De l'indigence de l'offre électorale en Brabant wallon

http://www.flickr.com/photos/97657657@N00/1918688483/Les Pirates se présentant aux régionales ce 25 mai, je pense donc savoir pour qui voter à ce niveau de pouvoir-là. Malheureusement, les Pirates ne seront pas représentés sur les listes aux échelons fédéral et européen. Dommage. Mais du coup, l'importance de bien s'informer sur les partis qui se présentent est d'autant plus grande, selon moi (après tout, "informez-vous" est un de nos slogans...).

Alors à la suite d'un article précédent (les conseils non-partisans pour bien voter), je vous propose de vous informer sur les autres partis en lice dans le Brabant Wallon. La plupart sont également concurrents des Pirates aux élections régionales.

Alors qu'en est-il ? Pour qui voter aux autres niveaux de pouvoir ? Enquête.

Pour un parti traditionnel ?

Je ne m'attarderai pas beaucoup sur ces partis-là. Après tout, ils sont connus (j'y inclus le FDF). Suite au coup de gueule que je leur ai adressé récemment, je ne souhaite pas spécialement les soutenir (mais aurai-je le choix ?).

Je mentionnerai cependant la difficulté de rencontrer les candidats de manière directe. Si on trouve parfois des dates de rencontre imprimées sur leurs tracts, force est de constater qu'il n'y en a pas 36 non plus. Et s'il y en a, il arrive que le tract que vous lisez en rentrant du boulot vous annonce une réunion... dans une heure, voire pour hier (véridique). Point de vue organisation, ça devient difficile.

Bref, exercer son esprit critique et s'informer en rencontrant les candidats n'est pas quelque chose de facile. Mais je ne désespère pas d'y arriver !

Pour un petit parti ?

Il est vrai que les petits partis font les choux gras des journaux. "Ils ont déjà gagné les élections" titrait Le Soir, en référence au fait qu'ils n'ont jamais été si nombreux et qu'ils constituent une inconnue de poids dans l'équation électorale.

Alors qui sont-ils ? En bon Pirate, j'ai pris mon clavier de pèlerin pour aller débusquer les petits partis qui se présentent en Brabant wallon.

Première réflexion : à exactement 20 jours des élections (5 mai), sur le site officiel, l'information n'est pas disponible (elle l'est désormais). On ne connait pas encore les listes car que le calendrier électoral (défini par la loi) annonce que les listes seront officielles au 8 novembre 1. Bravo.

J'ai malgré tout trouvé une liste temporaire sur L'avenir.net. C'est déjà ça. Le journalisme n'est pas encore mort. Alors, par ordre alphabétique des petits partis, nous avons :

  • BUB (Belgische Unie - Union Belge) : le seul parti explicitement pro-Belgique (pas le seul parti national ; les pirates aussi ont une seule structure). Je n'ai pas trouvé de notions extrémistes sur leur site. J'ai toujours un peu de mal avec un parti qui se fonde sur une seule idée. Mais dans la mesure où ce n'est pas l'idée en vogue actuellement, cela peut être utile de s'organiser en parti pour la défendre. Si je suis du genre cosmopolite, tolérant, presque bilingue et pour une rencontre entre les cultures, je ne sais pas encore dire si ce projet unitaire (de retour en arrière) est compatible avec mon idée du futur de la Belgique.
  • Debout les Belges : le parti de Laurent Louis (et quand on définit un parti par une personne, c'est déjà mal parti), le député le plus comique de l'histoire belge. On ne sait pas ce qu'il propose, puisque son programme, qui a l'air plutôt censé à la lecture (si, si), va à l'encontre de ce qu'il a montré durant son mandat de député. À savoir plutôt le sensationnalisme, l'irrespect voire l'injure. Et va également à l'encontre de ce qui est affiché ailleurs sur le site : un article ou Laurent LOUIS s'affiche avec Dieudonné ou un article qui explique qu'il faut retourner au franc belge.
  • La Droite : un parti qui se veut de la droite décomplexée. On y trouve facilement des recettes connues pour résoudre tous les problèmes. En deux clics, on tombe sur plus de sécurité, moins de musulmans. Facile. Il est toujours marrant de voir comme les partis extrémistes ont souvent une attention particulière pour les droits des animaux... quand il s'agit d'interdire des pratiques religieuses. Bref, pas pour moi.
  • MG (Mouvement de Gauche) : Voir PTB-Go. Je ne vois pas de différence, si ce n'est peut-être les personnalités en présence
  • MOVE : sous des allures de site web des années 2000, MOVE (Mouvement et Organisation pour Vivre Ensemble) porte un message manifestement très démocratique et ouvert, jusqu'à ce qu'en deux clics, on arrive à des messages tels que "Il ne peut y avoir de zone de non-droit en Belgique" ; "Il est impératif d'avoir une armée professionnelle, bien entrainée et équipée de matériel moderne" ; "pour un véritable statut juridique de l'animal dans le code civil reconnaissant sa nature d'être vivant et sensible, et non plus considéré comme bien meuble" (encore le droit des animaux !) ; "La naturalisation n'est pas un droit mais une faveur et un honneur" et à propos de la police : "redonnons-lui son rôle militaire, y compris dans la sélection". Autant de phrase qui sonnent doux aux oreilles des extrémistes. Ce qui me dit que je ne voterai pas pour eux non plus.
  • Nation : qui, sur la page "1ère visite", invite le lecteur à ne pas croire qu'ils sont nazis et violents, skinheads, délinquants ou minoritaires. Bon début. Mais ils se revendiquent quand même nationalistes et identitaires. Je vous fais un dessin ? Suivant.
  • NWA (Nouvelle Wallonie Alternative) : Première page, premier article : "les méfaits de l'immigration". Deux vignettes : "l'ami des animaux" (décidément, c'est mignon comme ils adorent les animaux) et "non à l'entrée de la Turquie dans l'UE". Et puis, dans l'introduction de leur manifeste, au paragraphe "Alliance des populistes et nationalistes", ils n'ont même pas pris la peine de changer "Front National" en "NWA". Consternant. Suivant.
  • RWF (Rassemblement Wallonie France) : Mouais. Juste l'opposé de BUB, en fait. Aussi basé sur une seule idée. Mais j'ai nettement mois d'affinité avec cette idée de rattachement à la France, qui, d'après moi va à l'encontre de l'avenir (et c'est un euphémisme).
  • Pirate : que je ne présente plus... Parcourez ce site pour en savoir plus, ou l'article "à l'abordage des élections !".
  • PTB-Go : Ils jouissent d'une couverture médiatique suffisante pour que je ne les présente pas. Selon moi, ils proposent de résoudre des problèmes avec des solutions qui ne sortent pas du cadre habituel, juste plus radicales. Tellement XXe siècle. Et réactionnaire.
  • PP (Parti Populaire) : l'équivalent du PTB-Go, de l'autre côté de l'axe politique droite-gauche (qui ne signifie plus rien, d'après moi). Même commentaire.
  • Stand-up USE (Stand Up for the United States of Europe) : un parti pro-européen qui veut repenser l'Europe en profondeur pour la rendre plus utile, plus efficace, plus démocratique. J'y vois beaucoup de bonnes idées et aussi beaucoup d'intellectualisation (la part belle est donnée à l'histoire et à l'explication de ce qu'est ou devrait être l'Europe ; c'est écrit par des journalistes et des chercheurs en politique). Ce dernier point me laisse penser que ce sont des gens intelligents. Je n'ai pas vu de propos racistes, ni "nationaliste européen". À première vue des gens recommandables. Une déception : peu d'accroche internationale avec d'autres mouvements dans d'autres pays pour promouvoir cette vision (si ce n'est un accord timidement affiché avec le la section belge du European Federalist Party).
    Après avoir entendu la tête de liste à la radio, mon sentiment se confirme qu'il s'agit de bonnes idées. Ils ont aussi l'avantage revendiqué, comme chez les Pirates, d'être un mouvement et non pas un parti, ce qui leur permet de critiquer constructivement la politique sans rentrer dans le jeu électoraliste. Ça permet de prendre du recul et de faire des propositions bien plus censées 2.
  • VEGA : sur les listes européennes uniquement, VEGA est un peu comme le PTB-Go. Mais à lire un peu plus ce qu'ils proposent, je me dois de reconnaitre que plusieurs points m'ont fait plaisir : renforcement des protections juridiques des lanceurs d'alertes ; refus des accords transatlantiques (tels qu'ACTA) ou le projet d'une vraie Europe. Puis, on y retrouve aussi les habituels dogmes verts-rouges que j'apprécie moins (parce qu'ils sont dogmatiques, pas forcément pour leurs contenus). Si ce n'est les points cités, je tendrais à les classer comme le PTB-Go!.
  • VLC (Valeurs Libérales Citoyennes) : j'ai d'abord pensé au lecteur multimédia VideoLan, mais non, c'est bien un parti. Et qui se présente genre bon chic bon genre. Leurs premières idées ont l'air sensées, quoiqu'un peu populistes. Puis survient rapidement l'image "L'islam, un défi pour la démocratie". Et, quelques clics plus tard, dans le programme : "Islam et insécurité", "Protection animale" (où, cette fois, le halal est clairement identifié comme la cible de ce point), "Fin des discriminations anti-belges". Pour le reste, du classique : moins d'impôts, plus de bouclier social, plus de démocratie, plus de sécurité. Beaucoup de populisme et de racisme. Pas de fond. Et on ne voit que le président. Personne d'autre. Pas pour moi, donc.

Conclusion

Elle est dure la conclusion. Soit les partis habituels, soit... peu de choix. Si on écarte les partis non recommandables ou qui sont basés sur des dogmes que je rejette, il reste BUB (au fédéral uniquement) ou Stand UP USE (à l'Europe uniquement). Ces deux partis portent des projets clairs qui ne heurtent pas mes convictions fondamentales (pas extrémistes, racistes, réactionnaire, dépassé, etc.).

Si Stand-Up for United States of Europe me plait et me parle (même si je ne suis pas en ligne avec tout ce qui est dit), BUB ne me convainc que très peu. Et puis BUB ne parle pas de participation citoyenne ou de liberté de l'information...

Toutefois, mention particulière à VEGA que j'aurais eu tendance à éliminer d'emblée pour son côté gauchiste extrême. C'est un parti qui est incompatible avec certaines de mes convictions, mais certains points, par contre, sont très bien, comme je l'ai mentionné.

Enfin, un autre point : qu'est-ce qu'il y a comme parti d'extrême droite ! C'est fou, ça ! Moi, j'en étais resté à l'idée qu'il y a eu, un jour, le FN en Belgique et qu'il n'existait plus qu'à travers une ou deux factions qui vivotaient. Mais non : cinq partis différents (6, si on compte le Parti Populaire) ! C'est beaucoup trop.

Alors, voter pour un petit parti ou un parti traditionnel qui ne sera pas dans la majorité (pourquoi ? voyez la règle numéro 3 de mon autre article) ? Je ne vais pas répondre pour vous ! (mais aux régionales... Pirate, hein ! 🙂 )

En tout cas, n'oubliez pas de voter pour des idées, pas pour un visage ni pour un parti.


Photos

Notes:

  1. Note : le 8 novembre, l'ensemble des circonscriptions étaient disponibles, mais pas le BW.
  2. Rappelez-moi que je dois développer cela dans un futur article.

Retour d'expérience sur la campagne électorale 2012

Figurez-vous que j'ai effectué un petit calcul rapide. Il semblerait que notre message pirate soit extrêmement populaire et le taux de conversion entre le nombre de folders distribués et le nombre de vote serait entre 1/6 et un 1/3. Effarant.

En effet, je ne suis dans le BW que depuis peu et la plupart des brabançons que je connais habitent dans le district de Wavre. Comment ai-je donc pu obtenir 225 voix de préférence ? J'ai donc mené une rapide analyse et celle-ci m'amène à des conclusions étonnantes.

Je m'explique.

Les votes vraiment personnels

Partons donc de ce nombre de votes personnels, 225.

  • J'y soustrais le nombre de voisins à qui j'ai parlé en direct du Parti Pirate, c'est-à-dire 11. Je considère donc que tous mes voisins ont voté pour moi.
  • J'y soustrais le nombre de personnes à qui j'ai envoyé un mail et qui habite dans le BW Ouest, c'est-à-dire 7. Je considère donc que toutes ces connaissances ont voté pour moi.
  • Je soustrais encore quelques connaissances de Braine-l'Alleud à qui j'en ai parlé, mon épouse et moi-même, c'est-à-dire 5. À nouveau, je fais l'hypothèse que tous ces gens ont voté pour moi.

Après ces hypothèses (qui sont, pour le moins, fortes), je constate que je pouvais m'attendre à 23 votes (je vous l'ai dit, je ne connais pas tant de monde que ça, je suis nouveau dans le coin). Arrondissons à 25 pour les calculs. Il me reste donc 200 personnes qui ont voté pour moi — personnellement —, sans m'avoir vu. Je n'ai en effet pas fait de marché, je n'ai pas organisé de salon citoyen ou autres joyeusetés. D'où viennent ces votes ?

  • Avant de continuer avec ces 200 votes, j'en retire encore 40% (soit 50) qui pourraient provenir d'internet. Des gens ont peut-être lu mon blog, ou m'ont suivi sur les réseaux sociaux. Ceux-là, touchés par le message pirate auraient voté pour moi en particulier car ils m'ont lu. Ce nombre est très difficile à estimer, mais comme je n'ai jamais reçu un feedback d'un brabançon (du district de Nivelles) sur internet, j'ai même tendance à croire que ce nombre est encore surévalué. Hé non, je ne suis pas encore blogueur influent, contrairement à certains.

100 à 150 personnes ont voté consciemment pour moi sans me connaître

Mais continuons le raisonnement et prenons encore quelques hypothèses sur les 160 votes restants.

  • Hypothèse 1 : 10% des votes (soit 20) proviennent d'un vote complètement aléatoire (et donc, par hasard, moi) ;
  • Hypothèse 2 : 20% des votes (soit 40) proviennent de gens qui voulaient voter pirate et qui, par défaut, votent pour tous les candidats d'une liste (et donc, y compris moi) ;
La liste Pirate affichée au bureau de vote

La liste Pirate affichée au bureau de vote

...Restent donc 100 votes qui viennent de gens voulaient voter pour moi, personnellement (alors que j'ai bien dit qu'il ne fallait pas voter pour moi). Et je ne vois alors qu'une seule explication : ils ont reçu un beau folder pirate dans leur boîte aux lettres, accompagnée d'une carte de visite à mon nom. Ils se sont alors dit : « Ce message pirate me convient très bien. Je voterai pour eux... et plus particulièrement pour ce pauvre type qui s'est déplacé jusque chez moi ». Du coup, comme je n'ai distribué que 450 cartes de visites (environ), cela fait une conversion de « cartes de visite » vers « vote » de 22%. Pas mal.

Mais à mieux réfléchir, ces hypothèses me semblent encore fortes il me parait plus judicieux de prendre 5% (10) et 5% (10) pour les deux hypothèses susmentionnées. Cela nous amènes à 140 votes personnels et un taux de conversion de 31%. Bon, les chiffres peuvent franchement se discuter.

Conclusion, au lieu de deux soirées de distribution de « toute-boites » et 450 cartes de visites, j'en ferai 20 et distribuerai 4500 cartes de visites et j'aurai 2250 voix, soit la même chose que le FDF en Brabant wallon. Et ils ont eu un siège, eux. Allez, la prochaine fois, je suis élu ! 🙂

Facade

N'oublions pas le message

Donc, 100 à 150 personnes — c'est-à-dire 45% à 66% de mes voix — ont voté pour moi, sans me connaître. C'est dire si le message pirate est intéressant ! La carte de visite fait peut-être qu'ils ont voté pour moi plutôt qu'un autre sur la liste, mais la condition nécessaire reste quand  même le message ! Ce ne peut donc qu'être le folder pirate qui a fait passer ce message.

Ce qu'on doit retenir, je pense, c'est ceci. Sur base d'un relatif anonymat du mouvement pirate (en dehors des cercles pirates et politiques), nous avons pu montrer aux gens que ce que nous proposons est intéressant. Je répète, les pirates ont un projet qui intéresse les gens et qui vaut la peine. Du message que nous avons fait passer, je retiendrai les quelques éléments suivants :

  • nous avons eu une accroche sympa qui change des partis traditionnels sans tomber dans le culcul ou l'idiot juste pour faire parler de soi ;
  • nous n'avons pas dit « votez pour nous ! » mais « informez-vous chez les pirates... et chez les autres » ;
  • nous avons présenté des valeurs et pas seulement un programme.

À méditer pour la prochaine campagne...

(Précisions sur les chiffres)

  • Oui, les chiffres peuvent se discuter, mais fondamentalement, les conclusions semblent bonnes.
  • Un taux de conversion de 30% peut sembler peu, quand on sait que certains partis font des majorités absolues (50%+). À ceci, je réponds :
    - Certains partis mettent plus d'un tracts dans les boîtes (c'est le moins que l'on puisse dire !) ; le taux de conversion doit le prendre en compte et là, il va sacrément diminuer. En moyenne, j'ai reçu 4 tracts par partis. Mathématiquement, le taux de conversion ne peut donc déjà pas dépasser 25% s'ils en distribuent dans toutes les boites.
    - N'oublions pas que les partis traditionnels doivent juste convaincre sur des détails (leurs grandes lignes sont connues) car ils ont une base assurée ; nous, nous devons faire connaître notre programme, nos valeurs et notre philosophie en plus. Nous partons d'une base quasi-nulle.

Les élections, c'est dimanche

Bonjour les Brabançons,

Ça y est, les élections sont là. C'est dimanche. Je me permets un dernier message pour vous informer.

Tout d'abord, vous n'êtes pas obligés de voter pour moi. Ce qui m'importe, c'est que vous vous informiez. Sachez que les pirates existent. Pour cela, je vous invite à lire le dépliant que nous avons distribué, même si vous ne comptez pas voter pirate.
Affiche du Parti PirateVous faites partie d'un autre parti ? Et alors ? Être membre d'un parti, c'est se mobiliser pour des idées que l'on a en commun. Mais ne vous épargnez pas l'exercice de vous demander si la tête de liste de votre parti est bien la personne qui vous convient le mieux pour vous représenter. Dans certaines circonstances, les autres listes (pirates, bien sûr, mais aussi les autres !) sont plus à mêmes de défendre vos idées ou de faire avancer les choses. Ne vous enfermez pas dans un dogme particratique. Informez-vous.

Enfin, si vous vous sentez un peu pirate (faites le test), sachez que les pirates sont présents aux communales à Ottignies-Louvain-la-Neuve et aux provinciales dans tout le Brabant wallon. Pour ceux qui sont dans le district de Nivelles (càd les 9 communes de l'Ouest du BW), vous pouvez même pour votre serviteur, en dernière position sur la liste. Toutes nos listes en BW ont le numéro 7.

2012-09-03_CDV_nico-2_m

Bref, ne faites confiance à aucune affiche. Informez-vous. Et informez les autres en partageant ce message.

Piratement vôtre,

Nicolas

Pour plus d'infos sur le Parti Pirate : twitter (@pp_bw), Facebook et Google+. Ou encore www.ppbw.be

Êtes-vous un pirate ? Le TEST !

TestÀ l’approche des élections, il est de coutume de publier un petit test pour savoir si vous êtes prêt à voter tel ou tel parti. Nous, pirates, ne restons pas en reste. Je vous propose de faire pareil...

Les instructions sont à peu près les mêmes pour tous les tests : choisissez la phrase qui vous correspond le mieux pour chacun des sujets.

À propos de la transparence, vous êtes plutôt...

(a) Le citoyen doit pouvoir facilement accéder aux données de l'exercice politique (motivations des décisions d'assemblées élues, salaires complets des élus, etc.) afin qu’il puisse juger lui-même les actions de ceux qu’il a élus.
(b) Ahoy, moussaillon ! Quand l’eau est transparente, c’est que tu es du côté des Caraïbes ! C'est tout bon, ça !
(c) Moins le citoyen en sait mieux ça vaut. Après tout, les élus sont là pour réfléchir à leur place 1.

À propos de la neutralité du réseau...

(a) Je pense qu'Internet est un service public 2 qui doit permettre à tout citoyen de s’informer, de s’éduquer et d’avoir acès à la culture. Il doit donc rester neutre et ni les fournisseurs d’accès ni les gouvernements ne peuvent en filtrer le contenu.
(b) Ahrrrr ! Essayez seulement de m’empêcher de naviguer, vous verrez ce qu’il vous en coûte, foi de Barbe Noire !
(c) Je pense qu’Internet est un marché comme un autre et les fournisseurs d’accès doivent pouvoir faire payer ce qu’ils veulent en fonction de la demande et que les états doivent pouvoir surveiller tout le monde pour le bien de la communauté. De plus, cela permet de censurer ce qui n'est pas convenable pour tous les citoyens.

À propos de votre place sur l’échiquier politique

(a) Je ne comprends plus cette différence gauche-droite. Il y a des bonnes idées de chaque côté ; le tout est de les utiliser quand il faut, à bon escient. Soyons constructifs plutôt que dogmatiques.
(b) Babord ou tribord ? Mais mon gaillard, ça dépend où tu es !
(c) Ma place à moi ? Au vu des idées que je défend, il est évident que je suis de droite|gauche 3. C'est évident.

À propos de la collaboration

(a) La collaboration est tellement nécessaire et évidente que je ne vois pas ce que je peux vous dire là-dessus.
(b) Moussaillon, un pirate n’est rien sans le reste de l’équipage.
(c) La collaboration, c’est bien beau, mais pas en-dehors de mon parti ! On ne partage pas les mêmes idées, comment voulez-vous qu’on collabore ?

À propos de l’initiative citoyenne

(a) Sans penser que nous sommes prêts pour la démocratie directe, je pense que le citoyen a le droit à l’initiative. Après tout, il est le mieux placé pour savoir ce dont il a besoin pour mieux vivre.
(b) Ahoy ! Si un pirate veut s’exprimer, qu’il le fasse ! Chacun a la parole à bord.
(c) Mais les élections sont là pour ça. En dehors d’un vote tous les six ans, on n’a pas besoin de l’avis du citoyen. Nous autres politiciens sommes là pour prendre l'initiative.

À propos de l’accès à la culture

(a) C’est un droit pour chacun. Le monde s’est fait et les techniques ont évoluées car les gens ont pu se baser sur ce qu’ont fait leurs prédécesseurs. Comme disait Newton ou Pascal : « nous ne sommes que des nains sur des épaules de géants... » Il faut donc mettre en place en système qui assure le partage des idées et de la culture tout en assurant le revenu des auteurs.
(b) Sur mon bateau, les pirates chantent tous ensemble. Et quand on trouve un trésor, tout le monde obtient sa part ! S’il y en a un qui veut tout garder, on le passe par la planche aux requins, mille sabords !
(c) Bien sûr que la culture, c’est important. C’est pour cela que l’industrie de la musique, des films ou de l’édition est là : pour protéger les auteurs ; pour qu’ils créent de la culture en faisant tourner l’économie.

Résutats

CC by John S Turner on http://www.geograph.org.uk/profile/8378

Un vrai pirate

Vous avez répondu une majorité de (a) ? Alors vous êtes un pirate ! Si ce n’est déjà fait, rejoignez l’équipage le plus proche de chez vous ou, si vous préférez, piratez ces idées et portez-les dans le parti de votre choix.

Vous avez obtenu un majorité de (b) ? Alors vous êtes un pirate ! Cache-œil, jambe de bois et sabre au poing, vous êtes prêt pour l’aventure ; Barberousse lui-même n'aurait pas eu fière allure à côté de vous. Par contre évitez d’interpeller votre patron au bureau en disant « Ahoy ! » et en lui présentant votre crochet. Ça fait mauvais genre, aujourd’hui.
Et pensez quand même à cirer votre jambe de temps à autre.

Vous avez obtenu une majorité de (c) ? Alors vous n’êtes pas encore un pirate. Vous seriez plutôt du genre parlementaire européen borné 4. Mais pas de problèmes : nous sommes ouverts à la discussion et nous sommes prêts à ouvrir le débat avec vous. Quand pouvons-nous discuter ?

En tout cas, pour chaque (a) que vous avez répondu, vous avez une bonne raison de voter pirate. 🙂


Photo du pirate CC by John S Turner on Geograph.org.uk

Notes:

  1. Ne riez pas, certains parlementaires européens le pensent et même le disent... cf. ici
  2. Ceci n'est pas incompatible avec le fait qu'il soit disponible au travers d'entreprises privées.
  3. Biffez la mention inutile. Cela revient au même.
  4. Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Il y  a beaucoup d’eurodéputés capables, compétents et ouverts. Mais ceux qui sont bornés le sont particulièrement fort.

Hypocrite, moi ? non, sadique !

Klein deeltje in het Nederlands aan het einde van dit artikel.

Les politiciens sont visiblement tous plus ou moins hypocrites. En tout cas, c'est ce que prétend Lionel, de sa propre expérience, et j'ai tendance à le croire.

Comme lui, je suis également candidat sur une liste pirate. Mais pour diverses raisons, je fais ma campagne différemment. Bien que candidat, je ne me considère pas politicien. Je reste un candidat « issu de la société civile », comme dise les politiciens, quand ils veulent montrer qu'ils sont ouverts. Je n'ai en effet pas le temps d'aller sur les marchés. Et je n'aime pas serrer les mains juste pour me faire voir. Je veux que les gens parlent de mes idées et du programme pirate. Je veux qu'ils lisent ce que nous proposons et qu'on en discute.

Pas la bonne solution

Je sais, ce n'est pas comme ça que je serai élu et que je pourrai changer les choses. Lionel et les autres politiciens sont sans doute plus dans le bon que moi. Tant pis, j'assume 1.

Ainsi, j'échappe donc à ce sentiment d'hypocrisie. Mais je dois aussi confesser un autre sentiment : je deviens sadique. Sadique envers les politiciens et les autres partis. Je passe mon temps à scruter la petite bête, avec mes lunettes de pirates (ou plutôt mon cache-œil de pirate), pour me rassurer en constatant que les autres se trompent.

ACTA sera mon piège à politicien !

Pas plus tard qu'hier, je me suis souvenu d'un plan machiavélique 2 qui était dans mes cartons. À la signature du traité ACTA, je me suis dit : « en septembre, j'irai revoir qui a voté pour ACTA parmi nos députés européens, et je publierai le nom de ceux, parmi eux, qui se présentent aux élections communales. Mouahahahah ! (ici, imaginiez un rire machiavélique genre Mr Burns.) »

CC by European Parliament on Flickr

Je l'ai donc fait. J'ai vérifié chaque nom — merci, la transparence ! — mais je constatai rapidement que pas un seul eurodéputé pro-ACTA ne se présente aux élections communales... J'étais presque déçu. Sadique, je vous disais.

La preuve, j'ai même été plus loin. On peut en effet interpréter les choses différemment. Peut-être que les PRO-ACTA ont voté justement parce qu'ils ne se présentait pas aux élections et un vote impopulaire n'est donc pas un problème. Et peut-être que les candidats communaux ont voté contre ACTA justement parce qu'ils allaient se présenter et ils ne pouvaient pas se permettre un vote impopulaire... Mais allez, je serai beau joueur, je leur laisse le bénéfice du doute.

Par conséquent, je signale à tous mes amis aux quatre coins de la Belgique que les députés suivants ont voté contre ACTA. Ils peuvent donc avoir un a priori favorable envers ces gens. À eux ensuite de « ne faire confiance à aucune affiche et de s'informer ».

Par ordre alphabétique du nom de famille :

  • à Herstal, Frédéric DAERDEN
  • à Liège, Véronique DE KEYSZER
  • à Liège, Anne DELVAUX (je ne savais pas qu'elle venait de Liège, elle... elle n'a pas l'accent :-p)
  • te Leuven, Saïd EL KHADRAOUI
  • à Anthisnes, Marc TARABELLA
  • te Antwerpen, Kathleen VAN BREMPT

Avec une mention spéciale pour Anne Delvaux qui a voté contre ACTA malgré la consigne de son parti 3. Maintenant, à vous de savoir si vous voulez voter pour des gens qui cumuleront donc une fonction d'eurodéputé et de bourgmestre ou échevin.

Allez, je referai la même vérification lors des prochaines élections. 🙂

En ook in het Nederlands

Beste vrienden, jullie kunnen een positief a priori hebben voor de volgende politici die candidaat voor de volgende gemeentelijke verkiezingen zijn. Ze hebben inderdaad tegen ACTA gestemd in juli 2012.

Per alfabetische order:

  • à Herstal, Frédéric DAERDEN
  • à Liège, Véronique DE KEYSZER
  • à Liège, Anne DELVAUX
  • te Leuven, Saïd EL KHADRAOUI
  • à Anthisnes, Marc TARABELLA
  • te Antwerpen, Kathleen VAN BREMPT

Maar nu, moeten jullie ook verder gaan om een goed uitzicht over die persoon te hebben. Trust no poster ! Informeer u uzelf !

Notes:

  1. J'aurai peut-être évolué pour les prochaines élections européennes en 2014.
  2. OK, tout est relatif...
  3. « Consigne de parti », encore un concept qui n'a aucun sens !

Le pirate parfait

CC by JM Tosse -- http://www.fotocommunity.com/pc/pc/display/16427857&docid=3CDRaFH9E6ROEMLe pirate tel qu'on se l'imagine a bien sûr un cache-œil noir, une main remplacée par un crochet, une jambe de bois, une grosse barbe et un grand chapeau noir.

CC by Aaron Van Dike -- http://www.flickr.com/photos/8176239@N05Mais à quoi ressemble le pirate politique ? On se l'imagine aisément informaticien, jeune et rebelle, en quête d'un monde nouveau compatible avec ses idéaux et son envie de ne rien payer (parce que c'est évidemment un voleur). Pour mieux cerner ce pirate des temps modernes, je vous propose un tour d'horizon de tous les candidats pirates en Brabant wallon...

Le pirate est « jeune et rebelle »

Sur notre échantillon de 12 candidats, répartis sur les listes provinciales (district de Wavre et de Nivelles) et communale (Ottignies-Louvain-le-Neuve), nous avons les données suivantes concernant l'âge : 23, 23, 25, 28, 30 ,30, 30 ,31, 35, 37, 55, 56, 62. Que nous disent ces chiffres ?

  • De 23 à 62 ans, nous avons une moyenne d'âge de 36 ans.
  • Nous avons environ un tiers (4/13) de moins de 30 ans, un tiers (4/13) de plus de 35 ans et un gros tiers (5/13) entre 30 et 35 ans.
  • Le panel représente donc tous les âges, avec une légère surreprésentation de la tranche 30-35 ans.

Donc, nous sommes bien dans les clichés... C'est bien connu, 30 ans est l'âge le plus rebelle. À côté de la trentaine, l'adolescence et la crise de la quarantaine, c'est de la gnognotte.

Le pirate est « informaticien »

En ce qui concerne les professions, nous obtenons les profils suivants :

  • étudiant en informatique ;
  • magasinier en atelier agricole (avec une formation administrative) ;
  • ancien paracommando et chauffeur de car ;
  • étudiant en philo et lettres ;
  • informaticien pensionné ;
  • journaliste de presse écrite ;
  • informaticien dans le secteur universitaire ;
  • ingénieur civil en informatique en logiciel libre (pour ceux qui connaissent les candidats, vous ne devinerez sans doute jamais qui c'est) ;
  • éducateur spécialisé (avec un master en mathématiques) ;
  • ingénieur civil électricien dans le domaine des transports publics ;
  • employé dans le secteur de la diplomatie européenne ;
  • ingénieur de gestion ;
  • ingénieur chercheur en énergies renouvelables.

Ca nous fait une belle brochette, quand même, non ? Que retenir de cela ?

  • 30% (4/13) ont le mot « informaticien » dans leur emploi. Cela s'explique évidemment par l'origine du mouvement pirate, né avec la (r)évolution numérique. Mais en BW, les informaticiens sont déjà bien loin de la majorité !
  • 30% (4/13) sont ingénieurs. Bon, c'est beaucoup. Mais l'équipage BW a été fondé par trois ingénieurs, alors forcément...
  • Nous avons quand même des profils atypiques ! Loin de recouvrir toute la réalité belge (ni même du BW, sans doute), on obtient quand même une belle diversité, preuve que le mouvement pirate est ouvert à tous.

Et si vous voulez apporter encore plus de diversité, venez nous rejoindre 🙂

Le pirate est « en quête d'un monde nouveau compatible avec ses idéaux... »

Oui, ben là, je ne peux que donner raison à la caricature. Nous sommes tous des citoyens qui avons un idéal à défendre et nous voudrions utiliser la politique comme moyen de faire évoluer notre monde.

CC by Jean de La Rochelle -- http://commecadefrance.com

Liste électorale de citoyens

Vous aurez donc remarqué qu'aucun candidat n'est un politique. Sur une liste normale, on dirait issu de la société civile. Sur une liste normale, on en aurait accepté un ou deux, parce que ça fait bien d'être une liste d'ouverture, avec de tels candidats débutants.

N'est-ce pas l'inverse qui devrait toujours arriver ? Plutôt une liste composée de citoyen motivés qui veulent se mettre au service de la société ? Avec quelques hommes politiques qui sont déjà (ou qui ont déjà été) en mandat parce que c'est bon d'avoir aussi un peu d'expérience ?

Je ne sais pas vous, mais moi ça me paraitrait plus sain. Plus logique. La politique n'est pas un métier. La politique est un service. J'imagine déjà beaucoup de monde qui bondit en lisant ceci. Pourtant j'en suis convaincu. Mais je n'irai pas plus loin car j'envisage un autre article, plus long, centré sur ce sujet. Nous aurons donc l'occasion d'en reparler !

« ... et son envie de ne rien payer »

Ah oui. Les Pirates sont des voleurs profiteurs qui ne veulent rien payer. En attendant, nous payons nos tracts, nos affiches et nos communications nous-mêmes ; nous donnons du temps pour cette campagne, pour expliquer les idées et les valeurs pirates. Notre but est de nous mettre au service de la société pour l'améliorer.

Mais oui, nous ne sommes que des profiteurs.

Conclusion

L'image de l'informaticien, jeune et rebelle, en quête d'un monde nouveau compatible avec ses idéaux et son envie de ne rien payer est parfaitement exacte. Toute personne qui n'entre pas dans ces critères n'est pas bienvenu chez les pirates. Ou pas.

Plus sérieusement, les Pirates, c'est autre chose que cela ! Et en tout cas, j'ai du mal à voir comment on pourrait tirer un portrait type d'un pirate. Rien qu'en BW, on trouve aussi bien des simplicitaires amis de l'environnement que des vrais libéraux 1 solidaires. Mais nous avons tous des points communs : épris de liberté, de solidarité et de diversité, nous sommes mus par l'utopie d'un monde qui tournerait plus rond. Bref, nous sommes pirates. Et vous ?


Photos:

Notes:

  1. attention, je parle ici de libéraux au sens noble, et donc pas forcément à droite et encore moins affilié au MR !

Ne votez pas pour moi !

Ça y est, c'est officiel, depuis ce week-end, je suis candidat Pirate aux élections provinciales en Brabant wallon (district de Nivelles). Je suis sur la liste avec Alexandra et Alexis.

Moi, candidat ? Il y a un an encore, je ne l'aurais pas cru.

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nicolasy

J'ai toujours été intéressé par la politique et par la noblesse de sa fonction (oui, oui, je sais...). Mais je ne pensais pas rejoindre un jour un parti, vu que je n'en avais jamais trouvé qui me correspondait vraiment... Jusqu'à ce que je croise le sillon d'un navire pirate...

Mais ne votez pas pour moi.

Ne votez pas pour moi !

Ne votez pas pour moi si vous voulez que je vote des décrets provinciaux pour un enseignement provincial de meilleure qualité.
Ne votez pas pour moi si vous voulez que je prenne des mesures qui favorisent les mouvements de jeunesse, la diversité ou la rencontre d'autres cultures.
Ne votez pas pour moi si vous espérez que je vous offre des routes et des infrastructures provinciales belles et de bonne qualité.
Ne votez pas pour moi si vous pensez que je choisirai des projets novateurs pour le Brabant wallon.
Ne votez pas pour moi si vous voulez que je fasse tout cela une fois élu.

Mais...

Si vous souhaitez savoir quelles sont les finances de l’enseignement provincial et, à partir de là, donner des idées pour améliorer les choses ;
Si vous êtes impliqués dans un projet d’ouverture ou qui soutient la jeunesse et que vous avez besoin de la Province pour le réaliser ;
Si vous voulez comprendre l’équilibre budgétaire de la Province qui fait que telle ou telle route n’est pas assez entretenue — et surtout si vous avez une suggestion pour mieux faire ;
Si vous souhaitez donnez votre avis quand la Province veut lancer une nouveau projet (qu’il soit mégalomane ou approprié, utile ou inutile, petit ou grand) ;
Alors, votez pour moi. Oui, si vous souhaitez participer à la vie du Brabant wallon, alors votez pour moi.

La différence pirate

Vous l'aurez compris, le candidat pirate n'est pas un candidat habituel. Je ne serai pas élu pour que, pendant 6 ans, vous ne sachiez pas ce qui se passe en conseil provincial. Je ne viendrai pas, après 5 ans et 10 mois, vous serrer la main sur un marché pour que vous votiez pour moi.

La politique doit évoluer et ne plus fonctionner en vase clos. Comme nous disposons aujourd'hui des moyens techniques pour que le citoyen participe, le rôle de l'homme politique n'est plus de faire la politique à la place du citoyen.

En ce qui me concerne, je souhaite être plutôt une sorte de « manager politique », à savoir quelqu'un dont le rôle est de mettre les informations à dispositions, récolter les suggestions, écouter les remarques, canaliser les énergies et tenir compte de chacun (même ceux qui ne s'expriment pas). Tout cela dans le but de construire une proposition cohérente, positive et globale.

Les Pirates n'ont donc aucune idée à défendre ?

Si, bien sûr. Le mouvement pirate est international et issu d'internet et de la génération Y. Nos revendications sont donc nombreuses, telles que :
* la réforme du droit d'auteur ;
* la réforme de la propriété intellectuelle et en particulier assurer l'interdiction des brevets sur les médicaments ;
* la protection de la vie privée, lié à liberté d'expression ;
* la mise à disposition et le partage du savoir et des connaissances pour chacun (sur Internet) ;
* le respect de chaque humain dans sa différence et l'encouragement à la diversité ;
* mais aussi — et peut-être surtout — le renforcement du droit des citoyens.
Cette dernière idée passe principalement par une transparence maximale des instutions publiques, les discussions citoyennes (en ligne en IRL), la prise en compte du « wisdom of the crowd » et enfin, l'utilisation d'outil de participation (tel que LiquidFeedback).

Mais soyons réalistes... Ce n'est pas au conseil provincial du BW que nous parlerons de ces idées... sauf de la dernière ! Même en BW, les pirates peuvent déjà apporter un vent nouveau, par petites touches, qui renforce le pouvoir du citoyen.

Concrètement

Afin que chacun puisse participer si et comme il le souhaite, il faut commencer par avoir accès aux informations. C'est pourquoi je propose d'emblée de mettre en œuvre les mesures simplissimes que j'ai développées suite à notre visite au conseil provicial :

  • publier les dates des conseils provinciaux pour l'année, plutôt qu'une semaine avant ;
  • permettre aux citoyens, sans devoir le demander par courrier, d'avoir accès aux décisions du conseil, ainsi qu'aux contenus des propositions (ce qui n'est pas le cas pour l'instant) ;
  • faire mieux que le code de la démocratie locale et engager l'administration à répondre aux mails également (actuellement, l'obligation de réponse est limitée au courrier papier).

Ça, ce sont des « mesurettes » qui devraient déjà être prises, je vous l'accorde. Mais toujours dans le but de promouvoir la participation citoyenne, je souhaite également :

  • live-tweeter les conseils provinciaux et, si possible, les commissions de travail 1 ;
  • mettre à disposition tous les éléments qui permettent aux citoyens de comprendre les décisions politiques ;
  • discuter de ces décisions, lors de leur préparation, comme après leur vote, avec les citoyens, au travers de discussion online (via un forum dédié) et réelle (via des réunions mensuelles) ;
  • faire appel, de manière publique, à des spécialistes indépendants ainsi qu'aux citoyens lambda qui le désirent pour obtenir un avis pertinent sur un problème précis.

Je ne m'engagerai donc pas sur d'autres mesures plus précises. En effet, il suffit d'une majorité récalcitrante, un budget trop serré, des événements qui réorientent les priorités, ou même un problème mal posé... pour qu'elles ne se voient jamais réalisées. Laissons les idées évoluer ensemble et trouvons des solutions en collaborant, plutôt que de se battre pour son idée dans son coin 2.

Par contre je m'engage, en tant que père de famille, ingénieur et citoyen du monde, à faire preuve d'esprit critique, d'ouverture d'esprit, d'intelligence, de pragmatisme et de vision à long terme afin que nous puissions construire, avec les autres élus et les citoyens, des projets bénéfiques pour la société dans son ensemble et jamais au profit d'intérêt personnel. Le tout selon les principes pirates.

Mais ça, ce n'est pas en vous serrant la main sur un marché que vous saurez si j'en suis capable. Alors venez aux prochaines réunions pirates 🙂

2012-09-03_CDV_nico-2_m

Notes:

  1. Certains le font déjà, comme @PierreHUART
  2. Voir mon (trop long) article sur les idées politiques et leur évolution : « Le Parti Pirate : le transport en commun de la politique ».

Les Pirates en excursion au Conseil Provincial

Ce jeudi 28 juin, je suis allé, avec quelques pirates du BW, assister au dernier conseil provincial avant les vacances. Le suivant sera en septembre, autant dire peu de temps avant les élections d’octobre. Un rendez-vous à ne pas manquer, donc.

L'occasion d'aller voir de quoi il retourne en Brabant Wallon.

Le conseil provincial en Brabant wallon : comme une impression fantôme

J’étais content d’aller à ce conseil. Il fait partie des (nombreuses) instances démocratiques de notre pays. J’espérais donc bien participer à la « vie démocratique » de mon pays. Hé, ne riez pas, là au fond ! Oui, je sais, c’est la province... Mais je ne suis pas naïf : je n’imaginais pas un grand moment démocratique aux enjeux essentiels, comme on peut se les représenter sur un forum de la Grèce antique, ou comme les grands débats sénatoriaux à l’aube d’une guerre, par exemple.

Démocratie athénienne -- CC by untitledds on Flickr

Le conseil provincial du BW ? Pas vraiment...

Nous sommes dans la province du Brabant wallon. Avec les problèmes (il y en a, au BW ?) du niveau provincial. J’avais lu l’ordre du jour, il s’agissait plutôt du don à une ASBL, du choix d’investissement dans des gobelets réutilisables pour les grands événements, ou de la commande de matériel (tentes et barrières) pour le centre de prêt provincial. De petites choses de la vie, qui sont aussi nécessaires.

Bref. Comme tout le monde, j’étais donc invité 1 à assister à un moment qui, bien que surtout dédié à une gestion journalière, n’en reste pas moins démocratique et donc intéressant.

Une armée de clones pousse-bouton

En milieu de séance, face à ces attentes, je n’ai pas pu m’empêcher de twitter un bon gros « WTF ? » -- excusez de l’anglicisme. Qu’est-ce que c’était que ce truc ? Une mascarade ?

Je me suis retrouvé, avec mes amis pirates, à une séance de pousse-bouton : pour les 22 objets de l’ordre du jour, il s’agissait juste de lire le titre de la proposition soumise au vote et d’inviter les conseillers et députés à voter. Attention, j’ai bien dit « titre de la proposition » ; pas la proposition elle-même ! Ah non : nous, simples citoyens spectateurs, nous ne pouvons même pas savoir de quoi ça parle...

Mais le vote a bien lieu. Et à chaque vote, quarante-deux « oui ». Ou quarante-trois, après que le retardataire soit arrivé. Zéro « non ». Pas un. Pas de discussion, pas d’opposition. À peine, pour quatre objets, quelqu’un a pris la parole, qui pour encenser un artiste, qui pour faire une private joke (visiblement une pique à l’attention d’un député, d’après le ton), qui pour... parler du point précédent qui était déjà clôturé - pardon M. le président.

Electronic Vote -- CC by European Parliament sur Flickr

Ils ne savent visiblement pas qu'il y a aussi un bouton blanc et un bouton rouge...

Ils ne savent pas qu'il y a un bouton blanc et un bouton rouge...

22 points. 50 minutes. Envoyé, c’est pesé. Certains ne sont même pas restés jusqu’au bout.

Les arguments sont dignes de ceux des Sith !

Alors je me renseigne et on m’explique... En fait, les décisions sont prises avant le conseil. Les propositions sont faites et discutées en commission. La réunion du conseil ne sert qu’à avaliser officiellement les décisions prises auparavant. Je veux bien. Je comprends : un vote officiel est nécessaire. Pas passionnant, mais nécessaire.

Mais on est en droit de se poser la question : en quoi est-ce démocratique ? Le seul moment où le citoyen est invité est le moment où il s’agit d’un acte administratif formel sans aucun fond ? Parce les réunions et les commissions, je ne peux pas y aller, moi... Alors on me répond : « Oui, mais ce sont des discussions à huis clos, c’est normal » ou, pire : « C’est une démocratie représentative, les citoyens ont confié la gestion aux politiques, et ils sont là pour réfléchir à leur place ».

Permettez-moi ici de réagir vigoureusement. J’aimerais en effet ne plus jamais entendre ce genre d’arguments fallacieux et simplistes. Et je compte sur vous pour y répondre comme moi.

  1. Si des décisions doivent se prendre à huis clos, très bien, ça arrive. Mais alors (1) qu’on nous dise pourquoi et (2) qu’on n’invite pas le citoyen à assister au vote, puisqu’il n’est que formel et sans contenu. Inviter officiellement le citoyen à venir à ce moment-là, c’est de la pure hypocrisie.
  2. Ce n’est pas parce que des gens nous représentent que nous n'avons pas le droit de vérifier ce qu’il font ! Au contraire ! Comment je sais, moi, si celui que j’ai élu fait bien son boulot ? Comment je sais si je dois encore voter pour lui ? Parce qu’il m’a serré la main sur un marché ? Élire des gens, ce n’est pas leur donner carte blanche et fermer les yeux pendant tout le mandat. En tout cas, ce n’est pas ma conception de la citoyenneté et de la démocratie.

Á l’avenir, chers concitoyens, chers pirates, à chaque fois que vous entendrez quelqu’un proférer des âneries pareilles, vous l’inviterez à lire ce billet, ou vous lui présenterez vous-mêmes ces arguments. J’espère alors qu’il ne répétera plus jamais cela, sans se dire, en son for intérieur, qu’on lui a « mis le nez dedans ».

Si vous m’avez bien compris, vous noterez que je ne juge pas ici du fond du travail effectué par le conseil provincial. Je ne suis pas assez impliqué dans le sujet mais surtout, ce n’est pas le conseil provincial qui me le permettrait. Je présumerai donc, pour l’instant, d’un travail bien fait. Il s’agit bien ici de la forme, qui se dit démocratique et qui ne l’est pas.

Et à ce sujet, ma conclusion en sortant du conseil provincial est sans appel : nous sommes dans un système (au niveau provincial) où le citoyen ne peut rien savoir. Se présenter au conseil provincial ne sert à rien. Fin de la première trilogie. Le moral est bien bas et l’avenir est bien sombre. Le côté obscur semble gagner.

Un nouvel espoir...

Bon, pour être tout-à-fait honnête, on m’a aussi dit que ces dossiers devraient être disponibles au greffe. « Devraient ». Mais en fait, on n’est pas sûr. J’essaye de me renseigner sur le site du Brabant wallon, je ne trouve rien... Mais il y a un numéro de téléphone. J’ai donc mené l’enquête et téléphoné...

Une très gentille dame (et visiblement compétente 2) m’a alors indiqué la marche à suivre. Je vous passe les détails du « code de la démocratie locale et décentralisée » et tous les détails administratifs. En gros : je dois écrire une lettre pour demander une copie des documents. C’est assez XXe siècle, mais je l’ai fait. Je ne manquerai pas de vous tenir informés de la réponse.

Je contre-attaque !

En attendant la réponse à venir (ils sont obligés par la loi), je ne peux m’empêcher de réfléchir devant tant de lourdeur, de complication et d’opacité. Ce système ne permet pas au citoyen de comprendre quoique ce soit. Mais, optimiste, je crois volontiers qu’il s’agit ici d’habitude, d’histoire, de règlements et pas de mauvaise volonté ou d’intentions peu louables.

Fidèle aux principes pirates, je veux être positif, pragmatique et constructif. Je considère donc que les membres du conseil sont pleins de bonne volonté et qu’ils ne refuseront pas un peu d’aide.

Alors, mesdames et messieurs les députés, mesdames et messieurs les conseillers, voici quelques propositions ultra simples pour rendre la vie plus facile aux gens et être effectivement plus démocratiques. Je vous en prie, piratez ces idées, volez-les moi et mettez-les en œuvre.

1) Au XXIe siècle, nous avons une vie bien remplie et nous devons nous organiser. Aidez-nous en publiant un agenda des conseils provinciaux. Parce que donner une date de conseil deux semaines à l’avance, c’est ridicule. On a presque l’impression que vous ne voulez pas qu’on vienne.

Et ne dites pas que c’est compliqué : les membres du conseil ont les dates définies pour toute l’année.
Investissement : une demi-journée de travail pour ajouter une page dans la structure du site web. Et une heure par an pour mettre les dates à jour. Raisonnable.

2) Au XXIe siècle, nous utilisons Internet pour communiquer. Si le code de la démocratie locale vous oblige à répondre aux sollicitations écrites, aidez-nous et engagez-vous à faire mieux que ce qui est imposé : garantissez à vos citoyens de répondre aussi par e-mail, s’ils le souhaitent.

Et ne dites pas que c’est compliqué : vous avez bien une adresse e-mail qui traine et les documents existent déjà sous forme numérique 3 puisque les membres du conseil peuvent, eux, en disposer.
Investissement : 0. Très raisonnable.
Gain : utiliser moins de papier et gagner du temps pour les fonctionnaires (OK, c'est assez limité).

3) Au XXIe siècle, nous sommes à l’heure de la société de l’information. La technologie nous permet d’accéder partout et tout le temps à celle-ci. Les mœurs changent et les gens sont demandeurs de cet « accès » à l’information. Aidez-nous : mettez les documents préparatoires du conseil provincial sur Internet, accessible depuis l’ordre du jour. Le greffe doit se numériser.

Est-ce vraiment utopiste de penser qu’en cliquant sur la « Proposition de résolution relative au contrat de gestion 2012-2014 entre la Province du Brabant wallon et l’ASBL Rando-Vélo », on tombe sur le contenu de cette proposition, avec un compte-rendu de ce qui s’est dit lors de l’élaboration de celle-ci 4 ?
Investissement : 5 jours de travail pour mettre en place un répertoire de documents efficace et 1/2h par conseil provincial (5h par an) pour que quelqu’un ajoute des liens entre l’ordre du jour et cette base de documents. Encore une fois raisonnable.

Le retour des arguments bateau

Mais j’entends déjà... « Ce n’est pas comme ça qu’on fonctionne », « On ne peut pas rendre publiques les décisions d’une commission », « C’est beaucoup de travail qui ne servira à rien ». Ces arguments sont ceux du passé. Il n’y a aucune bonne raison pour ne pas mettre en œuvre ces quelques propositions : elles sont simples, légalement possibles, peu chères et transparentes.

Usine à gaz -- CC by bracchettid sur Flickr

Nous aimerions éviter l'usine à gaz

Parce que la transparence, ce n’est pas juste avoir un service du greffe qui prend note.

Parce que la transparence, au XXIe siècle, c’est aussi mettre en œuvre les moyens actuels pour rendre l’information facilement accessible à tous.
Parce que la transparence, ce n’est pas seulement inviter le citoyen à venir à une séance de vote formelle.
Parce que la transparence, au XXIe siècle, c’est permettre au citoyen de comprendre ce qui se passe, ce qui se dit, ce qui se vote.

Montrez-nous que c’est cela que vous voulez. Et je me tiens à votre disposition si vous voulez qu’on en discute plus longuement.


Photos :

 

Notes:

  1. Voyez l’invitation sur le site de la province: un message qui commence par « je vous invite » et qui n’est pas signé.
  2. Mesdames et Messieurs les députés, Madame la Greffière, M. le Gouverneur, je vous félicite pour la compétence de vos collaborateurs au sein de la direction d’administration du greffe et plus particulièrement pour la personne en charge du conseil provincial.
  3. Bon, d’accord, il n’est peut-être pas nécessaire de numériser toutes les archives papiers, ou en tout cas pas pour cette raison-ci.
  4. Évidemment, je ne parle pas des documents confidentiels qui ont une raison de l’être -- lors de l’implication de personnes, par exemple.