La retraite à 67 ans ? Moi je m'en fous !

Couple à la retraiteOui, le sujet a fait polémique ces derniers jours. Pas tellement dans la presse (quoique je ne la lis pas tant que ça), mais bien dans les conversations... Les gens en parlent, ils sont directement touchés : c'est de leur pension qu'il s'agit.

Évidemment, je comprends bien la mesure. Passer à 66 ans en 2025 et à 67 ans en 2030 permettra de mieux équilibrer l'équation simple qui fait fonctionner notre système de pension : plus de gens au travail = plus de gens qui payent pour la pension = possibilité de payer plus de gens à la pension. Et comme le nombre de gens à la pension augmente, il faut bien augmenter le nombre de gens qui travaillent... Logique, simple et évident. À condition qu'on ne regarde que cette équation simpliste.

En tout cas, cette nouvelle ne me fait ni chaud ni froid. Elle ne m'étonne pas provenant d'un gouvernement comme celui qu'on a (un peu comme si on s'étonnait de voir des socialistes promouvoir les allocations de chômage). Et puis elle correspond bien à la pensée majoritaire actuelle : l'économie et la croissance seules sont sources de bien-être (pour une autre vision, voyez ici). Bref, on pouvait quasiment s'y attendre.

Et du coup je m'en contrefous. Pourquoi ? C'est bien simple :

  1. D'ici à mes 67 ans, en 2048 1, cela aura encore changé au moins trois fois.
  2. Depuis quelques années déjà, je n'espère même plus avoir de pension. Je me dis que je devrai me débrouiller par moi-même.
  3. D'ici quelque temps, quand la révolution numérique aura fait sentir un peu plus ses effets, nous serons dans un monde où l'emploi sera différent. Un monde où les gens combineront des emplois alimentaires, des activités rentables issues de passion, des engagements volontaires et d'autres activités d'indépendant. Alors autant vous dire que la pension où l'on arrête tout du jour au lendemain pour faire du jardinage après 45 ans derrière un bureau, ce ne sera plus quelque chose d'évident.
  4. C'est une mesure qui va à contre-courant de la société : depuis toujours, l'homme a de moins en moins travaillé ou, en tout cas, de moins en moins dur. L'histoire entière de l'intelligence humaine ne vise qu'un but : se faciliter la tâche, travailler moins. Aujourd'hui, des légions de robots nous remplacent pour les tâches difficiles, ou non. Et on voudrait tout d'un coup nous faire travailler plus ?
  5. C'est une mesure qui ne rime à rien du tout d'un point de vue économique. On veut plus d'argent pour les pensions en ayant plus de gens qui travaillent pour les financer ? Et donc pour cela, de manière tout-à-fait logique, on
    1. empêche des chômeurs de prendre la place de gens qui ont déjà travaillé 45 ans ;
    2. garde au chômage les gens entre 65 et 67 ans qui n'ont pas d'emplois ;
    3. mettra à la prépension, plutôt qu'à la pension, les gens de 65 ans.

Bref, je ne vais pas m'en faire pour une mesure qui ne tiendra pas. Par contre, je m'en fais toujours un peu plus devant le manque de vision de nos hommes et femmes politiques. M'enfin, ce n'est pas comme si c'était nouveau.

Et au lieu de cela, si on repensait un peu notre vision du travail ? Et avec elle, ce modèle social qui la sous-tend, mais qui ne tiendra plus très longtemps ? Et si on remplaçait ce modèle social par un autre, plus efficace ? Et si en fait, la crise, c'était has been ?


Photo:

  • Couple sur un banc : Domaine public sur PixaBay

Notes:

  1. Vous avez vu !? C'est hyper classe le 2048. C'est deux exposant 11, quand même ! J'ai presque envie d'arriver à la pension à cet âge-là, du coup !

Les goûts et les odeurs... doivent être libres !

À première vue, il parait assez évident que les goûts et les odeurs sont libres. Elles ne peuvent pas être possédées. D'ailleurs, la cuisine est un bien commun, elle fait partie des traditions de chaque pays. À tel point que la comida mexicana, par exemple, est patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO. De même, chacun est libre de faire sa propre pizza Margherita ou Calzone. La recette est disponible et libre. Sans parler de la bolognaise, dont chaque famille a sa version...

Pizza, domaine publique by Scott Bauer (http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Supreme_pizza.jpg) Même quand on s'attaque à des grands noms, le goût reste libre : si le soufflé au fromage est devenu synonyme de repas de stars au Récamier à Paris, il n'en reste pas moins que ma maman peut encore en faire. Quant à l'industrie des boissons gazeuses, on voit que Coca-Cola fait beaucoup d'émules qui vendent leur boisson gazeuse à base d'extrait végétaux en toute légalité. La différence entre le soufflé au fromage du Récamier et celui de ma maman, entre Coca-Cola et Carrefour Cola, réside dans la recette exacte, dans la manière, dans la marque. Certains vendent du rêve, un style, voire un service. Mais le goût, lui, est libre. Pas de droit d'auteur, de copyright ou autre barrières artificielles. Chacun est libre d'associer des saveurs comme il l'entend : c'est un savoir-faire, ce qui n'est pas brevetable.

Or, je ne sais pas si vous le savez, mais le goût et l'odorat sont intimement liés. Sans l'odorat, nous ne pourrions pas goûter autre chose que sucré-salé et acide-amer. Par conséquent, il est légitime de penser que ce qui s'applique aux goûts s'applique également aux odeurs... non ?

Et bien la justice française pense autrement. Pirate Parfum, qui fait en parfumerie ce que fait n'importe quelle pizzeria en cuisine, est poursuivi en justice par les grandes marques de parfum.

Pourquoi ? Parce qu'ils ont un concept original : étant donné que les fragrances sont accessibles à tous, Pirate Parfum souhaite proposer aux gens un parfum de qualité, mais qui ne vend pas une marque ou du rêve. Ils veulent vendre du parfum, au prix du parfum. Pour réduire les coûts, le packaging se veut sobre et tous les parfums ont la même bouteille (blanc pour les femmes, noir pour les hommes). Seul le nom et le contenu change.

Parfume Maker, by Rudolf Ernst, domaine publique sur Wikimedia (http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ernst,_Rodolphe_-_The_Perfume_Maker.jpg)Ce concept me plait. Mon eau de toilette se compose idéalement de bergamote, de galbanum, de genièvre et de menthe 1. Et bien, chez Pirate Parfum, je peux en avoir 100ml pour 26€. Alors que chez ICI Paris XL, je vois que je payerai 27€ pour... 40 ml de Cool Water de Davidoff. Mon choix est vite fait 2.

Mais où est le problème ? Et bien voilà : dans un restaurant, le serveur pourra facilement vous dire que leur recette de soufflé au fromage est la même que celle du Récamier, ou que leur pavé de bœuf à la truffe noir est fait à la manière du Comme chez soi. Cela se fait, et personne n'y trouve à redire. Dans le cas de Pirate-Parfum, cependant, c'est tout le contraire. S'ils disent que leur parfum Stockholm ressemble à Cool Water (je dis bien ressemble — ce n'est pas le même — et ils sont clairs à ce sujet !), ils ont des problèmes judiciaires (voyez l'article de Rue89 à ce sujet). La seule différence est qu'ils l'affichent sur leur site web... Pourquoi n'aurions-nous pas les mêmes droits sur internet qu'en dehors ?

Moi, je suis (très) loin d'être un spécialiste du parfum. Mon seul souhait est d'avoir une eau de toilette. Mais j'aime bien leur concept pirate et j'ai été très satisfait de mon dernier achat chez eux. De ce que j'ai lu, leur parfum semble être de qualité, avec des produits naturels et créé par des experts de la capitale mondiale du parfum, Grasse 3. Le packaging est simple et sympa. Le prix est bas et on peut trouver des réductions sur internet (en tant que client, je viens d'en recevoir, mais je ne sais pas si je peux les communiquer ici). Et l'essentiel : ça sent bon.

Alors si vous aussi, vous vous foutez pas mal de mettre une eau de toilette deux fois plus chère ; si vous aussi, vous aimez le concept pirate... pensez à faire un petit achat chez eux ! En plus, cela les aidera financièrement pour leur défense en justice.


Cet article fait de la publicité pour Pirate Parfum, mais je le fais en toute liberté, sans avoir rien reçu de leur part. Je suis un client satisfait de leur service et interpellé par ce qui leur arrive. En tant que pirate, j'avais envie de réagir suite au courrier qu'ils ont envoyé à leurs clients pour expliquer leur situation.


Photos:

Notes:

  1. Je vous rassure, je ne le savais pas avant d'acheter un parfum chez eux...
  2. En plus, il y a une petite tête de mort sur la bouteille de parfum pirate, Aaaaarrrrrrh !
  3. ...dont la simple évocation me rappelle toujours le Parfum de Süskind.

La politique est une guerre

1134px-Nuclear_artillery_test_Grable_Event_-_Part_of_Operation_Upshot-KnotholePetite réaction rapide, suite à la lecture d'un article du Vif 1.

Pour remettre dans le contexte: c'est un article qui traite de la position du MR vis-à-vis de la N-VA dans le cadre des négociations pour former un gouvernement fédéral. On y parle de la position de Charles Michel comparée à celle de son père, de la rupture avec le FDF et, bien sûr, on y donne les avis des ténors du MR : faut-il ou ne faut-il pas s'allier à la N-VA pour aller au fédéral ?

V'là-t-y-pas que je tombe sur ce paragraphe : "Certains pensent que les circonstances imposent au MR d'aller partout dans l'opposition, pour y mener une guérilla d'enfer contre le PS, avec l'espoir de lui ravir, à terme, le titre de premier parti francophone. “Pour le moment, les socialistes mènent 31-27, mais si on les canarde pendant 5 ans, au prochain scrutin, ce sera 27-31 pour nous“ entend-on dans les rangs réformateurs."

À nouveau, je suis étonné. Étonné qu'on puisse dire cela. Étonné qu'on l'écrive et qu'on le répète. Étonné qu'un homme politique puisse affimer que son but (et même le but du parti, d'après lui) n'est pas de gérer la chose publique pour le bien de tous. Pas non plus de mener une opposition constructive. Encore moins de s'améliorer pour convaincre encore plus d'électeurs que son projet est le bon. Non, le seul but est de pilonner l'adversaire. Dire du mal, peu importe ce qu'ils font : de toute façon, ce sera mauvais. Dans l'espoir de prendre le pouvoir. N'oublions pas cela, le pouvoir !

Je suis étonné que ça ne fasse pas scandale. C'est dire à quel point nous sommes résignés.

Alors bien sûr, on aura beau jeu de dire que je fais rien qu'à dire des méchancetés sur les hommes politiques ; que je suis plein de haine envers eux ; que je tire une phrase de son contexte ; que je caricature ; etc.

En attendant, j'espère que vous aussi, en prenant un peu de recul, ça vous pose question.

"Tuer l'ennemi parce que c'est la guerre, en oubliant pourquoi c'est la guerre". Avec un esprit étroit, aucun esprit critique et beaucoup d'obscurantisme, on pourrait adhérer à ce genre de phrase.

Au XXIe siècle, je pensais (j'espérais) que c'était le reflet d'une autre époque. Me suis-je trompé ?


Photo:

  • Tir d'artillerie nucléaire, domaine publique par le gouvernement fédéral des USA on wikimedia

Notes:

  1. Le Vif n°25, 20 juin 2014, p.23

L'utopie de Bruxelles Mobilité

Une très intéressante utopie est présentée ici par Bruxelles Mobilité. Elle présente ce que pourrait être Bruxelles en 2040, si les politiciens étaient un peu motivés. De belles images et de beaux projets. On y montre par exemple à quoi pourrait ressembler la gare d'Etterbeek en 2040. De quoi s'inspirer et réfléchir.

La gare d'Etterbeek en 2040

La gare d'Etterbeek en 2040 (rebaptisée en Bruxelles-Campus)

Évidemment, c'est une utopie. Le but n'est pas qu'on finisse tous sur un vélo avec les mollets surdimensionnés (surtout que le site ne le montre pas, mais Bruxelles est quand même bien vallonnée). Le but est bien d'inspirer, de libérer les esprits et de permettre de penser autrement. En tant que pirate, je ne peux qu'adhérer à ce principe.

Je voulais également épingler une des réflexions présentées dans les tranches de vie (que vous lirez ici). ZITA (inventée, je suppose) y parle de Bruxelles Métropole, une sorte de méga intercommunale de 60 communes pour gérer la mobilité convenablement et ensemble. Exactement ce que je proposais dans un de mes articles précédent (spécialement sur le paragraphe "Les routes et les infrastructures")... Les grands esprits se rencontrent. 🙂

À certains moments, cela rejoint aussi la vision des Google Car de Ploum (ici ou ici) à part que pour Bruxelles Mobilité, le train existe encore, plus que jamais dans un vrai plan de multi-modalité (auquel je crois plus que le tout-à-la-google-car).

Bref, pas mal de réflexions intéressantes que je voulais vous partager !

Note : Par contre, je me demande pourquoi ils ont mis le Prince Laurent sur un vélo au milieu de la rue Béliard (voyez la photo ci-dessous et cliquez pour agrandir). 🙂

La rue Béliard en 2040

La rue Bélliard en 2040


Utilisation des photos : conformément à ce qui est indiqué sur le site de Mobil2040, (L'utilisation des informations contenues sur ce site est autorisée et même encouragée [...]), j'ai utilisé les photos à titre d'illustration en mentionnant qu'elles proviennent de Bruxelles Mobilité. Bruxelles Mobilité se réserve cependant tous les droits de propriété intellectuelle de ces images.

Les primes

CC by piotr on Flickr (http://www.flickr.com/photos/mamnaimie/6947576458/)Donc, une fois de plus, quelqu'un se plaint de l'administration et leur organisation kafkaïenne. Cette fois, c'est mon tour. Mon histoire n'est pas la pire. C'est juste pour vous raconter...

L'année passée, avant l'hiver, j'ai fait isoler par l'extérieur un mur de ma maison. Pour cela, la région wallonne (pardon, la Wallonie) octroie des primes. Je fais donc une demande.

Comme je vis au XXIe siècle, que j'aime les arbres, que je ne tiens pas particulièrement à donner de l'argent à BPost et que je souhaite gagner du temps,  j'ai suivi l'option « faire votre demande en ligne ». Logique. Je suis donc la démarche, remplis toutes les petites cases en ligne. Vlà-t-y-pas qu'à la fin, on me demande de... bien vouloir imprimer le PDF généré et de l'envoyer par la poste. %#§$*% Quoi !? 1 Sans rire. Je me suis donc amusé à vérifier mes cookies ; je me suis créé un compte sur le portail ; j'ai stressé à chaque clic sur étape suivante (de peur que quelque chose foire) ; je suis revenu en arrière trois fois en découvrant à la huitième étape que je devais répondre autre chose à la troisième ; j'ai re-stressé à chaque fois que je cliquais à nouveau sur étape suivante pour revenir à la huitième étape... Tout ça pour quoi ? Pour épargner un peu d'encre à mon bic 2.

J'y suis malgré tout parvenu. J'ai imprimé le document. Enfin, les documents. Parce qu'ils me redemandaient un document (de 30 pages) que je leur avais déjà donné en 2010 pour d'autres primes. No comment. Et j'ai tout envoyé, fier d'avoir vaincu Kafka. Nous étions début décembre.

Début janvier, j'ai reçu un accusé de réception. Ils avaient reçu ma demande fin décembre. Très bien. Je croyais que tout roulait.

Mi-juillet (six mois après l'accusé de réception, quasiment sept après mon envoi), je reçois un courrier disant que mon dossier est incomplet. Six mois après. Six mois, juste pour vérifier des documents. Soit, je considérerai qu'ils ont reçu beaucoup de demande de primes. Je me penche sur le contenu : que manque-t-il ?

  • l'annexe technique originale signée par l'entrepreneur. Hé oui, j'ai eu le malheur de fonctionner de manière efficace : j'avais donc reçu de mon entrepreneur le document par mail. Je l'ai imprimé et mis dans le dossier, mais ce n'est pas suffisant. Ils veulent recevoir de l'encre de bic, pas de l'encre d'une imprimante... Ils veulent l'original, pour voir la signature de l'entrepreneur.
  • un document quelconque permettant de voir les qualités techniques du produit utilisé. Ce n'était pas demandé. Mais visiblement, mon entrepreneur doit avoir utilisé un matériau exotique qu'ils ne connaissant pas. Du Cantillana DP160. Je dois probablement être le premier en Wallonie à utiliser cela (c'est évidemment ironique, c'est un produit extrêmement courant, d'un producteur connu). D'un autre côté, une simple requête Google donne les infos souhaitées.
  • Le devis. Ce n'était pas demandé non plus, mais visiblement, la facture finale ne suffit pas.

Voilà où j'en suis. Je recontacte donc mon entrepreneur pour lui demander de m'envoyer, par la poste, le papier complété. Je vais imprimer une page trouvée avec Google. Et je vais imprimer le devis. Non, ils ne me feront pas abandonner. Je l'aurai cette prime.

Ce blog se veut cependant constructif. Raconter, c'est bien, mais que peut-on en retirer ? Au moins une conclusion pour mieux comprendre le monde ?

Première hypothèse : l'administration se perd dans les méandres de la bureaucratie. Déjà cité deux fois, Kafka en parlait déjà il y a longtemps. Dans ce cas-ci, cela signifierait que les règlements et autres instructions sont tellement complexes que les fonctionnaires sont obligés de les suivre à la lettre, sans jamais se poser une question sur le sens de ce qu'ils font. Surtout, ne pas comprendre le contenu et s'arrêter à la forme. Évidemment, j'en entends certains, heureux de casser du fonctionnaire, qui clameront à l'envi que c'est de cela qu'il s'agit.

J'ai quand même du mal à me dire que ce genre de choses est possible. Je n'imagine pas comment un type qui doit faire ça toute sa carrière ne se suicide pas. J'ai donc une autre hypothèse, pas plus agréable : l'administration met tout en œuvre pour décourager les gens de demander des primes. Bonne manière de réduire les dépenses. Notons au passage que ce sont les gens lettrés, capables de comprendre une lettre de l'administration, qui ne se laisseront pas démonter. Un comble quand il s'agit de primes.


Notes:

  1. J'ai presque envie de dire « non mais allô, quoi !? »
  2. J'ai cru comprendre, en parcourant le portail énergie de la Wallonie que, pour les demandes de primes 2013, la démarche en ligne, est vraiment en ligne. À vérifier.

Quand les banques se comparent à Facebook...

Il y a quelques jours, la publicité illustrée ci-dessous s'affichait dans les rues de nos villes, en même temps que toute une série de variantes. Celles-ci proclamaient, par exemple, qu'on pouvait « télécharger l'app partout », qu'elle « se trouvait entre Facebook et Spotify » à l'aide de multiples références au monde des smartphones.

Publicité Hello Bank

Publicité Hello Bank!

Rien de bien grave, donc : c'est juste un nouveau compte chez BNP Paribas Fortis (quel nom, je vous jure). Il a ceci d'original qu'il est orienté mobile. C'est à la mode. D'après une rapide lecture de leur site promotionnel, il s'agit d'un compte tout-à-fait normal. Mais au lieu de s'inscrire dans une banque (ce qu'on faisait depuis toujours) ou sur un site web (ce qu'on faisait depuis environ 5 ans), il s'agit cette fois de s'inscrire via une application smartphone ou tablette. That's it.

Pour bien faire la pub de cette nouvelle approche, ou plutôt de ce nouvel outil, les références pleuvent pour bien situer le produit dans le monde mobile des smartphones et des tablettes, comme expliqué en début de cet article. Compréhensible et logique.

Toutefois, une de ces pubs me chiffonnent un peu. C'est évidemment celle qui illustre cet article. Il y est dit : « Combien coûte un compte Hello Bank! ? Rien, comme votre compte facebook. »

Remarque typographique liminaire

Alors première chose, avec cette affiche, nos amis typographes et autres graphistes auront frisé la crise cardiaque (moi-même dont l'arrière-grand-père était imprimeur, j'ai mal) en voyant un mot, directement suivi d'un point d'exclamation, lui-même suivi d'une espace 1, suivie d'un point d'interrogation (« Bank! ? »). Alors qu'en toute logique, il faudrait un mot, suivi d'une espace, suivi d'un point d'interrogation (« Bank ? »), ou d'un point d'exlamation (« Bank ! »). Ou à la rigueur, des deux à la fois (« Bank !? »). C'est l'inconvénient de la prolifération des marques avec des éléments de ponctuation inclus 2. Passons. Tout le monde n'a pas la typographie et l'accentuation des capitales (et pas seulement des majuscules) comme passion.

Un compte en banque pour publier des photos de lolcats ?

Mais surtout, ce qui m'a frappé, c'est le fait qu'une banque — c'est-à-dire une institution respectable qui doit gérer votre argent en toute confiance (on ne rigole pas, là dans le fond) — se retrouve à se comparer à Facebook.

Premièrement, ça ne fait pas sérieux. Facebook est une plateforme de contacts, d'échange et de partage de vidéos de chats mignons/énervants/drôles (biffez les mentions inutiles). J'espère que cette banque compte faire autre chose avec l'argent qui lui sera confié.

Ensuite, ont-ils vraiment réfléchi à l'image de Facebook ? La première chose qui me vient à l'esprit, à moi, quand on me parle de Facebook, c'est : beaucoup de blabla superficiel et des problèmes de respect de la vie privée. Une banque a-t-elle vraiment envie de se comparer à ça ? J'avoue ne pas comprendre.

Enfin, dans notre monde de plus en plus numérique et connecté, c'est devenu un lieu commun de dire « Si un service est gratuit pour le public, c'est que c'est le public le produit ! » C'est aussi le message que vous nous faire passer cette banque ?

Certes, je m'efforce de faire partie de ceux qui exercent leur esprit critique. L'image de Facebook est donc peut-être différente chez moi que chez le cœur de cible de cette campagne... Quoique, en y réfléchissant bien, ce cœur de cible doit probablement être le groupe des 20-35 ans hyper connectés qui ont smartphone et tablette. Bref, des gens un peu comme moi (même si je n'ai pas de tablette).

Sérieusement

Avec un peu de recul, j'imagine que les responsables de la banque, ou plus probablement les responsables créatifs de la campagne, se seront posé ces questions. Et vraisemblablement, la conclusion de leurs réflexions a été de conclure que non, l'image de Facebook n'est pas mauvaise, au contraire. J'imagine facilement l'explication d'un créatif (genre le roman 99 francs) : « Oui, mais vous comprenez, cette marque possède intrinsèquement une connotation hyper positive, surtout auprès du public jeune.Son potentiel d'attachement est énoôorme parce qu'elle incarne la connexion, l'instantané et le plaisir... On ne peut pas passer à côté d'un atout pareil en terme d'image. »

Et finalement, c'est sans doute là que ça me fait mal. Certes Facebook n'incarne pas le mal absolu et ne représente pas tous les dangers. C'est même sans doute une sacrée invention, il faut le reconnaître. Mais de là à le prendre comme valeur de référence pour une banque ou pour un compte... Il y a de la marge ! Et pourtant, force est de constater que c'est le cas. Facebook est devenu la référence ultime (j'en avais déjà parlé, indirectement, ici).

Et j'avais juste envie de vous le faire remarquer, histoire d'en être conscient et d'y réfléchir. Est-ce ce type de modèle que nous voulons ?

Notes:

  1. Oui, une espace, au féminin. C'est expliqué ici.
  2. Notons au passage que le nom « Hello Bank! » ne respecte donc pas les règles de typographies françaises, qui auraient exigés une espace entre « Bank » et « ! »

USA logic for Homeland Security: More Guns. Fewer Mexicans.

Dear citizens of United States of America,

Just like you, I discovered what happened in Newtown. Creepy. Once again. But I know you will continue to fight against this kind of murderers for the sake of Homeland Security. I think a very good solution for you would be (1) allow more guns and (2) avoid Mexicans. Let me explain.

Guns

First, do not forget the second amendment which is like the Bible (i.e. set in stone). You have the right to have a weapon. The 47% of you owning a gun 1 is not, absolutely not a danger (evidences are here and USA is not even the worse!). The only purpose is defense 2. I know. I understand.

Anyway, the guilty is a gamer 3. Let’s be fair: that must be the reason of this case 4. Not the guns.

Mexicans

On the other hands, Mexicans are dangerous. They are poor and they live not far from you. They are jealous of your wealth. They are drugs dealers. And they prostitute themselves. All of them. It’s enough. You have to protect yourself from them.

Mexican FlagBy trying to keep them away of your country, you chose the right option.

Why do I propose that?

Because while security concerns arise with the school shooting in Newtown, I experienced your security rules through what happend to relatives of mine. This allows me to have a clear overview of your Homeland Security policies. Which are certainly right.

My brother-in-law’s wife is Mexican (Red alert! Danger!). With her husband, they are interested in shiatsu and aikido, ancestral arts of Japan (Do you remember Peal Harbour?). They are slightly environmentalist (What? They do not like oil? What about Hummers?). They live in Europe (You know, where communism is born). As you see, I think they are potentially dangerous.

This month, they wanted to fly to Mexico in order to spend the Christmas Holidays with their family. Fly was booked and they needed visas from your administration because they had a stop over in the USA. After a long time without news from you, it appears that you won’t give her the visa. Homeland Security has spoken. I think you are right. You are never too careful with Mexicans 5.

God Bless AmericaBy the way, your well-motivated decision (her application form was labelled 221(g), so it is clear enough) also helped the world economy, which is very good in these crisis fighting times: she had to buy new tickets (way AND back, because when there is a “no show” for the going trip, the return is automatically cancelled, even if there is no stop over in the USA for the return).

Well played, USA. Well played. You are brilliant. God Bless America.

Homeland security

Your homeland security, i.e. life and wealth of USA citizens 6, is number 1 priority. For a long time now, we know that you will do your best to reach that goal.

My own experience, as mentioned above, clearly shows that you are on the good way. More guns. Fewer Mexicans. This will help you avoid mass murders and increase homeland security. For sure.

Courage for the rest of your life and good luck with all strange and creepy people on Earth.

Cheers,

Nicolas,
for the rest of the world.

(This post is inspired by a letter written by my brother-in-law to President Obama to highlight the non-sense of the situation.)

Meme-American

Notes:

  1. http://edition.cnn.com/2012/08/09/politics/btn-guns-in-america/index.html
  2. as proposed here, maybe you should give guns to children in school. So they can protect themselves against mass murderers. Think about it!
  3. Let’s see here how it is dangerous to be a gamer.
  4. I do not say “drama”, as a very good post on G+ points the difference between a "drama" and a "trend".
  5. After all, the Mayans predicted the end of the world for Dec. 21 2012. And where come the Mayas from ? Yucatan, Mexico. Bam. Coincidence? I don't think so. Every Mexican is a potential mayan-end-of-the-world-terrorist. QED.
  6. Please note that I do not say “Americans” because that could mix you up with other people from the american continent. And I know you won’t like that.