La politique est une guerre

1134px-Nuclear_artillery_test_Grable_Event_-_Part_of_Operation_Upshot-KnotholePetite réaction rapide, suite à la lecture d'un article du Vif 1.

Pour remettre dans le contexte: c'est un article qui traite de la position du MR vis-à-vis de la N-VA dans le cadre des négociations pour former un gouvernement fédéral. On y parle de la position de Charles Michel comparée à celle de son père, de la rupture avec le FDF et, bien sûr, on y donne les avis des ténors du MR : faut-il ou ne faut-il pas s'allier à la N-VA pour aller au fédéral ?

V'là-t-y-pas que je tombe sur ce paragraphe : "Certains pensent que les circonstances imposent au MR d'aller partout dans l'opposition, pour y mener une guérilla d'enfer contre le PS, avec l'espoir de lui ravir, à terme, le titre de premier parti francophone. “Pour le moment, les socialistes mènent 31-27, mais si on les canarde pendant 5 ans, au prochain scrutin, ce sera 27-31 pour nous“ entend-on dans les rangs réformateurs."

À nouveau, je suis étonné. Étonné qu'on puisse dire cela. Étonné qu'on l'écrive et qu'on le répète. Étonné qu'un homme politique puisse affimer que son but (et même le but du parti, d'après lui) n'est pas de gérer la chose publique pour le bien de tous. Pas non plus de mener une opposition constructive. Encore moins de s'améliorer pour convaincre encore plus d'électeurs que son projet est le bon. Non, le seul but est de pilonner l'adversaire. Dire du mal, peu importe ce qu'ils font : de toute façon, ce sera mauvais. Dans l'espoir de prendre le pouvoir. N'oublions pas cela, le pouvoir !

Je suis étonné que ça ne fasse pas scandale. C'est dire à quel point nous sommes résignés.

Alors bien sûr, on aura beau jeu de dire que je fais rien qu'à dire des méchancetés sur les hommes politiques ; que je suis plein de haine envers eux ; que je tire une phrase de son contexte ; que je caricature ; etc.

En attendant, j'espère que vous aussi, en prenant un peu de recul, ça vous pose question.

"Tuer l'ennemi parce que c'est la guerre, en oubliant pourquoi c'est la guerre". Avec un esprit étroit, aucun esprit critique et beaucoup d'obscurantisme, on pourrait adhérer à ce genre de phrase.

Au XXIe siècle, je pensais (j'espérais) que c'était le reflet d'une autre époque. Me suis-je trompé ?


Photo:

  • Tir d'artillerie nucléaire, domaine publique par le gouvernement fédéral des USA on wikimedia

Notes:

  1. Le Vif n°25, 20 juin 2014, p.23

Les autres résultats de la mère de toutes les élections

Ah ben oui, moi aussi, je vais faire ma petite analyse sur les résultats des élections... Comme tout le monde ! C'est à la mode ! Mais je vais essayer de faire un travail original en relisant les élections, pas tant sur le plan des résultats que sur ce qu'on pourrait avoir si on adaptait notre système électoral. Comment aurait-on pu voter différemment ?

Urnes de votesJe vous ai déjà chauffé les oreilles avec ce genre d'analyse à l'occasion des communales de 2012 (ici et ici), mais ça vaut la peine d'en refaire une. Vous verrez que les résultats sont surprenants.

Note : Pour ne pas trop embrouiller les choses, je me contente d'analyser les résultats des élections législatives (fédérales) sur base des chiffres du ministère.

Abstentions, vote blancs et nuls

Ce n'est généralement pas le premier élément qui ressort des analyses électorales et pourtant, cela me semble la base pour avoir une vue d'ensemble : savoir qui a voté. Combien de personnes ? Combien de votes ? En Belgique, le ministère de l'intérieur met à notre disposition le nombre d'électeurs inscrits, le nombre de votes valables et le nombre de votes non-valables. L'abstention n'est pas donnée sur le site officiel, puisque le vote est obligatoire (heureusement, c'est facile à calculer). Les votes blancs ne sont pas comptés autrement que mélangés avec les votes nuls.

Le tableau ci-dessous reprend le nombre d'inscrits, de votes valides, d'abstentions et de votes blancs ou nuls (mélangés).

Élections 2014 : voix

On n'en parle quasiment pas dans les journaux, mais ce tableau montre que 15,7% des Belges n'ont pas voté. C'est-à-dire plus que les gens qui ont voté PS (11.67%) ou CD&V (11.61%). Ou plus que les gens qui ont voté Écolo, Groen et cdH réunis (13.6%). Certes, pour la majorité de ces gens, c'est délibéré... mais parce que le système ne leur convient pas ! N'y a-t-il pas là de quoi se poser des questions ?

Bon, il y en a aussi certains qui sont justes cons et ne savent pas remplir un bulletin et parmi eux, beaucoup d'électeurs de Debout les Belges 🙂

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Circonscription unique

Évidemment, me dira-t-on, le taux d'abstention ne monte pas aussi haut que les scores du PS au sein d'une même circonscription électorale. C'est vrai, j'ai pris les chiffres bruts de décoffrage, tels que donnés par le ministère pour le royaume entier. J'ai fait comme si on avait une circonscription unique (en utilisant la même méthode d'attribution des sièges : la méthode d'Hondt).

Mais tiens, au fait, ça donnerait quoi, la circonscription unique, puisqu'on en parle tellement ? Après tout, cela pourrait sembler logique : une élection se gagne à la proportion des voix obtenues... J'ai fait l'exercice pour vous. Le tableau ci-dessous donne le pourcentage des voix, puis nombre de sièges dans les deux cas.

MDTLE_CUQuelques réflexions que cela m'inspire :

  • Le nombre de sièges francophones diminuerait au profit des flamands. Les équilibres durement négociés de réforme en réforme entre flamands et francophones expliquent sans doute cela.
  • Le PS et le MR en feraient principalement les frais, sans gains exceptionnels pour les grands partis flamands.
  • Vous avez vu la différence entre Ecolo et Groen ? Respectivement 3,3% des électeurs et 5,32%... Et pourtant, le même nombre de sièges ! En circonscription unique, ils auraient 5 et 8 sièges au lieu de 6 et 6.
  • Les petits partis seraient plus nombreux ou plus forts : ce serait tout bénef pour le Vlaams Belang, le PTB-Go!, le PP, PVDA+ et Debout les Belges.

Bref, vu que ça nuit aux "grands" francophones, sans tellement aider les "grands" flamands, tout en faisant apparaître des petits extrémistes, on n'est pas prêt de voir apparaître la circonscription unique, moi j'vous le dis !

Peut-on envisager autre chose ?

Pour en revenir aux votes blancs, quelque chose me chiffonne. Comment, dans un pays où le vote est obligatoire, atteint-on des chiffres pareils ? Comment se fait-il que, obligés de voter, nous n'ayons pas la possibilité de dire "non, aucun de ceux-là" et d'être entendus 1 ?

[pullquote]Exprimer un vote pour Chuck Norris ou Anderlecht est aussi une manière d'afficher son mépris à la classe politique en place.[/pullquote]Parce que oui, concrètement, les abstentions, votes blancs et nuls, c'est surtout ça : "foutez-moi la paix avec vos élections, vous ne voyez pas que vous m'emmerdez ? Je n'adhère pas à votre système." À part quelques fainéants qui ne veulent pas se lever pour aller voter, ou quelques idiots qui ne sont pas capables de compléter un bulletin de vote (voir les photos ci-dessus), je pense qu'il s'agit surtout de gens à qui le système politique ne correspond pas/plus. C'est aussi un choix de ne pas voter. Exprimer un vote pour Chuck Norris ou Anderlecht (voir les photos plus haut) est aussi une manière d'afficher son mépris à la classe politique en place.

En le premier qui dit "si aucun de ceux-là ne vous convient, vous n'avez qu'à vous présenter" est prié de se mettre une bonne claque dans la figure de ma part. Parce que

  1. ce n'est pas parce qu'on n'aime pas les candidats qu'on a le temps, l'envie ou les moyens de se présenter ;
  2. on peut aussi vouloir ne pas voter contre le système électoral/politique, plutôt que contre les candidats (on peut haïr le principe de parti, sans pour autant détester les humains qui font de la politique) ;
  3. contrairement à ce qu'on croit, il n'est pas facile du tout de se présenter aux élections : c'est un chemin semé d'embûches ou tout est fait pour vous décourager. Et a fortiori, il y a peu de chances de pouvoir se présenter à tous les niveaux de pouvoirs. Il y a donc toujours un niveau où on peut ne pas vouloir voter.

Il y a donc de très bonnes raisons pour pouvoir dire "non, aucun de ceux-là" !

Proposition : une liste blanche

L'idée n'est pas neuve, mais nous pourrions créer une "liste blanche" regroupant tous les gens dont l'expression électorale n'est pas prise en compte aujourd'hui. Je l'avais déjà proposé ici et Ploum l'avait développé . Abstentions, vote blancs et nuls (qui sont souvent des votes blancs avec un message en plus) seraient comptés et, mieux, pris en compte dans l'élection. Peu de pays comptent les votes blancs et aucun ne les prends réellement en compte dans le calcul des sièges 2. Ça, ce serait une première mondiale !

Cette liste aurait donc des élus fictifs le temps du comptage. Puis, une fois les sièges attribués à la "liste blanche", au lieu de les laisser vides, on les donnerait à des citoyens tirés au sort parmi la population : les élus citoyens. Beaucoup de gens sont assez rétifs à l'idée ("laisser faire le hasard, mais quelle idée !"), mais je vous rappelle que c'est un concept ancien (depuis la Grèce antique). C'est appliqué à différents endroits du monde (voyez l'entrée "stochocratie" sur Wikipédia). Et aujourd'hui, en Belgique, on fait déjà confiance à un jury populaire tiré au sort pour les procès d'assise (qui portent quand même des sujets très graves). Alors pourquoi pas pour de la politique ?

Quels en seraient les inconvénients ?

  • Les inconvénients d'une stochocratie pure (le peuple ne peut sanctionner l'élu en ne le réélisant pas, etc.) sont ici écartés puisqu'on est toujours dans un parlement dont la majorité des membres sont encore choisis par les électeurs.
  • Le risque de tirer au sort le pédophile-nazi de service existe. Mais il est faible. Sur le sujet, Vincent de Coorebyter (politologue à l'ULB et président du CRISP) affirme lui-même : "Il faudrait un hasard formidable pour que le sort compose une assemblée faite uniquement de fascistes et d'imbécile 3". Et puis s'il y en a un, je trouve qu'il a le droit à la parole. Comme disait l'autre, "la liberté de parole, c'est aussi pour les cons car j'aime savoir qui sont les cons autour de moi".
  • L'incompétence des citoyens élus ? S'ils sont capables d'être des jurés pour une cour d'assise, je ne vois pas pourquoi ils ne peuvent pas donner leur avis sur des lois. Et il suffit de lire le rapport final du G1000 pour comprendre que c'est faisable. Et, pour rappel, notre système actuel n'empêche pas non plus d'élire des incompétents (j'en vois déjà l'un ou l'autre qui sourient en imaginant la liste des incompétents).

Bien sûr, il faudrait mettre en place quelques règles simples comme :

  • L'élu citoyen peut refuser d'être tiré au sort. S'il accepte le mandat, il bénéficie des mêmes droits (de parole, de rémunération) et devoirs (de réserve, de participation) que les autres députés, à l'exception des règles ci-dessous.
  • L'élu citoyen doit rester formellement indépendant de tous les partis durant la législature. Il ne peut pas quitter la "liste blanche". Bien sûr, il est libre de suivre un parti dans ses idées et de voter comme il l'entend.
  • L'élu citoyen n'a pas le droit de s'associer aux autres partis pour créer une alliance ou une majorité et n'a, de ce fait, pas la possibilité d'exercer une fonction exécutive. Il doit se cantonner aux fonctions législatives et de contrôle du gouvernement.
  • Un service de soutien et d'accompagnement à ces élus citoyens devrait être mis en place pour les aider, dans la mesure où ce n'est pas leur métier. Les assistants parlementaires normalement attribués aux élus rempliraient très bien cette fonction, une fois formés pour cela.

Mais les avantages d'un tel système seraient nombreux :

  • Nous aurions enfin un peu de représentativité citoyenne au sein du parlement (je ne m'étends pas sur tous les bénéfices de cette représentativité : je vous invite à vous informer sur le G1000).
  • Cela coûterait moins cher que d'autres solutions proposant une participation citoyenne, puisqu'il ne s'agit pas d'inventer un nouvel organe, un sénat citoyen, un référundum, ou autre. Quand les électeurs le veulent, on paye des citoyens plutôt que des politiciens professionnels. C'est tout.
  • Ce système est facile à mettre en place pour les mêmes raisons : pas de création complexe. Juste une adaptation de la situation et plein de nouvelles possibilités.
  • Cela coûterait moins cher que la situation actuelle car aujourd'hui, en plus de la rémunération des élus, l'état finance les partis à la mesure du nombre d'élus. Ce financement ne serait plus nécessaire car la liste blanche n'est pas un parti et n'a pas besoin de donation.
  • Les élus qui sont rétifs à tout tirage au sort peuvent l'éviter en faisant bien leur boulot, ce qui encouragera les gens à voter "traditionnel" et diminuera le nombre d'élus citoyens sur la liste blanche. Ça dépend donc d'eux : s'ils sont aussi bons qu'ils le disent, ils ne perdront rien ! 🙂
  • Un système pareil est intellectuellement facile à défendre : donner une liberté au citoyen qui ne souhaite pas soutenir de candidats imposés me parait indispensable, dans la mesure où on l'oblige à donner son avis.

Si nous avions eu cette liste blanche ce 25 mai...

Appliquer cette liste blanche aux résultats des dernières élections est intéressant : y a-t-il une vraie demande ? Quel en serait l'impact ?

Le tableau ci-dessous reprend les informations du tableau précédent, ainsi que deux nouvelles colonnes donnant les résultats en proportion et en siège d'une élection où les abstentions, les votes blancs et les votes nuls sont groupés dans une liste électorale fictive "blanche".

MDTLE_résultats2La distorsion entre partis étant surtout due à la circonscription unique 4 (voir la discussion à ce sujet plus haut), l'intéressant ici est l'importance du parti "blanc". S'ils étaient comptés, les abstentions, votes nuls et blancs auraient 25 sièges au parlement ! Exactement un sixième des sièges. Ils formeraient le deuxième "parti" du pays, juste derrière la N-VA (27 sièges) et loin devant le PS (15 sièges) !

Autrement dit, si nous prenons en compte l'expression de tous les citoyens -- ce qui parait normal vu qu'on est obligé de voter -- 25 sièges devraient revenir à des élus qui ne sont pas sur les listes !

On peut encore pousser l'exercice plus loin. Imaginons que nous créions une "liste des sans voix" qui regroupe non-seulement les abstentions, votes nuls et votes blancs, mais aussi toutes les voix données à des partis qui n'ont pas gagné de siège. Bref, on rassemble sur une liste tous les gens qui, in fine, ne sont pas représentés au parlement... Dans ce cas-là, on obtient même une liste qui monte à 18.25% (toujours en circonscription unique) et devient majoritaire à 28 sièges devant la N-VA (26 sièges). Fou, non ? L'hypothèse de "liste des sans voix" me parait philosophiquement peu défendable et pratiquement peu faisable (contrairement à la proposition d'une "liste blanche") mais procure l'avantage de mettre en lumière le constat suivant : les gens qui ne sont pas représentés au parlement, dans notre pays où le vote est obligatoire, constitue de loin le groupe d'électeurs le plus important !

Ne devrait-on pas les écouter, ces électeurs ? Que pensez-vous de la proposition de la liste blanche ? Ne serait-ce pas quelque chose à proposer à nos élus ?


Photos:

Notes:

  1. Apparemment, il existe certains pays d'Amérique Latine qui comptent les votes blancs. Mais de ce que j'ai pu lire, la Belgique et le Luxembourg semblent les seuls pays au monde où on est obligés de voter et où on ne laisse pas la possibilité de s'exprimer par un vote blanc.
  2. À part le Pérou où 2/3 de votes blancs obligent à recommencer l'élection.
  3. Le Vif n°21 du 23 mai 2014, p.37
  4. J'ai gardé l'hypothèse de circonscription unique pour tester les résultats avec cette liste blanche. Autrement, ça menait à trop de calculs et je suis fainéant.

De l'indigence de l'offre électorale en Brabant wallon

http://www.flickr.com/photos/97657657@N00/1918688483/Les Pirates se présentant aux régionales ce 25 mai, je pense donc savoir pour qui voter à ce niveau de pouvoir-là. Malheureusement, les Pirates ne seront pas représentés sur les listes aux échelons fédéral et européen. Dommage. Mais du coup, l'importance de bien s'informer sur les partis qui se présentent est d'autant plus grande, selon moi (après tout, "informez-vous" est un de nos slogans...).

Alors à la suite d'un article précédent (les conseils non-partisans pour bien voter), je vous propose de vous informer sur les autres partis en lice dans le Brabant Wallon. La plupart sont également concurrents des Pirates aux élections régionales.

Alors qu'en est-il ? Pour qui voter aux autres niveaux de pouvoir ? Enquête.

Pour un parti traditionnel ?

Je ne m'attarderai pas beaucoup sur ces partis-là. Après tout, ils sont connus (j'y inclus le FDF). Suite au coup de gueule que je leur ai adressé récemment, je ne souhaite pas spécialement les soutenir (mais aurai-je le choix ?).

Je mentionnerai cependant la difficulté de rencontrer les candidats de manière directe. Si on trouve parfois des dates de rencontre imprimées sur leurs tracts, force est de constater qu'il n'y en a pas 36 non plus. Et s'il y en a, il arrive que le tract que vous lisez en rentrant du boulot vous annonce une réunion... dans une heure, voire pour hier (véridique). Point de vue organisation, ça devient difficile.

Bref, exercer son esprit critique et s'informer en rencontrant les candidats n'est pas quelque chose de facile. Mais je ne désespère pas d'y arriver !

Pour un petit parti ?

Il est vrai que les petits partis font les choux gras des journaux. "Ils ont déjà gagné les élections" titrait Le Soir, en référence au fait qu'ils n'ont jamais été si nombreux et qu'ils constituent une inconnue de poids dans l'équation électorale.

Alors qui sont-ils ? En bon Pirate, j'ai pris mon clavier de pèlerin pour aller débusquer les petits partis qui se présentent en Brabant wallon.

Première réflexion : à exactement 20 jours des élections (5 mai), sur le site officiel, l'information n'est pas disponible (elle l'est désormais). On ne connait pas encore les listes car que le calendrier électoral (défini par la loi) annonce que les listes seront officielles au 8 novembre 1. Bravo.

J'ai malgré tout trouvé une liste temporaire sur L'avenir.net. C'est déjà ça. Le journalisme n'est pas encore mort. Alors, par ordre alphabétique des petits partis, nous avons :

  • BUB (Belgische Unie - Union Belge) : le seul parti explicitement pro-Belgique (pas le seul parti national ; les pirates aussi ont une seule structure). Je n'ai pas trouvé de notions extrémistes sur leur site. J'ai toujours un peu de mal avec un parti qui se fonde sur une seule idée. Mais dans la mesure où ce n'est pas l'idée en vogue actuellement, cela peut être utile de s'organiser en parti pour la défendre. Si je suis du genre cosmopolite, tolérant, presque bilingue et pour une rencontre entre les cultures, je ne sais pas encore dire si ce projet unitaire (de retour en arrière) est compatible avec mon idée du futur de la Belgique.
  • Debout les Belges : le parti de Laurent Louis (et quand on définit un parti par une personne, c'est déjà mal parti), le député le plus comique de l'histoire belge. On ne sait pas ce qu'il propose, puisque son programme, qui a l'air plutôt censé à la lecture (si, si), va à l'encontre de ce qu'il a montré durant son mandat de député. À savoir plutôt le sensationnalisme, l'irrespect voire l'injure. Et va également à l'encontre de ce qui est affiché ailleurs sur le site : un article ou Laurent LOUIS s'affiche avec Dieudonné ou un article qui explique qu'il faut retourner au franc belge.
  • La Droite : un parti qui se veut de la droite décomplexée. On y trouve facilement des recettes connues pour résoudre tous les problèmes. En deux clics, on tombe sur plus de sécurité, moins de musulmans. Facile. Il est toujours marrant de voir comme les partis extrémistes ont souvent une attention particulière pour les droits des animaux... quand il s'agit d'interdire des pratiques religieuses. Bref, pas pour moi.
  • MG (Mouvement de Gauche) : Voir PTB-Go. Je ne vois pas de différence, si ce n'est peut-être les personnalités en présence
  • MOVE : sous des allures de site web des années 2000, MOVE (Mouvement et Organisation pour Vivre Ensemble) porte un message manifestement très démocratique et ouvert, jusqu'à ce qu'en deux clics, on arrive à des messages tels que "Il ne peut y avoir de zone de non-droit en Belgique" ; "Il est impératif d'avoir une armée professionnelle, bien entrainée et équipée de matériel moderne" ; "pour un véritable statut juridique de l'animal dans le code civil reconnaissant sa nature d'être vivant et sensible, et non plus considéré comme bien meuble" (encore le droit des animaux !) ; "La naturalisation n'est pas un droit mais une faveur et un honneur" et à propos de la police : "redonnons-lui son rôle militaire, y compris dans la sélection". Autant de phrase qui sonnent doux aux oreilles des extrémistes. Ce qui me dit que je ne voterai pas pour eux non plus.
  • Nation : qui, sur la page "1ère visite", invite le lecteur à ne pas croire qu'ils sont nazis et violents, skinheads, délinquants ou minoritaires. Bon début. Mais ils se revendiquent quand même nationalistes et identitaires. Je vous fais un dessin ? Suivant.
  • NWA (Nouvelle Wallonie Alternative) : Première page, premier article : "les méfaits de l'immigration". Deux vignettes : "l'ami des animaux" (décidément, c'est mignon comme ils adorent les animaux) et "non à l'entrée de la Turquie dans l'UE". Et puis, dans l'introduction de leur manifeste, au paragraphe "Alliance des populistes et nationalistes", ils n'ont même pas pris la peine de changer "Front National" en "NWA". Consternant. Suivant.
  • RWF (Rassemblement Wallonie France) : Mouais. Juste l'opposé de BUB, en fait. Aussi basé sur une seule idée. Mais j'ai nettement mois d'affinité avec cette idée de rattachement à la France, qui, d'après moi va à l'encontre de l'avenir (et c'est un euphémisme).
  • Pirate : que je ne présente plus... Parcourez ce site pour en savoir plus, ou l'article "à l'abordage des élections !".
  • PTB-Go : Ils jouissent d'une couverture médiatique suffisante pour que je ne les présente pas. Selon moi, ils proposent de résoudre des problèmes avec des solutions qui ne sortent pas du cadre habituel, juste plus radicales. Tellement XXe siècle. Et réactionnaire.
  • PP (Parti Populaire) : l'équivalent du PTB-Go, de l'autre côté de l'axe politique droite-gauche (qui ne signifie plus rien, d'après moi). Même commentaire.
  • Stand-up USE (Stand Up for the United States of Europe) : un parti pro-européen qui veut repenser l'Europe en profondeur pour la rendre plus utile, plus efficace, plus démocratique. J'y vois beaucoup de bonnes idées et aussi beaucoup d'intellectualisation (la part belle est donnée à l'histoire et à l'explication de ce qu'est ou devrait être l'Europe ; c'est écrit par des journalistes et des chercheurs en politique). Ce dernier point me laisse penser que ce sont des gens intelligents. Je n'ai pas vu de propos racistes, ni "nationaliste européen". À première vue des gens recommandables. Une déception : peu d'accroche internationale avec d'autres mouvements dans d'autres pays pour promouvoir cette vision (si ce n'est un accord timidement affiché avec le la section belge du European Federalist Party).
    Après avoir entendu la tête de liste à la radio, mon sentiment se confirme qu'il s'agit de bonnes idées. Ils ont aussi l'avantage revendiqué, comme chez les Pirates, d'être un mouvement et non pas un parti, ce qui leur permet de critiquer constructivement la politique sans rentrer dans le jeu électoraliste. Ça permet de prendre du recul et de faire des propositions bien plus censées 2.
  • VEGA : sur les listes européennes uniquement, VEGA est un peu comme le PTB-Go. Mais à lire un peu plus ce qu'ils proposent, je me dois de reconnaitre que plusieurs points m'ont fait plaisir : renforcement des protections juridiques des lanceurs d'alertes ; refus des accords transatlantiques (tels qu'ACTA) ou le projet d'une vraie Europe. Puis, on y retrouve aussi les habituels dogmes verts-rouges que j'apprécie moins (parce qu'ils sont dogmatiques, pas forcément pour leurs contenus). Si ce n'est les points cités, je tendrais à les classer comme le PTB-Go!.
  • VLC (Valeurs Libérales Citoyennes) : j'ai d'abord pensé au lecteur multimédia VideoLan, mais non, c'est bien un parti. Et qui se présente genre bon chic bon genre. Leurs premières idées ont l'air sensées, quoiqu'un peu populistes. Puis survient rapidement l'image "L'islam, un défi pour la démocratie". Et, quelques clics plus tard, dans le programme : "Islam et insécurité", "Protection animale" (où, cette fois, le halal est clairement identifié comme la cible de ce point), "Fin des discriminations anti-belges". Pour le reste, du classique : moins d'impôts, plus de bouclier social, plus de démocratie, plus de sécurité. Beaucoup de populisme et de racisme. Pas de fond. Et on ne voit que le président. Personne d'autre. Pas pour moi, donc.

Conclusion

Elle est dure la conclusion. Soit les partis habituels, soit... peu de choix. Si on écarte les partis non recommandables ou qui sont basés sur des dogmes que je rejette, il reste BUB (au fédéral uniquement) ou Stand UP USE (à l'Europe uniquement). Ces deux partis portent des projets clairs qui ne heurtent pas mes convictions fondamentales (pas extrémistes, racistes, réactionnaire, dépassé, etc.).

Si Stand-Up for United States of Europe me plait et me parle (même si je ne suis pas en ligne avec tout ce qui est dit), BUB ne me convainc que très peu. Et puis BUB ne parle pas de participation citoyenne ou de liberté de l'information...

Toutefois, mention particulière à VEGA que j'aurais eu tendance à éliminer d'emblée pour son côté gauchiste extrême. C'est un parti qui est incompatible avec certaines de mes convictions, mais certains points, par contre, sont très bien, comme je l'ai mentionné.

Enfin, un autre point : qu'est-ce qu'il y a comme parti d'extrême droite ! C'est fou, ça ! Moi, j'en étais resté à l'idée qu'il y a eu, un jour, le FN en Belgique et qu'il n'existait plus qu'à travers une ou deux factions qui vivotaient. Mais non : cinq partis différents (6, si on compte le Parti Populaire) ! C'est beaucoup trop.

Alors, voter pour un petit parti ou un parti traditionnel qui ne sera pas dans la majorité (pourquoi ? voyez la règle numéro 3 de mon autre article) ? Je ne vais pas répondre pour vous ! (mais aux régionales... Pirate, hein ! 🙂 )

En tout cas, n'oubliez pas de voter pour des idées, pas pour un visage ni pour un parti.


Photos

Notes:

  1. Note : le 8 novembre, l'ensemble des circonscriptions étaient disponibles, mais pas le BW.
  2. Rappelez-moi que je dois développer cela dans un futur article.

À l'abordage des élections !

keep-calm-and-vote-pirate-12-bÇa y est, c'est officiel, pour la "mère de toutes les élections", ce 25 mai, les Pirates se présenteront aux citoyens sur des listes ! Naturellement, comme nous ne sommes pas connus et ne pouvons donc pas compter sur l'appui de la presse, vous vous posez certainement quelques questions bien légitimes :

  1. Qui sont les Pirates ? Sont-ils compatibles avec mes valeurs ?
  2. Pourquoi voter Pirate ?
  3. Où puis-je voter Pirate ?

Les réponses sont vastes, mais cette page veut vous proposer quelques pistes de réponses, pour vous aider à vous retrouver dans la jungle d'information. Surtout ne vous contentez pas de ceci ! Informez-vous aussi sur d'autres sites !

Qui sont les Pirates ? Sont-ils compatibles avec mes valeurs ?

Réponse facile : si les mots démocratie, vie privée, liberté, transparence, solidarité, cosmopolitisme, écologisme, créativité et partage du savoir sont des concepts qui vous parlent, oui, notre projet est compatible avec vos valeurs, puisque ce sont également les nôtres. Plus d'infos sur la page des valeurs du Parti Pirate.

Une réponse un peu plus complète serait de vous donner ma propre définition des pirates : « un mou­ve­ment international de citoyens qui veulent s’engager pour que la poli­tique intègre les chan­ge­ments radi­caux que vit notre société ». Comment ? Pourquoi ? Ceux qui ont envie d'aborder le sujet en profondeur trouveront une explication dans le trio d'articles que j'ai écrits à ce sujet : le galion des pirates (qui sont les Pirates ?), les balises des pirates (comment fonctionnent-ils ?) et le phare des pirates (quels sont leurs objectifs).

Mais, en (très) résumé, nos objectifs sont les suivants 1 :

  1. Pro­tec­tion de la vie pri­vée : la liberté de chaque indi­vidu ne peut-être assu­rée que si l’état et les socié­tés pri­vées res­pectent sa vie pri­vée, y compris sur internet.
  2. Réforme de la pro­priété intel­lec­tuelle (ou pro­tec­tion­nisme intel­lec­tuel) : les pirates refusent le pro­tec­tion­nisme intel­lec­tuel, refusent les bre­vet sur le vivant et sur le logi­ciel car contre-productif.
  3. Fact-based poli­tics et déci­sion rai­son­née
  4. Rendre la culture libre et acces­sible
  5. Par­ti­ci­pa­tion citoyenne et liberté d’expression
  6. Trans­pa­rence des ins­ti­tu­tions publiques
  7. Légis­la­tion de qua­lité

Autres liens intéressant : une vidéo (extrait de l'émission controverse).

Pourquoi voter Pirate ?

Une fois rassuré sur le fait que nous ne sommes ni des bandits informatiques, ni des racistes, ni des extrémistes, peut-être vous poserez-vous la question : « Tiens, pourquoi je voterais pour eux plutôt que pour un autre parti ? »

Sachant que nous n'entrerons probablement pas dans une majorité et que nous n'aurons au mieux que peu d'élus, notre défi est donc d'infiltrer une "taupe" au Parlement. Une sorte d'espion qui pourra accéder à toute l'information et la transmettre à ses commanditaires : les citoyens. Libérons l'information politique et rendons-là accessible ! Cette idée est développée dans l'article "Une taupe au Parlement wallon".

N'hésitez pas à aussi consulter le programme des Pirates bruxellois. Et encore le programme européen, commun à tous les Pirates d'Europe. Cela vous donnera aussi une bonne idée de ce que nous proposons.

Quoiqu'il en soit, même si vous ne votez pas Pirate, nous vous encourageons à vous informer avant de voter. Voici quelques conseils non partisans pour vous y aider.

Cover-Blog-2014Où pouvez-vous voter Pirate ?

Réponse sur la carte ci-dessous !

Vote2505-CartePIRATE

 

Et donc, merci à vos nombreuses signatures qui nous ont permis de nous présenter !

À l'abordage !

Notes:

  1. Vous trouverez des exemples pour chacune de ces idées dans les articles mentionnés ci-dessus.

Petit guide électoral à l'attention des bien-pensants (et des autres)

Flèches "toutes directions"

En garçon bien éduqué, combien de fois n'ai-je pas dit et répété, depuis des années, que « voter est un droit mais aussi un devoir » ? En effet, la bien-pensance veut qu'on respecte ceux qui se sont battus lors des révolutions passées pour obtenir le droit de vote... en allant voter.

D'un côté, ça se tient : le je-m'en-foutisme n'est pas la meilleure manière de gérer la chose publique. Participer à la vie politique, ne fût-ce qu'en votant, est nécessaire pour qu'une représentation démocratique soit... démocratique.

Mais en pratique, une élection, est-ce la panacée ?

Car j'ai de plus en plus tendance à croire qu'une élection, en tout cas en Belgique, ne sert plus à grand-chose.

Premièrement, parce que les élections ne sont pas prévues pour être démocratiques, tout simplement. En effet, comme me le disait encore mon pote Montesquieu l'autre jour : "Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie. Le suffrage par le choix est de celle de l'aristocratie." D'ailleurs, comme l'explique très bien cet article, les révolutions ont remplacé une aristocratie héréditaire par une aristocratie élective (quoiqu'en Belgique, on en revient à l'héréditaire, vu le nombre de "fils de" en politique 1).

Deuxièmement parce que, tout comme faire l'amour tous les cinq ans, ce n'est pas une vie sexuelle, voter tous les quatre/cinq/six ans, ce n'est pas une démocratie. La démocratie, c'est plus que cela. Elle nécessite de laisser la liberté à chaque citoyen de s'informer, juger et participer s'il le souhaite. Il doit pouvoir exercer ces droits tout au long d'une législature 2.

Troisièmement, parce que les règles qui régissent les élections ne sont pas démocratiques. L'accès à l'élection pour toute nouvelle forme d'idée ou de parti est arbitrairement limité, comme démontré ici, appauvrissant ainsi le débat démocratique. De plus, la méthode de répartition, elle aussi, pose question quant à la sur-représentation des grosses listes. Enfin, les votes blancs, seule possibilité pour l'électeur d'exprimer sa désapprobation, ne sont pas pris en compte.

Quatrièmement, parce que les élections ne sont plus un plébiscite des candidats qui représentent le mieux les intérêts des citoyens, mais plutôt une simple mesure d'audimat qui donne au président de parti -- et à personne d'autre -- un peu plus ou un peu mois de puissance face aux autres présidents de partis. Je l'ai abondamment illustré et même démontré dans un article précédent.

Alors quoi ? Élections, piège à cons ?

Bien que je ne sois plus très loin de le penser, je n'en suis pas encore là. Je vais encore essayer de considérer les élections comme un mal nécessaire et, fidèle au principe de mon blog, je m'efforcerai d'être constructif dans le contexte qui est le mien, où aller voter est obligatoire.

[pullquote]L'élection n'est que le café matinal de votre journée démocratique.[/pullquote]Bref, je vais vous engager à aller voter, oui. Mais comment ? Tout d'abord, je vous propose d'arrêter de penser que les élections constituent l'événement majeur de la démocratie. Le bulletin que vous déposerez bientôt n'est pas la démocratie. Ce n'est qu'un acte que vous posez. La suite reste à faire. Tout comme le café que vous prenez le matin n'est pas votre journée, mais seulement une condition sine qua non pour vivre votre journée autrement qu'à moitié endormi. Donc, non, il ne faut pas voter "parce que c'est là que se joue la démocratie."

Mais alors comment et pour qui voter ?

Oui, bien sûr, ils sont tous pourris. Je veux dire les partis sont tous pourris. Le système est pourri. Mais peut-être pas tous les hommes et femmes politiques. Alors voici en exclusivité, la meilleure manière de voter aux prochaines élections.

Règle n°1 : Faites fonctionner votre cortex (réflexion) et inhibez votre cerveau limbique (émotions). M. Truc vous a serré la main en rue ? Mme Chose vous a souri et adressé une parole gentille lors de votre rencontre ? Très bien. Ne laissez pas ces éléments insignifiants influencer votre vote. Ne vous laissez pas guider par vos émotions dans ce cas-ci et reportez-vous aux règles 2 à 5. Une bonne poignée de main ne fait pas un bon élu. Un sourire non plus.

Règle n°2a : Oubliez votre carte de parti si vous en avez une. Être membre d'un parti, c'est très bien. C'est beau, c'est noble. Avoir des idées, les partager, les discuter, c'est essentiel. Mais se laisser diriger par une carte au moment de voter, c'est absurde 3. N'oubliez pas que la personne qui profitera de votre vote (c'est-à-dire vraisemblablement la tête de liste de "votre" parti) est peut-être ignoble. Ou ne siégera pas. Ou ne partage pas vos idées. Ou est arriviste. Ou est incompétente. Est-ce elle que vous voulez vraiment voir élue ? L'important n'est pas que l'élu soit de votre couleur, mais qu'il vous corresponde. Ne votez pas pour un parti, mais pour une personne (à condition d'appliquer la règle 5).

Règle n°2b : Si vous n'êtes pas membre d'un parti, oubliez quand même vos habitudes de vote ! Ne votez pas pour un parti, mais pour une personne (à condition d'appliquer la règle 5).
[Mise à jour] Beaucoup de personnes me disent qu'il faut plutôt voter pour un parti que pour une personne. Ce serait cohérent et je serais d'accord avec cette idée, si seulement les partis représentaient réellement des idées. Le PS qui propose des mesures plus libérales que le MR ou l'inverse, c'est courant. C'est pourquoi j'abandonne l'idée qu'un parti incarne des idées qui seront mises en oeuvre. Par conséquent, je propose de voter pour une personne dont vous connaissez les idées, puisque celles d'un parti, vous n'en êtes pas sûr. Voyez à cet effet la règle 4.[/Mise à jour]

Règle n°3 : Une démocratie équilibrée est une démocratie avec une majorité faible et une opposition forte. Donc, préférez ceux qui n'auront pas le pouvoir et soutenez-les, s'ils peuvent jouer un rôle d'opposition constructive. Ce n'est peut-être pas la solution la meilleure en termes d'efficacité, mais je préfère vivre en démocratie moins efficace qu'en dictature hyper-efficace.

Règle n°4 : N'oubliez pas que vous ne devez jamais croire les promesses électorales. Je ne dis pas ça pour être populiste et faire croire "qu'ils sont tous mauvais". Je dis ça parce que la Constitution belge le permet. En bref, la Constitution prévoit que le parlementaire n'est pas obligé de voter ce que souhaitent ses électeurs (Art. 42). Et on ne peut pas lui reprocher ses votes et ses opinions (Art. 58). Par conséquent, les mensonges électoraux sont couverts par la Constitution 4. CQFD. Sachez-le et ne vous basez donc pas là-dessus pour voter.

Règle n°5a : Si vous penchez pour un candidat qui se représente, informez-vous ! La transparence n'est pas le point fort de la Belgique, mais essayez de savoir ce que le candidat de votre choix a fait durant la dernière législature. C'est un travail fastidieux, mais c'est le seul moyen de savoir ce qu'il vaut, puisque son programme, par définition, ne vous aidera pas. Il faut également savoir s'il a l'intention de siéger ou pas. Est-ce qu'il se présentera à d'autres élections avant le terme de son mandat ? Compte-t-il cumuler sa fonction ? Ou, plus précisément, a-t-il l'habitude de le faire ? Pour cela, le rencontrer lors d'un meeting n'est pas suffisant, mais au moins nécessaire. Quelques outils pour vous y aider :

  • Cumuleo.be vous permet de vérifier les mandats exercés par un élu belge. En bref, vous saurez s'il est un cumulard ou pas.
  • Votewatch.eu vous permet de vérifier les votes exprimés par les parlementaires européens. Par exemple, vous trouverez les résultats du vote sur le traité ACTA sur cette page. Ce site permet aussi de voir si l'élu a voté contre la consigne de parti ou non 5.
  • WeCitizens.be qui se veut un observatoire de la vie politique belge. Leurs conseils pour les électeurs (qui tiennent en 6 lignes) rejoignent en partie cet article.

Règle n°5b : Si vous penchez pour un candidat qui ne s'est encore jamais présenté, à nouveau, informez-vous ! Qui est-il ? Que fait-il ? Quelles valeurs porte-t-il ? Être votre cousin, l'amie de votre femme ou le collègue d'un ami ne suffit pas à être un bon élu. Avoir une bonne tête non plus.

Je pense que beaucoup de bien-pensants de la politique se seraient contentés de vous indiquer la règle 5a. Je ne dirais pas que c'est un excellent début, car je la place en dernière position. Comme vous le voyez, je pense aussi que c'est important, mais loin d'être suffisant.

Pour moi, la chose essentielle à retenir : "Ne croyez pas les affiches. Informez-vous !"

Allez, bon vote !

Banner-informez-vous


Photos

  • "Panneau toutes directions", image issue du domaine public, par Joël Dyon sur Wikimedia
  • Bannière "Informez-vous", Creative Commons par moi, sur base de matériel Creative Commons.

Notes:

  1. ...et j'en suis quand même tombé sur mon cul de voir qu'il existe une liste des "fils de" en politique belge sur Wikipedia. C'est dire si c'est un phénomène !
  2. Sans pour autant tomber dans une démocratie directe pure pour laquelle notre société n'est clairement pas prête.
  3. En fait, en l'écrivant, je me rends compte que la règle 2 est un corollaire de la règle 1 : réfléchissez au lieu de vous baser sur vos émotions (appartenir à un parti est une manière de définir son identité et est donc basé sur des émotions)
  4. Pour éviter tout reproche de populisme, je tiens à préciser que le sens de ces deux articles de la Constitution sont essentiels pour préserver l'indépendance des élus. C'est important. Mais cela a aussi, comme effet secondaire, de couvrir les mensonges électoraux.
  5. La consigne de parti étant un concept anti-démocratique au possible, comme je l'explique dans cet article.

Une taupe au Parlement wallon

Pourquoi voter Pirate aux élections régionales wallonnes ? Non, mais c'est vrai quoi... Qu'est-ce que les Pirates vont faire concrètement pour changer les choses ? Il y a huit sièges disponibles pour le Brabant wallon... Et nous n'en aurons pas deux, soyons réalistes. Avec les Pirates du Hainaut et de Liège, nous ne sommes pas près de faire une majorité et de peser dans les décisions politiques.

Alors quoi ? Cela vaut-il la peine de voter Pirate ?

Logo_partipiratenpartij_135pxLa réponse est claire : oui ! Vous vous en doutiez, non ? 🙂 Tout simplement parce que nous vous proposons d'infiltrer une taupe au Parlement... Si nous avons un élu, ce sera assez pour nous permettre d'accéder à l'information et surtout, de la partager !

Vous verrez, à côté de notre taupe Pirate au Parlement wallon, Wikileaks, ce sera de la rigolade. Nous voulons partager avec vous toute l'information qui est aujourd'hui jalousement gardée au sein des sphères du pouvoir, alors qu'elle concerne la population.

Cherchez la taupe...

Cherchez la taupe...

Nos candidats veulent rendre l'information disponible et, surtout, compréhensible 1. Un réel effort de pédagogie et d'information sera fait. De plus, nous voulons analyser pour vous les décisions afin d'en retirer les conclusions importantes, dans une démarche critique, constructive et ouverte.

Un Pirate au Parlement, c'est vous permettre d'accéder au Parlement. C'est vous rapprocher de la décision. Nous voulons libérer l'information politique !

Et ce ne sera que le point de départ du mouvement Pirate...

stopwatchingus

Vous avez envie que cela arrive ?

...alors aidez-nous ! Pour permettre aux Pirates de se présenter aux élections, il nous faut encore 100 signatures d'habitants du Brabant wallon. Et ça, pour le lundi 21 avril 2 car nous devons encore les faire valider dans chacune des communes.

Comment signer ? Les instructions précises sont données ici, mais en gros : imprimez les formulaires si on ne vous les a pas donnés, complétez-les et rendez-les à un Pirate, pour le 21 avril au plus tard. Si vous avez le temps et l'envie, vous pouvez également les faire valider dans votre commune. Si non, les Pirates s'en chargeront.

Nous comptons sur vous !

keep-calm-and-sign-for-pirates-2

Notes:

  1. Bien entendu, dans les limites de la légalité et du respect des personnes.
  2. Attention, le lundi 21 est férié et avant, c'est le week-end. Veillez donc à envoyer vos signatures à temps !

Es-tu prêt à donner 0,75 EURO pour la démocratie ?

Logo_partipiratenpartij_135pxVous le savez, les élections approchent. Et avec elles, quantité de promesses aussi démagogiques que variées. Ce message-ci, au contraire des autres, ne vous promet rien : il vous demande un service.

En effet, le Parti Pirate, qui fait partie d'un mouvement international lancé en 2006, participe cette année aux élections en Belgique. Comme pour tous les « petits partis », la route vers les élections passe inévitablement par la récolte de signatures. Pour présenter notre liste à « la mère de toutes les élections », nous devons récolter 21300 signatures, ce qui n’est pas rien. Et il nous en faut encore 100 pour pouvoir présenter une liste en Brabant Wallon !

C'est ici que vous intervenez. Il ne s'agit pas de nous soutenir, de voter pour nous ni même d'être en accord avec notre programme. Vous ne vous engagez à rien en signant les papiers présentés ci-dessous. Il s'agit uniquement de reconnaître au Parti Pirate le droit démocratique d'être candidat aux élections.

Vous pouvez faire ce geste citoyen, important pour la démocratie, en suivant les étapes suivantes :

  1. Télécharger et imprimer les formulaires adhoc (attention, il y en a trois !)
    * En FR pour Bruxelles ici (pas besoin de signer pour les fédérales)
    * In het NL voor Brussel hier (pas besoin de signer pour les fédérales)
    * pour la Wallonie ici
    * voor Vlaanderen hier
  2. Les remplir (attention, il y en a trois à remplir, sauf pour Bruxelles). Vous ne devez PAS remplir le cadre réservé à la commune. Les pirates se chargeront de les faire valider toutes ensemble !
  3. Les envoyer par la poste à l'adresse suivante : rue Gérard 47A à 1040 Bruxelles ou en les donnant en mains propres à un pirate !
  4. Au total, impression, enveloppe et timbre compris, cela devrait vous revenir à moins de 0,75€... Pour plus de démocratie, ce n'est pas mal !
  5. N'hésitez pas à partager cet article sur les réseaux sociaux pour que chacun puisse y répondre.

Si cela vous parle, faites-le maintenant... ou bien vous oublierez ! 🙂 Nous avons besoin de vos signatures pour ce vendredi 18 avril afin que nous puissions encore les faire valider dans chaque commune !

Cet article est évidemment fort peu personnel ; j'aurais préféré vous en parler de vive voix. Je reste néanmoins disponible et me ferai un plaisir de vous rencontrer pour vous présenter les principes et les idées du Parti Pirate si cela vous intéresse. Pour rappel, en 2012, les pirates s’étaient présentés sur plusieurs listes en Belgique et étaient devenus le plus grand des petits partis dans le Brabant Wallon (juste derrière le FDF).

Affiche Pirate

Et si vous vous demandez encore « qu'est-ce que c'est que ces pirates ? », faites donc un tour sur les articles suivants :

Vous aurez également un bon résumé en lisant le folder que nous avons distribué en 2012 lors des élections provinciales et communales. Et voyez aussi, bien sûr, le site des Pirates belges.

Un grand merci pour votre aide !

Piratement vôtre,

Nico

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