal : M. et Mme Normal sont deux employés et ils ont deux enfants en bas âge. Le premier va à l'école. Le second va à la crèche. M. et Mme Normal sont bien chanceux : ils ont de 24 à 32 jours de congés par an. C'est plus que le minimum légal (20) et plus que beaucoup d'indépendants.

On est presque en juillet, tout va bien. Il fait beau. Et M.et Mme Normal ont réussi un improbable casse-tête : caser l'ainé (3 ans) tous les jours de juillet. Bon, ils passeront le mois sur les routes à le conduire à droite et à gauche. Mais il faut ce qu'il faut. Et puis M. et Mme Normal sont bien chanceux. Ils ont un emploi, eux.

Ce problème ne se pose pas pour le petit, tout va bien : la crèche n'est fermée que deux semaines durant les mois d'été. Ouf, les vacances sont organisées sans consommer tous les jours de congé de M. et Mme Normal. Ben oui, il faut bien en garder pour les vacances de Toussaint, de Noël, de Carnaval, de Pâques. Et puis pour les congés pédagogiques. Et les ponts. M. et Mme Normal sont bien chanceux. Tout est organisé et bien compté.

Même lorsque le petit attrape une varicelle, tout va bien. Il ne peut plus aller à la crèche pendant deux semaines, mais il existe un service de garde-malades. Bon, ça coûte plus cher, mais il faut ce qu'il faut. M. et Mme Normal sont bien chanceux : ils peuvent se le permettre.

Ils auraient préféré garder l'enfant malade eux-mêmes, mais ce n'est pas possible. Le premier jour, ils peuvent prendre un congé social (non-payé) car c'est un cas de force majeure. Mais le lendemain, il faut aller travailler. Il faut ce qu'il faut. M. et Mme Normal sont bien chanceux. Le système a tout prévu pour eux : ils peuvent travailler.

M. et Mme Normal ont décidément beaucoup de chance. Vraiment beaucoup de chance. La semaine prochaine, l'aîné sera à la maison, gardé par une baby-sitter. Le petit sera à la maison, gardé par une garde malade de la crèche. La première ne sait pas garder les deux enfants (elle est trop jeune). La seconde ne peut pas garder un autre enfant que celui qui est malade (elle n'est pas payée pour ça). Mais M. et Mme Normal sont bien chanceux : ils pourront aller travailler pendant que deux personnes payées s'occupent de leurs deux enfants.


Ceci est une fiction, mais vachement inspiré de faits réels. Elle montre que les "chanceux" de notre société sont ceux qui peuvent (doivent ?) toujours aller travailler. Même s'ils ne sont pas indispensables au travail pendant deux semaines. Même si cela amène des situations absurdes. Mais il faut ce qu'il faut...

Mais en quoi la situation changerait avec un revenu de base ?

Primo, je pense que les employeurs n'offriraient plus de travail. Ils en chercheraient. Et ce sont les travailleurs qui offriraient leurs services. Après tout, n'évoluons-nous pas vers une économie d'abondance ? Ceci établirait un rapport de force plus équitable entre employeurs et travailleurs. Et favoriserait l'équilibre travail-vie privée des travailleurs. Je pense que nous aurions plus facilement des congés sociaux (comme ils s'appellent maintenant) pour répondre aux besoins (entre autres familiaux) des humains que sont les employés. Et surtout, prendre ces congés non-payés ne constituerait plus un handicap pour les familles moins favorisées puisqu'elles seraient assurées d'un revenu de base.

Secundo, je pense que les gens se rendraient compte qu'ils travaillent pour vivre et non l'inverse. Le revenu de base permettrait de libérer les gens de ce carcan "il faut un emploi (travail rémunéré) pour exister". Et s'occuper d'un enfant malade deviendrait aussi un travail respecté, qui a du sens.

Et tout cela sans imposer quoi que ce soit à qui que ce soit. Ceux qui sont indispensables à leur travail (ou croient l'être) peuvent toujours aller travailler et payer des gens pour s'occuper de leurs enfants malades. Simplement, avec un revenu de base, j'aimerais qu'on ne les appelle plus "chanceux".


Photos

La politique est une guerre

1134px-Nuclear_artillery_test_Grable_Event_-_Part_of_Operation_Upshot-KnotholePetite réaction rapide, suite à la lecture d'un article du Vif 1.

Pour remettre dans le contexte: c'est un article qui traite de la position du MR vis-à-vis de la N-VA dans le cadre des négociations pour former un gouvernement fédéral. On y parle de la position de Charles Michel comparée à celle de son père, de la rupture avec le FDF et, bien sûr, on y donne les avis des ténors du MR : faut-il ou ne faut-il pas s'allier à la N-VA pour aller au fédéral ?

V'là-t-y-pas que je tombe sur ce paragraphe : "Certains pensent que les circonstances imposent au MR d'aller partout dans l'opposition, pour y mener une guérilla d'enfer contre le PS, avec l'espoir de lui ravir, à terme, le titre de premier parti francophone. “Pour le moment, les socialistes mènent 31-27, mais si on les canarde pendant 5 ans, au prochain scrutin, ce sera 27-31 pour nous“ entend-on dans les rangs réformateurs."

À nouveau, je suis étonné. Étonné qu'on puisse dire cela. Étonné qu'on l'écrive et qu'on le répète. Étonné qu'un homme politique puisse affimer que son but (et même le but du parti, d'après lui) n'est pas de gérer la chose publique pour le bien de tous. Pas non plus de mener une opposition constructive. Encore moins de s'améliorer pour convaincre encore plus d'électeurs que son projet est le bon. Non, le seul but est de pilonner l'adversaire. Dire du mal, peu importe ce qu'ils font : de toute façon, ce sera mauvais. Dans l'espoir de prendre le pouvoir. N'oublions pas cela, le pouvoir !

Je suis étonné que ça ne fasse pas scandale. C'est dire à quel point nous sommes résignés.

Alors bien sûr, on aura beau jeu de dire que je fais rien qu'à dire des méchancetés sur les hommes politiques ; que je suis plein de haine envers eux ; que je tire une phrase de son contexte ; que je caricature ; etc.

En attendant, j'espère que vous aussi, en prenant un peu de recul, ça vous pose question.

"Tuer l'ennemi parce que c'est la guerre, en oubliant pourquoi c'est la guerre". Avec un esprit étroit, aucun esprit critique et beaucoup d'obscurantisme, on pourrait adhérer à ce genre de phrase.

Au XXIe siècle, je pensais (j'espérais) que c'était le reflet d'une autre époque. Me suis-je trompé ?


Photo:

  • Tir d'artillerie nucléaire, domaine publique par le gouvernement fédéral des USA on wikimedia

Notes:

  1. Le Vif n°25, 20 juin 2014, p.23

Cinq bonnes raisons de bloquer la pub sur internet

Dans mon entourage informatico-social (comprenez : sur les réseaux sociaux), la majorité des gens n'aiment pas la pub et conseillent à tous les utilisateurs de bloquer la pub.

Par contre, dans mon entourage "social" (comprenez : sans écran interposé)... pas plus tard que samedi, lors d'un barbec' entre amis, j'ai entendu dire "moi, quand je veux télécharger une série, je dois toujours aller naviguer entre des pubs pour du porno, ça m'embête" 1.

Ma réaction fut naturellement de dire : "Moi je ne vois jamais aucune pub sur les sites où je vais... tu n'utilises pas de bloqueur de pub ?" Et je fus surpris de constater que cette demi-douzaine d'universitaires n'en avait jamais entendu parler.

NY Time Square: CC BY 3.0 by Jean-Christophe Benoist on Wiki­me­dia (http://commons.wikimedia.org/wiki/File:NYC_-_Time_Square_-_From_upperstairs.jpg)Alors si tout a déjà été écrit sur les bloqueurs de pubs en long, en large et en travers — entre autres par Ploum (avec une foule d'article sur le sujet), Alias (ici ou ici) ou Le hollandais volant (ici ou ici) — je me suis dit que j'allais en écrire un de plus. Juste histoire de faire passer le message encore une fois, en espérant que mes connaissances liront plus facilement mon blog qu'un lien, écrit par d'autres, que je partage sur les réseaux sociaux.

Alors ami lecteur, si tu veux savoir comment bloquer la pub, va directement en bas de cet article. Mais je décide d'expliquer d'abord pourquoi le faire, en cinq bonnes raisons.

Raison n°1 : parce que je suis égoïste

Les pubs, c'est moche et ça prend de la place sur mon écran. Je n'ai pas envie de les voir. C'est déjà une excellente raison, qui suffit à la plupart des gens.

Raison n°2 : parce que je suis prudent

Les publicités sont dangereuses. Je ne vous fais plus un dessin : elles sont là pour nous faire acheter des choses inutiles, avec de l'argent qu'on n'a pas, pour impressionner des gens qu'on n'aime pas. Ça, c'est pour le côté "je m'émancipe de la société de consommation".

Mais plus directement, les publicités sur lesquelles vous cliquez sont aujourd'hui un des meilleurs moyens pour les annonceurs (comme Google) de créer un profil de vous-même et ainsi vous proposer des pubs encore plus ciblées, auxquelles vous résisterez encore moins. Question respect de la vie privée : zéro pointé.

Raison n°3 : parce que je crois à l'offre et à la demande

L'offre et la demande, c'est bien. Mais quand c'est le citoyen qui définit la demande, plutôt que les sociétés qui définissent l'offre, c'est mieux. Faites entendre votre voix de citoyen, dites que vous préférez les sites sans pubs et poussez-les à changer de moyens de gagner de l'argent.

Après tout, pour un site qui affiche des pubs, vous n'êtes pas l'offre ni la demande. Vous êtes le produit.

Raison n°4 : parce que j'aime la liberté

Votre ordinateur et votre écran sont chez vous. Vous les avez payés ; ils sont à vous. La moindre des choses est que vous l'utilisiez comme bon vous semble. Et de même que vous pouvez filtrer votre boite aux lettres (postale) avec un autocollant "pub, non, merci", vous avez le droit de filtrer la pub sur internet. De même que vous avez le droit de mettre un carton devant l'écran de la télé pendant les pubs. Et vous accepteriez que RTL ou TF1 viennent vous dire que c'est interdit ? Ou qu'ils viennent vous menacer en disant "si vous ne retirez pas ce carton pendant les pubs, je ne passe plus vos séries préférées" ?

Sur internet, c'est pareil. Ne vous laissez pas faire par les sites qui vous demandent de regarder leurs pubs. S'ils le font, c'est que leur métier n'est pas de vous fournir une information ou un service : leur métier, c'est la pub. D'ailleurs Doodle le dit lui-même : "la publicité, c'est notre métier 2 !"

Copie d'une partie d'écran du site doodle lorsqu'on utilise un bloqueur de pub.

Copie d'une partie d'écran du site doodle lorsqu'on utilise un bloqueur de pub.

Raison n°5 : parce que je souhaite aider les créateurs de contenus

La pub n'aide pas les sites gratuits à vivre. Elle bénéficie majoritairement aux annonceurs et aux régies publicitaires (sinon elles ne le feraient pas). Vous n'aidez pas un site en acceptant la pub ; vous aidez Google.

Si vous voulez aider un site que vous aimez bien, payez-le en direct. Les moyens sont nombreux : bitcoin, flattr, virement bancaire, ...

Et enfin, comme faire ?

C'est techniquement très simple : il suffit d'ajouter AdBlockPlus comme extension de votre navigateur préféré. Cliquez ici et le site vous proposera de télécharger le fichier adéquat, que vous soyez sur Firefox, Chrome, Internet Explorer, Opera, Safari et même Android.

Puis suivez les instructions et installez l'extension. C'est gratuit. Simple. Et ça vous changera le web !


Photos :

 

Notes:

  1. Ma première remarque fut : "tiens, c'est très pirate, ça" à cette assemblée de malandrins qui se moque gentiment de mon implication chez les Pirates. Moi-même, je ne télécharge pas (je n'ai pas le temps de regarder, de toute façon) mais cela confirme qu'en fait, tout le monde le fait.
  2. Alors pour une même fonctionnalité, préférez les sites qui le font pour vous rendre service -- comme Framadate --, plutôt que pour la pub.

Les autres résultats de la mère de toutes les élections

Ah ben oui, moi aussi, je vais faire ma petite analyse sur les résultats des élections... Comme tout le monde ! C'est à la mode ! Mais je vais essayer de faire un travail original en relisant les élections, pas tant sur le plan des résultats que sur ce qu'on pourrait avoir si on adaptait notre système électoral. Comment aurait-on pu voter différemment ?

Urnes de votesJe vous ai déjà chauffé les oreilles avec ce genre d'analyse à l'occasion des communales de 2012 (ici et ici), mais ça vaut la peine d'en refaire une. Vous verrez que les résultats sont surprenants.

Note : Pour ne pas trop embrouiller les choses, je me contente d'analyser les résultats des élections législatives (fédérales) sur base des chiffres du ministère.

Abstentions, vote blancs et nuls

Ce n'est généralement pas le premier élément qui ressort des analyses électorales et pourtant, cela me semble la base pour avoir une vue d'ensemble : savoir qui a voté. Combien de personnes ? Combien de votes ? En Belgique, le ministère de l'intérieur met à notre disposition le nombre d'électeurs inscrits, le nombre de votes valables et le nombre de votes non-valables. L'abstention n'est pas donnée sur le site officiel, puisque le vote est obligatoire (heureusement, c'est facile à calculer). Les votes blancs ne sont pas comptés autrement que mélangés avec les votes nuls.

Le tableau ci-dessous reprend le nombre d'inscrits, de votes valides, d'abstentions et de votes blancs ou nuls (mélangés).

Élections 2014 : voix

On n'en parle quasiment pas dans les journaux, mais ce tableau montre que 15,7% des Belges n'ont pas voté. C'est-à-dire plus que les gens qui ont voté PS (11.67%) ou CD&V (11.61%). Ou plus que les gens qui ont voté Écolo, Groen et cdH réunis (13.6%). Certes, pour la majorité de ces gens, c'est délibéré... mais parce que le système ne leur convient pas ! N'y a-t-il pas là de quoi se poser des questions ?

Bon, il y en a aussi certains qui sont justes cons et ne savent pas remplir un bulletin et parmi eux, beaucoup d'électeurs de Debout les Belges 🙂

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Circonscription unique

Évidemment, me dira-t-on, le taux d'abstention ne monte pas aussi haut que les scores du PS au sein d'une même circonscription électorale. C'est vrai, j'ai pris les chiffres bruts de décoffrage, tels que donnés par le ministère pour le royaume entier. J'ai fait comme si on avait une circonscription unique (en utilisant la même méthode d'attribution des sièges : la méthode d'Hondt).

Mais tiens, au fait, ça donnerait quoi, la circonscription unique, puisqu'on en parle tellement ? Après tout, cela pourrait sembler logique : une élection se gagne à la proportion des voix obtenues... J'ai fait l'exercice pour vous. Le tableau ci-dessous donne le pourcentage des voix, puis nombre de sièges dans les deux cas.

MDTLE_CUQuelques réflexions que cela m'inspire :

  • Le nombre de sièges francophones diminuerait au profit des flamands. Les équilibres durement négociés de réforme en réforme entre flamands et francophones expliquent sans doute cela.
  • Le PS et le MR en feraient principalement les frais, sans gains exceptionnels pour les grands partis flamands.
  • Vous avez vu la différence entre Ecolo et Groen ? Respectivement 3,3% des électeurs et 5,32%... Et pourtant, le même nombre de sièges ! En circonscription unique, ils auraient 5 et 8 sièges au lieu de 6 et 6.
  • Les petits partis seraient plus nombreux ou plus forts : ce serait tout bénef pour le Vlaams Belang, le PTB-Go!, le PP, PVDA+ et Debout les Belges.

Bref, vu que ça nuit aux "grands" francophones, sans tellement aider les "grands" flamands, tout en faisant apparaître des petits extrémistes, on n'est pas prêt de voir apparaître la circonscription unique, moi j'vous le dis !

Peut-on envisager autre chose ?

Pour en revenir aux votes blancs, quelque chose me chiffonne. Comment, dans un pays où le vote est obligatoire, atteint-on des chiffres pareils ? Comment se fait-il que, obligés de voter, nous n'ayons pas la possibilité de dire "non, aucun de ceux-là" et d'être entendus 1 ?

[pullquote]Exprimer un vote pour Chuck Norris ou Anderlecht est aussi une manière d'afficher son mépris à la classe politique en place.[/pullquote]Parce que oui, concrètement, les abstentions, votes blancs et nuls, c'est surtout ça : "foutez-moi la paix avec vos élections, vous ne voyez pas que vous m'emmerdez ? Je n'adhère pas à votre système." À part quelques fainéants qui ne veulent pas se lever pour aller voter, ou quelques idiots qui ne sont pas capables de compléter un bulletin de vote (voir les photos ci-dessus), je pense qu'il s'agit surtout de gens à qui le système politique ne correspond pas/plus. C'est aussi un choix de ne pas voter. Exprimer un vote pour Chuck Norris ou Anderlecht (voir les photos plus haut) est aussi une manière d'afficher son mépris à la classe politique en place.

En le premier qui dit "si aucun de ceux-là ne vous convient, vous n'avez qu'à vous présenter" est prié de se mettre une bonne claque dans la figure de ma part. Parce que

  1. ce n'est pas parce qu'on n'aime pas les candidats qu'on a le temps, l'envie ou les moyens de se présenter ;
  2. on peut aussi vouloir ne pas voter contre le système électoral/politique, plutôt que contre les candidats (on peut haïr le principe de parti, sans pour autant détester les humains qui font de la politique) ;
  3. contrairement à ce qu'on croit, il n'est pas facile du tout de se présenter aux élections : c'est un chemin semé d'embûches ou tout est fait pour vous décourager. Et a fortiori, il y a peu de chances de pouvoir se présenter à tous les niveaux de pouvoirs. Il y a donc toujours un niveau où on peut ne pas vouloir voter.

Il y a donc de très bonnes raisons pour pouvoir dire "non, aucun de ceux-là" !

Proposition : une liste blanche

L'idée n'est pas neuve, mais nous pourrions créer une "liste blanche" regroupant tous les gens dont l'expression électorale n'est pas prise en compte aujourd'hui. Je l'avais déjà proposé ici et Ploum l'avait développé . Abstentions, vote blancs et nuls (qui sont souvent des votes blancs avec un message en plus) seraient comptés et, mieux, pris en compte dans l'élection. Peu de pays comptent les votes blancs et aucun ne les prends réellement en compte dans le calcul des sièges 2. Ça, ce serait une première mondiale !

Cette liste aurait donc des élus fictifs le temps du comptage. Puis, une fois les sièges attribués à la "liste blanche", au lieu de les laisser vides, on les donnerait à des citoyens tirés au sort parmi la population : les élus citoyens. Beaucoup de gens sont assez rétifs à l'idée ("laisser faire le hasard, mais quelle idée !"), mais je vous rappelle que c'est un concept ancien (depuis la Grèce antique). C'est appliqué à différents endroits du monde (voyez l'entrée "stochocratie" sur Wikipédia). Et aujourd'hui, en Belgique, on fait déjà confiance à un jury populaire tiré au sort pour les procès d'assise (qui portent quand même des sujets très graves). Alors pourquoi pas pour de la politique ?

Quels en seraient les inconvénients ?

  • Les inconvénients d'une stochocratie pure (le peuple ne peut sanctionner l'élu en ne le réélisant pas, etc.) sont ici écartés puisqu'on est toujours dans un parlement dont la majorité des membres sont encore choisis par les électeurs.
  • Le risque de tirer au sort le pédophile-nazi de service existe. Mais il est faible. Sur le sujet, Vincent de Coorebyter (politologue à l'ULB et président du CRISP) affirme lui-même : "Il faudrait un hasard formidable pour que le sort compose une assemblée faite uniquement de fascistes et d'imbécile 3". Et puis s'il y en a un, je trouve qu'il a le droit à la parole. Comme disait l'autre, "la liberté de parole, c'est aussi pour les cons car j'aime savoir qui sont les cons autour de moi".
  • L'incompétence des citoyens élus ? S'ils sont capables d'être des jurés pour une cour d'assise, je ne vois pas pourquoi ils ne peuvent pas donner leur avis sur des lois. Et il suffit de lire le rapport final du G1000 pour comprendre que c'est faisable. Et, pour rappel, notre système actuel n'empêche pas non plus d'élire des incompétents (j'en vois déjà l'un ou l'autre qui sourient en imaginant la liste des incompétents).

Bien sûr, il faudrait mettre en place quelques règles simples comme :

  • L'élu citoyen peut refuser d'être tiré au sort. S'il accepte le mandat, il bénéficie des mêmes droits (de parole, de rémunération) et devoirs (de réserve, de participation) que les autres députés, à l'exception des règles ci-dessous.
  • L'élu citoyen doit rester formellement indépendant de tous les partis durant la législature. Il ne peut pas quitter la "liste blanche". Bien sûr, il est libre de suivre un parti dans ses idées et de voter comme il l'entend.
  • L'élu citoyen n'a pas le droit de s'associer aux autres partis pour créer une alliance ou une majorité et n'a, de ce fait, pas la possibilité d'exercer une fonction exécutive. Il doit se cantonner aux fonctions législatives et de contrôle du gouvernement.
  • Un service de soutien et d'accompagnement à ces élus citoyens devrait être mis en place pour les aider, dans la mesure où ce n'est pas leur métier. Les assistants parlementaires normalement attribués aux élus rempliraient très bien cette fonction, une fois formés pour cela.

Mais les avantages d'un tel système seraient nombreux :

  • Nous aurions enfin un peu de représentativité citoyenne au sein du parlement (je ne m'étends pas sur tous les bénéfices de cette représentativité : je vous invite à vous informer sur le G1000).
  • Cela coûterait moins cher que d'autres solutions proposant une participation citoyenne, puisqu'il ne s'agit pas d'inventer un nouvel organe, un sénat citoyen, un référundum, ou autre. Quand les électeurs le veulent, on paye des citoyens plutôt que des politiciens professionnels. C'est tout.
  • Ce système est facile à mettre en place pour les mêmes raisons : pas de création complexe. Juste une adaptation de la situation et plein de nouvelles possibilités.
  • Cela coûterait moins cher que la situation actuelle car aujourd'hui, en plus de la rémunération des élus, l'état finance les partis à la mesure du nombre d'élus. Ce financement ne serait plus nécessaire car la liste blanche n'est pas un parti et n'a pas besoin de donation.
  • Les élus qui sont rétifs à tout tirage au sort peuvent l'éviter en faisant bien leur boulot, ce qui encouragera les gens à voter "traditionnel" et diminuera le nombre d'élus citoyens sur la liste blanche. Ça dépend donc d'eux : s'ils sont aussi bons qu'ils le disent, ils ne perdront rien ! 🙂
  • Un système pareil est intellectuellement facile à défendre : donner une liberté au citoyen qui ne souhaite pas soutenir de candidats imposés me parait indispensable, dans la mesure où on l'oblige à donner son avis.

Si nous avions eu cette liste blanche ce 25 mai...

Appliquer cette liste blanche aux résultats des dernières élections est intéressant : y a-t-il une vraie demande ? Quel en serait l'impact ?

Le tableau ci-dessous reprend les informations du tableau précédent, ainsi que deux nouvelles colonnes donnant les résultats en proportion et en siège d'une élection où les abstentions, les votes blancs et les votes nuls sont groupés dans une liste électorale fictive "blanche".

MDTLE_résultats2La distorsion entre partis étant surtout due à la circonscription unique 4 (voir la discussion à ce sujet plus haut), l'intéressant ici est l'importance du parti "blanc". S'ils étaient comptés, les abstentions, votes nuls et blancs auraient 25 sièges au parlement ! Exactement un sixième des sièges. Ils formeraient le deuxième "parti" du pays, juste derrière la N-VA (27 sièges) et loin devant le PS (15 sièges) !

Autrement dit, si nous prenons en compte l'expression de tous les citoyens -- ce qui parait normal vu qu'on est obligé de voter -- 25 sièges devraient revenir à des élus qui ne sont pas sur les listes !

On peut encore pousser l'exercice plus loin. Imaginons que nous créions une "liste des sans voix" qui regroupe non-seulement les abstentions, votes nuls et votes blancs, mais aussi toutes les voix données à des partis qui n'ont pas gagné de siège. Bref, on rassemble sur une liste tous les gens qui, in fine, ne sont pas représentés au parlement... Dans ce cas-là, on obtient même une liste qui monte à 18.25% (toujours en circonscription unique) et devient majoritaire à 28 sièges devant la N-VA (26 sièges). Fou, non ? L'hypothèse de "liste des sans voix" me parait philosophiquement peu défendable et pratiquement peu faisable (contrairement à la proposition d'une "liste blanche") mais procure l'avantage de mettre en lumière le constat suivant : les gens qui ne sont pas représentés au parlement, dans notre pays où le vote est obligatoire, constitue de loin le groupe d'électeurs le plus important !

Ne devrait-on pas les écouter, ces électeurs ? Que pensez-vous de la proposition de la liste blanche ? Ne serait-ce pas quelque chose à proposer à nos élus ?


Photos:

Notes:

  1. Apparemment, il existe certains pays d'Amérique Latine qui comptent les votes blancs. Mais de ce que j'ai pu lire, la Belgique et le Luxembourg semblent les seuls pays au monde où on est obligés de voter et où on ne laisse pas la possibilité de s'exprimer par un vote blanc.
  2. À part le Pérou où 2/3 de votes blancs obligent à recommencer l'élection.
  3. Le Vif n°21 du 23 mai 2014, p.37
  4. J'ai gardé l'hypothèse de circonscription unique pour tester les résultats avec cette liste blanche. Autrement, ça menait à trop de calculs et je suis fainéant.

De l'indigence de l'offre électorale en Brabant wallon

http://www.flickr.com/photos/97657657@N00/1918688483/Les Pirates se présentant aux régionales ce 25 mai, je pense donc savoir pour qui voter à ce niveau de pouvoir-là. Malheureusement, les Pirates ne seront pas représentés sur les listes aux échelons fédéral et européen. Dommage. Mais du coup, l'importance de bien s'informer sur les partis qui se présentent est d'autant plus grande, selon moi (après tout, "informez-vous" est un de nos slogans...).

Alors à la suite d'un article précédent (les conseils non-partisans pour bien voter), je vous propose de vous informer sur les autres partis en lice dans le Brabant Wallon. La plupart sont également concurrents des Pirates aux élections régionales.

Alors qu'en est-il ? Pour qui voter aux autres niveaux de pouvoir ? Enquête.

Pour un parti traditionnel ?

Je ne m'attarderai pas beaucoup sur ces partis-là. Après tout, ils sont connus (j'y inclus le FDF). Suite au coup de gueule que je leur ai adressé récemment, je ne souhaite pas spécialement les soutenir (mais aurai-je le choix ?).

Je mentionnerai cependant la difficulté de rencontrer les candidats de manière directe. Si on trouve parfois des dates de rencontre imprimées sur leurs tracts, force est de constater qu'il n'y en a pas 36 non plus. Et s'il y en a, il arrive que le tract que vous lisez en rentrant du boulot vous annonce une réunion... dans une heure, voire pour hier (véridique). Point de vue organisation, ça devient difficile.

Bref, exercer son esprit critique et s'informer en rencontrant les candidats n'est pas quelque chose de facile. Mais je ne désespère pas d'y arriver !

Pour un petit parti ?

Il est vrai que les petits partis font les choux gras des journaux. "Ils ont déjà gagné les élections" titrait Le Soir, en référence au fait qu'ils n'ont jamais été si nombreux et qu'ils constituent une inconnue de poids dans l'équation électorale.

Alors qui sont-ils ? En bon Pirate, j'ai pris mon clavier de pèlerin pour aller débusquer les petits partis qui se présentent en Brabant wallon.

Première réflexion : à exactement 20 jours des élections (5 mai), sur le site officiel, l'information n'est pas disponible (elle l'est désormais). On ne connait pas encore les listes car que le calendrier électoral (défini par la loi) annonce que les listes seront officielles au 8 novembre 1. Bravo.

J'ai malgré tout trouvé une liste temporaire sur L'avenir.net. C'est déjà ça. Le journalisme n'est pas encore mort. Alors, par ordre alphabétique des petits partis, nous avons :

  • BUB (Belgische Unie - Union Belge) : le seul parti explicitement pro-Belgique (pas le seul parti national ; les pirates aussi ont une seule structure). Je n'ai pas trouvé de notions extrémistes sur leur site. J'ai toujours un peu de mal avec un parti qui se fonde sur une seule idée. Mais dans la mesure où ce n'est pas l'idée en vogue actuellement, cela peut être utile de s'organiser en parti pour la défendre. Si je suis du genre cosmopolite, tolérant, presque bilingue et pour une rencontre entre les cultures, je ne sais pas encore dire si ce projet unitaire (de retour en arrière) est compatible avec mon idée du futur de la Belgique.
  • Debout les Belges : le parti de Laurent Louis (et quand on définit un parti par une personne, c'est déjà mal parti), le député le plus comique de l'histoire belge. On ne sait pas ce qu'il propose, puisque son programme, qui a l'air plutôt censé à la lecture (si, si), va à l'encontre de ce qu'il a montré durant son mandat de député. À savoir plutôt le sensationnalisme, l'irrespect voire l'injure. Et va également à l'encontre de ce qui est affiché ailleurs sur le site : un article ou Laurent LOUIS s'affiche avec Dieudonné ou un article qui explique qu'il faut retourner au franc belge.
  • La Droite : un parti qui se veut de la droite décomplexée. On y trouve facilement des recettes connues pour résoudre tous les problèmes. En deux clics, on tombe sur plus de sécurité, moins de musulmans. Facile. Il est toujours marrant de voir comme les partis extrémistes ont souvent une attention particulière pour les droits des animaux... quand il s'agit d'interdire des pratiques religieuses. Bref, pas pour moi.
  • MG (Mouvement de Gauche) : Voir PTB-Go. Je ne vois pas de différence, si ce n'est peut-être les personnalités en présence
  • MOVE : sous des allures de site web des années 2000, MOVE (Mouvement et Organisation pour Vivre Ensemble) porte un message manifestement très démocratique et ouvert, jusqu'à ce qu'en deux clics, on arrive à des messages tels que "Il ne peut y avoir de zone de non-droit en Belgique" ; "Il est impératif d'avoir une armée professionnelle, bien entrainée et équipée de matériel moderne" ; "pour un véritable statut juridique de l'animal dans le code civil reconnaissant sa nature d'être vivant et sensible, et non plus considéré comme bien meuble" (encore le droit des animaux !) ; "La naturalisation n'est pas un droit mais une faveur et un honneur" et à propos de la police : "redonnons-lui son rôle militaire, y compris dans la sélection". Autant de phrase qui sonnent doux aux oreilles des extrémistes. Ce qui me dit que je ne voterai pas pour eux non plus.
  • Nation : qui, sur la page "1ère visite", invite le lecteur à ne pas croire qu'ils sont nazis et violents, skinheads, délinquants ou minoritaires. Bon début. Mais ils se revendiquent quand même nationalistes et identitaires. Je vous fais un dessin ? Suivant.
  • NWA (Nouvelle Wallonie Alternative) : Première page, premier article : "les méfaits de l'immigration". Deux vignettes : "l'ami des animaux" (décidément, c'est mignon comme ils adorent les animaux) et "non à l'entrée de la Turquie dans l'UE". Et puis, dans l'introduction de leur manifeste, au paragraphe "Alliance des populistes et nationalistes", ils n'ont même pas pris la peine de changer "Front National" en "NWA". Consternant. Suivant.
  • RWF (Rassemblement Wallonie France) : Mouais. Juste l'opposé de BUB, en fait. Aussi basé sur une seule idée. Mais j'ai nettement mois d'affinité avec cette idée de rattachement à la France, qui, d'après moi va à l'encontre de l'avenir (et c'est un euphémisme).
  • Pirate : que je ne présente plus... Parcourez ce site pour en savoir plus, ou l'article "à l'abordage des élections !".
  • PTB-Go : Ils jouissent d'une couverture médiatique suffisante pour que je ne les présente pas. Selon moi, ils proposent de résoudre des problèmes avec des solutions qui ne sortent pas du cadre habituel, juste plus radicales. Tellement XXe siècle. Et réactionnaire.
  • PP (Parti Populaire) : l'équivalent du PTB-Go, de l'autre côté de l'axe politique droite-gauche (qui ne signifie plus rien, d'après moi). Même commentaire.
  • Stand-up USE (Stand Up for the United States of Europe) : un parti pro-européen qui veut repenser l'Europe en profondeur pour la rendre plus utile, plus efficace, plus démocratique. J'y vois beaucoup de bonnes idées et aussi beaucoup d'intellectualisation (la part belle est donnée à l'histoire et à l'explication de ce qu'est ou devrait être l'Europe ; c'est écrit par des journalistes et des chercheurs en politique). Ce dernier point me laisse penser que ce sont des gens intelligents. Je n'ai pas vu de propos racistes, ni "nationaliste européen". À première vue des gens recommandables. Une déception : peu d'accroche internationale avec d'autres mouvements dans d'autres pays pour promouvoir cette vision (si ce n'est un accord timidement affiché avec le la section belge du European Federalist Party).
    Après avoir entendu la tête de liste à la radio, mon sentiment se confirme qu'il s'agit de bonnes idées. Ils ont aussi l'avantage revendiqué, comme chez les Pirates, d'être un mouvement et non pas un parti, ce qui leur permet de critiquer constructivement la politique sans rentrer dans le jeu électoraliste. Ça permet de prendre du recul et de faire des propositions bien plus censées 2.
  • VEGA : sur les listes européennes uniquement, VEGA est un peu comme le PTB-Go. Mais à lire un peu plus ce qu'ils proposent, je me dois de reconnaitre que plusieurs points m'ont fait plaisir : renforcement des protections juridiques des lanceurs d'alertes ; refus des accords transatlantiques (tels qu'ACTA) ou le projet d'une vraie Europe. Puis, on y retrouve aussi les habituels dogmes verts-rouges que j'apprécie moins (parce qu'ils sont dogmatiques, pas forcément pour leurs contenus). Si ce n'est les points cités, je tendrais à les classer comme le PTB-Go!.
  • VLC (Valeurs Libérales Citoyennes) : j'ai d'abord pensé au lecteur multimédia VideoLan, mais non, c'est bien un parti. Et qui se présente genre bon chic bon genre. Leurs premières idées ont l'air sensées, quoiqu'un peu populistes. Puis survient rapidement l'image "L'islam, un défi pour la démocratie". Et, quelques clics plus tard, dans le programme : "Islam et insécurité", "Protection animale" (où, cette fois, le halal est clairement identifié comme la cible de ce point), "Fin des discriminations anti-belges". Pour le reste, du classique : moins d'impôts, plus de bouclier social, plus de démocratie, plus de sécurité. Beaucoup de populisme et de racisme. Pas de fond. Et on ne voit que le président. Personne d'autre. Pas pour moi, donc.

Conclusion

Elle est dure la conclusion. Soit les partis habituels, soit... peu de choix. Si on écarte les partis non recommandables ou qui sont basés sur des dogmes que je rejette, il reste BUB (au fédéral uniquement) ou Stand UP USE (à l'Europe uniquement). Ces deux partis portent des projets clairs qui ne heurtent pas mes convictions fondamentales (pas extrémistes, racistes, réactionnaire, dépassé, etc.).

Si Stand-Up for United States of Europe me plait et me parle (même si je ne suis pas en ligne avec tout ce qui est dit), BUB ne me convainc que très peu. Et puis BUB ne parle pas de participation citoyenne ou de liberté de l'information...

Toutefois, mention particulière à VEGA que j'aurais eu tendance à éliminer d'emblée pour son côté gauchiste extrême. C'est un parti qui est incompatible avec certaines de mes convictions, mais certains points, par contre, sont très bien, comme je l'ai mentionné.

Enfin, un autre point : qu'est-ce qu'il y a comme parti d'extrême droite ! C'est fou, ça ! Moi, j'en étais resté à l'idée qu'il y a eu, un jour, le FN en Belgique et qu'il n'existait plus qu'à travers une ou deux factions qui vivotaient. Mais non : cinq partis différents (6, si on compte le Parti Populaire) ! C'est beaucoup trop.

Alors, voter pour un petit parti ou un parti traditionnel qui ne sera pas dans la majorité (pourquoi ? voyez la règle numéro 3 de mon autre article) ? Je ne vais pas répondre pour vous ! (mais aux régionales... Pirate, hein ! 🙂 )

En tout cas, n'oubliez pas de voter pour des idées, pas pour un visage ni pour un parti.


Photos

Notes:

  1. Note : le 8 novembre, l'ensemble des circonscriptions étaient disponibles, mais pas le BW.
  2. Rappelez-moi que je dois développer cela dans un futur article.

À l'abordage des élections !

keep-calm-and-vote-pirate-12-bÇa y est, c'est officiel, pour la "mère de toutes les élections", ce 25 mai, les Pirates se présenteront aux citoyens sur des listes ! Naturellement, comme nous ne sommes pas connus et ne pouvons donc pas compter sur l'appui de la presse, vous vous posez certainement quelques questions bien légitimes :

  1. Qui sont les Pirates ? Sont-ils compatibles avec mes valeurs ?
  2. Pourquoi voter Pirate ?
  3. Où puis-je voter Pirate ?

Les réponses sont vastes, mais cette page veut vous proposer quelques pistes de réponses, pour vous aider à vous retrouver dans la jungle d'information. Surtout ne vous contentez pas de ceci ! Informez-vous aussi sur d'autres sites !

Qui sont les Pirates ? Sont-ils compatibles avec mes valeurs ?

Réponse facile : si les mots démocratie, vie privée, liberté, transparence, solidarité, cosmopolitisme, écologisme, créativité et partage du savoir sont des concepts qui vous parlent, oui, notre projet est compatible avec vos valeurs, puisque ce sont également les nôtres. Plus d'infos sur la page des valeurs du Parti Pirate.

Une réponse un peu plus complète serait de vous donner ma propre définition des pirates : « un mou­ve­ment international de citoyens qui veulent s’engager pour que la poli­tique intègre les chan­ge­ments radi­caux que vit notre société ». Comment ? Pourquoi ? Ceux qui ont envie d'aborder le sujet en profondeur trouveront une explication dans le trio d'articles que j'ai écrits à ce sujet : le galion des pirates (qui sont les Pirates ?), les balises des pirates (comment fonctionnent-ils ?) et le phare des pirates (quels sont leurs objectifs).

Mais, en (très) résumé, nos objectifs sont les suivants 1 :

  1. Pro­tec­tion de la vie pri­vée : la liberté de chaque indi­vidu ne peut-être assu­rée que si l’état et les socié­tés pri­vées res­pectent sa vie pri­vée, y compris sur internet.
  2. Réforme de la pro­priété intel­lec­tuelle (ou pro­tec­tion­nisme intel­lec­tuel) : les pirates refusent le pro­tec­tion­nisme intel­lec­tuel, refusent les bre­vet sur le vivant et sur le logi­ciel car contre-productif.
  3. Fact-based poli­tics et déci­sion rai­son­née
  4. Rendre la culture libre et acces­sible
  5. Par­ti­ci­pa­tion citoyenne et liberté d’expression
  6. Trans­pa­rence des ins­ti­tu­tions publiques
  7. Légis­la­tion de qua­lité

Autres liens intéressant : une vidéo (extrait de l'émission controverse).

Pourquoi voter Pirate ?

Une fois rassuré sur le fait que nous ne sommes ni des bandits informatiques, ni des racistes, ni des extrémistes, peut-être vous poserez-vous la question : « Tiens, pourquoi je voterais pour eux plutôt que pour un autre parti ? »

Sachant que nous n'entrerons probablement pas dans une majorité et que nous n'aurons au mieux que peu d'élus, notre défi est donc d'infiltrer une "taupe" au Parlement. Une sorte d'espion qui pourra accéder à toute l'information et la transmettre à ses commanditaires : les citoyens. Libérons l'information politique et rendons-là accessible ! Cette idée est développée dans l'article "Une taupe au Parlement wallon".

N'hésitez pas à aussi consulter le programme des Pirates bruxellois. Et encore le programme européen, commun à tous les Pirates d'Europe. Cela vous donnera aussi une bonne idée de ce que nous proposons.

Quoiqu'il en soit, même si vous ne votez pas Pirate, nous vous encourageons à vous informer avant de voter. Voici quelques conseils non partisans pour vous y aider.

Cover-Blog-2014Où pouvez-vous voter Pirate ?

Réponse sur la carte ci-dessous !

Vote2505-CartePIRATE

 

Et donc, merci à vos nombreuses signatures qui nous ont permis de nous présenter !

À l'abordage !

Notes:

  1. Vous trouverez des exemples pour chacune de ces idées dans les articles mentionnés ci-dessus.